LES VAUX
Les Vaux, ecclesia de Vallibus.
L'église des Vaux était située dans une gorge formée par deux coteaux très-rapprochés , dans un enclos assez régulier, de cent pas environ en carré , qui formait une enclave au milieu de l'ancien domaine seigneurial. Elle a été rasée , et une pépinière en occupe la place. Elle était dédiée à Notre- Dame. Le patronage appartenait au Chapitre de Lisieux , par donation de l'évêque Guillaume de Rupierre, de l'an 1191. L'évèque l'avait obtenu, en 1178, de Robert, vicomte de Lisieux, qui fut , je pense , la souche de la maison Le Vicomte.
Au XVIII*. siècle, les Vaux faisaient partie de l'élection et district de Lisieux On n'y comptait que 34 feux.
C'était le titre d'une des prébendes du Chapitre de Lisieux.
De l'ancien manoir il ne reste qu'un pavillon carré, autrefois entouré de fossés pleins d'eau , auquel se trouve adossé un bâtiment d'exploitation rurale sans importance. Ce pavillon
(i) Notes de M. Ct*. Vas^cur.
CANTON DE LISIEL'X , lr*. SECTION. 53
date du commencement du XVIP. siècle. Il est construit en briques , avec chaînes de pierre à refends aux angles. Le rez-de-chaussée est percé d'une porte et le premier étage d'une seule fenêtre , du côté de la façade. Le comble est éclairé par une lucarne en pierre avec fronton, il a pour couronnement deux épis en terre émaillée de peu d'élévation , mais dont les parties essentielles sont encore bien conservées. La base est circulaire ; le centre se compose d'un vase découpé à jour; le couronnement est une colombe supportée par une boule.
Le mur du pavillon opposé ù la façade est éclairé par deux fenêtres, l'une au rez-de-chaussée, l'autre au premier étage.
La salle que forme ce premier étage est encore garnie de son pavage en carreaux émaillés, dont une partie est fort bien conservée. Les carreaux sont alternativement rouges et verts.
Le plus ancien des documents qui font mention des seigneurs des Vaux, postérieurement à Robert Le Vicomte , est daté du 28 août 1421, pendant l'occupation anglaise. Ce sont des lettres de pardon accordées par le roi à Guillaume de Beaussay, de la paroisse Notre-Dame-des-Vaux, prèsLisieux, lequel estant en l'fioslel de Jean de Beaussay , escuyer, demeurant en la même paroisse , avait tué d'un coup de bâton, à la suite d'une orgie , un nommé Robert Travers , dont il avait épousé la fille ( Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, t. XXIII, p. 228 ).
Le curieux registre de la Charité de Surville fait deux fois mention de Loys de Saint-Pierre, sieur des Vaulx, aux années 1511 et 1513 (fol. 31 v°. et 48 v°. ). Sans avoir la certitude que ce soit bien la localité qui fait le sujet de cet article que l'on trouve ainsi mentionnée, on est fondé à le supposer, puisqu'il ne se trouve pas dans les environs d'autre fief de ce nom. La famille de Saint-Pierre paraît avoir eu son siège principal dans la paroisse deNorolles; elle portait d'azur au chevron d'or accompagné de trois roses de même.
5k STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS.
En 1540, une autre famille noble résidait à Notre-Damedes-Vaux , la famille de Labbey. Jacques Labbey , sieur de Beaufy, fournit ses preuves devant les élus de Lisieux, avec ses cousins , Jean et Etienne. Beaufy est un fief situé à quelques pas seulement du manoir dont on vient de lire la description , et il s'est trouvé confondu avec lui à une époque postérieure.
Avec les documents sur lesquels j'ai pu mettre la main , il est impossible d'établir la transmission de ces deux fiefs d'une famille à une autre : je ne puis que mentionner les noms des gentilshommes que j'ai trouvés les avoir possédés, avec les dates des pièces qui les concernent.
Le registre de la Charité de Rocques qui , comme celui de Surville, renferme les noms de nombreux gentilshommes, nous fait connaître , à la date de 1613 , noble homme Guillaume Desperroys, sieur des Vaux et sa femme. Dans l' Armoriai de d'Hozier, datant, comme on sait, des dernières années de ce même XVIIe . siècle , on voit figurer Marie Merieut, veuve de François Desperroys , écuyer , sieur des Vaux, qui portait d'argent à trois mer telles de sable, 2 eti,
François Desperroys avait fait ses preuves de noblesse en 1666 et fut classé comme ancien noble. Il avait pour armoiries : d'azur au chevron d'or accompagné de trois croix ancrées de même y 2 et 1, au chef cousu de gueules , chargé de trois molettes d'or. Des protocoles d'actes de 1748, 1759 , 1764, 1767, 1772, 1778, 1779, nous ont fourni les noms et qualités de « Thomas Bourdon , sieur de Beaufy , seigneur et patron honoraire de la paroisse de Notre Dame-des- Vaux , conseiller du roi, juge gruyer de l'évesché et comté de Lisieux, bailly vicomtal dudit lieu et seul juge de police en ladite ville. » On remarquera qu'il ne prend point la qualité d'écuyer. Son fils , ainsi qu'il arrivait presque toujours , repoussa la magistrature pour suivre la carrière des armes : aussi parvint-il à conquérir le titre d'écuyer, qui figure à la
suite de son nom dans l'inscription de la cloche de sa paroisse. Elle trouvera mieux ici sa place que dans l'article consacré à Hermival , quoiqu'elle soit , comme nous l'avons dit, dans le clocher de cette paroisse :
f LAN 1784 IAY ETE BENITE PAR M. PIERRE ANTOINE FORTIN CURE DE CETTE PAROISSE NOMMEE LOUISE IULIE PAR M. LOUIS ALEXANDRE BOURDON ECUYER SIEUR DU POMMERET CHEVALIER DE LORDRE ROYAL MILITAIRE DE ST LOUIS CAPITAINE DE CAVALER. ET GENDARME DE LA GARDE ORDI- NAIRE DU ROY EN ACTIVITÉ DE SERVICE PATRON HONORAIRE DE CETTE PAROISSE ET SEIGNEUR DE BEAUFY ET PAR NOBLE DAME MARIE IULIE LAMBERT FONDEVILLE EPOUSE DE MESSIRE MARI LOUIS FRANÇOIS XAVIER LB BOULENGER SEIGNEUR DE CHAUMONT PATRON HONORAIRE DE CAPELLES ECUYER DU ROY.