‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 4)Chapitre 83 sur 203 · DONT LES LEÇONS INSTRUISAIENT SES ENFANTS · texte numérisé non relu

DONT LES LEÇONS INSTRUISAIENT SES ENFANTS

L'église de Biéville est sous l'invocation de saint Germain. Le seigneur nommait à la cure. Biéville faisait partie de l'élection de Lisieux : on y comptait 30 feux, environ 150 habitants.

Château. — Le château de Biéville , sur le bord de la route impériale de Caen à Lisieux, ne consiste plus que dans

(1) Je dois la transcription de cette inscription à M. le docteur Pépin.

un pavillon et des bâtiments disposés symétriquement autour d'une cour carrée. Les piliers de clôture bordant la route se composent d'assises alternatives de briques et de pierres. La brique a été employée également dans la construction des bâtiments dont nous venons de parler. Un vaste jardin existe derrière le château.

L'inscription que nous avons citée prouve qu'au XV1IP siècle ce château appartenait à la famille de Morant ; ce qui existe est occupé par un fermier, et le domaine a passé par succession à M. le marquis du Plessis-d'Argentré , membre de l'Institut des provinces de France , mort il y a quelques années. Ses héritiers possèdent encore la terre de Biéville. On sait que la famille Duplessis-d'Argenlré est une des plus illustres de la Bretagne.

M. le docteur Pépin annonce qu'il existe à Biéville un champ, nommé le champ de la Bataille, dans lequel on a trouvé des armes et des ossements, et qu'à peu de distance il a existé une chapelle qui a été démolie. Sont-ce là des indices du campement de Louis d'Outremer, lors de la bataille de Groissanville ? Nous n'osons rien conjecturer à ce sujet.

QUEKV1LLE.

Querville , ecclesia de Caprea de QuerviUa.

L'ancienne paroisse de Querville , réunie à Biéville , était de l'élection de Falaise , sergenlerie de St-Pierre-sur-Dive , et comptait 76 feux , environ 380 habitants.

Les deux paroisses réunies n'en possèdent plus que

C'était au fief de Vaux , situé sur le territoire de Querville , qu'appartenait le patronage.

L' Armoriai de d'Hozier nous fait connaître le nom de

Jacques de La Lande , seigneur de Ouerville. Il portait d'argent au sautoir de gueules.

Au XVIIIe siècle , Querville appartenait à la famille de Fergant, comme beaucoup d'autres terres des environs (1).

Q17LTIÉ VILLE.

Quetiéville , Quetevilla, Quetienvilla.

L'église de Quetiéville, dans la maçonnerie de laquelle on remarque quelques pierres disposées en arêtes de poisson, appartient pourtant au style ogival primitif. Au chevet sont trois ouvertures en lancettes; celle du centre aiguë et plus élevée que les deux autres qui , comme à Vieux-Fumé et dans quelques autres églises, sont arrondies extérieurement et tréflées à l'intérieur.

Les fenêtres latérales du chœur étaient vraisemblablement pareilles à ces dernières, car on en voit une semblable du côté du nord ; mais on a percé des fenêtres plus larges , de forme ogivale , sans caractère. On a toutefois ménagé la corniche primitive , très-élégante et composée d'arcatures portant , de deux en deux, sur des têtes grimaçantes dont Tune est sculptée de trois quarts et regarde de côté. Celte corniche à modillons se rencontre encore très-souvent dans les monuments de style ogival, dans nos campagnes du Calvados à l'époque de transition (fin du XIIe siècle ou commencement du XIIIe).

La nef n'offre d'intéressant que la porte latérale , au sud, dont l'archivolte à plein-cintre est garnie de fleurs crucifères. Une arcature trilobée orne le tympan.

(1) Voir les noies historiques de M. Ch. Viseur sur l'arrondissement de Lisieux.

CANTON DE MÊZIDOS. V27

Le côté sud est percé de fenêtres ogivales peu anciennes , qui ont été substituées aux fenêtres primitives.

Le mur latéral du nord est sensiblement penché et appuyé par des contreforts en briques, vraisemblablement peu anciens; le mur occidental a été refait.

La tour , en essente, occupe l'extrémité du toit de la nef, comme dans beaucoup d'autres églises du diocèse de Lisieux.

La sacristie est une addition moderne placée au nord du sanctuaire.

Nous ne dirons rien des décorations en plâtie faites à l'extérieur de l'église : elles sont d'assez mauvais goût pour être passées sous silence.

L'église est sous l'invocation de saint Martin. Au XVIe siècle, l'abbaye de Cléry nommait à la cure ; mais , au XVIIIe , le seigneur était en possession du patronage.

On voit, dans le cimetière, plusieurs épitaphes appartenant à la famille de Montbrun , notamment celles de M. Le Maistre de Montbrun, membre de l'Association normande, et celle de son épouse, née Fergant de Vaux, décédée en 1860.

Château, — Il y avait au XIVe siècle, à Quetiéville, un château-fort bâti par la famille de Bonenfanl , dont il sera amplement question à l'article de Magny-le-Fkelle. En 1 363, dit M. l'abbé De La Rue dans ses notes manuscrites, tirées du volume V, p. 121 , de la Collection de Dom Lenoir, les Anglais l'assiégèrent et ne purent le prendre; mais Guillaume du Merle , gouverneur de la Basse-Normandie , et le bailli de Caen le firent raser , afin que les Anglais, déjà maîtres de Livarot , ne pussent s'en emparer et s'y fortifier.

Ce château se trouvait , à ce qu'il paraît, sur la terre habitée par M. Ernest de Montbrun , à Quetiéville.

MAGNY-LE-FREULE.

Magny-le-Freule , Magneium.

Magny-le-Freule faisait partie du diocèse de Bayeux et du doyenné de Vaucelles. L'église appartient au style de transition , dont nous trouvons tant d'exemples dans l'arrondissement de Lisieux. Le chœur, en retrait sur la nef, se compose de deux travées ; il est éclairé par des fenêtres en forme de lancettes , avec chevet droit percé de deux fenêtres de même forme ; la corniche extérieure est supportée par des modillons à figures. Du côté du sud , une porte à pleincintre, garnie de zig-zag, donnait accès au chœur. A l'intérieur , les chapiteaux des colonnettes destinées à supporter les arceaux de la voûte offrent le type du XIIIe siècle ; la voûte actuelle, en plâtre, a été refaite il y a quelques années; vers la même époque , on a repavé le sanctuaire et fait disparaître , malgré mes recommandations , plusieurs pierres tombales recouvrant des Bonenfant , seigneurs de la paroisse (1). Sur une de ces tombes , du côté de l'évangile , j'avais lu :

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