JOSEPH MAURICE DUTHRONE DE GLATIGNY CHEVALIER DE S1 LOUIS
L'église d'Écajeul est sous l'invocation de saint Pierre. La cure se divisait autrefois en deux portions ; le seigneur nommait à la première portion. Il existait à Écajeul une chapelle dite de l'Honneur, qui est détruite.
Il existe encore dans la commune d'Écajeul un manoir, du XVIe siècle ou de la fin du XVe, appelé fort de BasseviUe.
L'Honneur d'Écajeul appartenait, en 1068, à OdonStigand, fondateur de Ste-Barbe. Comme ses autres biens , cette baronnie passa , au commencement du XIIe siècle, à la maison de Tancarville. Après l'extinction de cette famille, elle appartint aux de Courcy et aux d'Orglandes.
Lors de l'invasion anglaise , les Paisnel étaient seigneurs d'Écajeul. Ils combattirent contre les envahisseurs, qui, les considérant comme rebelles , confisquèrent la terre. Richard Wright en devint possesseur. A la fin du siècle , les Paisnel étaient rentrés en possession de leur bien.
En 1631 et 1646, dit M. Ch. Vasseur, on trouve, dans les aveux, noble seigneur messire Jean de La Flèche, chevalier, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi , seigneur de Grisy, ïhieuville, Brelteville, Donville , Quesnay, Escures , Viette , le Mesnil-Mauger et de la terre et seigneurie de l'Honneur d'Écajeul: ce qui ne s'explique pas très-facilement, car la famille de Vauquelin de La Fresnaye était dès le XVIe siècle en possession de la terre d'Écajeul.
Au commencement de la Révolution , la terre d'Écajeul , en fermes louées et réserves, valait 15,665 livres de revenu, sans parler de 492 chapons ou gélines, 20 journées de harnois et environ 700 livres de rente dues par le domaine fieffé.
On comptait 94 feux à Écajeul, au siècle dernier.
Abbaye de S,e-BARBE. — En suivant le joli chemin qui passe à l'extrémité nord de la Grand' Rue de Mézidon et se dirigeant à l'est, on arrive à la ferme qui occupe l'emplacement de l'abbaye de Ste-Barbe.
L'église n'existe plus , mais on en reconnaît encore la place ; on voit aussi la place et même les fondements de divers bâtiments , et au besoin on pourrait reconstruire le plan du prieuré s'il n'en existait aucun. Le peu qui reste d'ancien aujourd'hui se trouve dans la ferme de l'abbaye, qui appartient aux héritiers de M. Jonquoy , ancien membre du Conseil général du Calvados ; on y voit quelques ouvertures ogivales qui peuvent remonter au XIIIe siècle.
J'ai trouvé à Rouen, chez M. de Glanville, un médaillon sur une clef de voûte qui vient de Ste-Barbe et paraît du XIIIe siècle. La provenance est certaine , mais il n'est pas sûr qu'il ait appartenu à la voûte de l'église. Il pourrait provenir du cloître ou d'une autre dépendance du prieuré. Il représente un homme, affourché sur un âne et portant un sac sur sa tète (V. la page suivante). Le costume du personnage est intéressant. Il porte des gamaches , espèce de guêtres qui étaient en usage dans nos campagnes au siècle dernier, et même il y a quarante à cinquante ans. On trouve encore les gamaches usitées en Bretagne à l'heure qu'il est.
La plupart des abbayes ont leur légende. Ste-Barbe, aussi, a la sienne que voici :
Le fds d'Odon Stigand , Robert, avait rapporté de ses voyages en Orient des reliques de sainte Barbe. A son retour, il trouva son frère Maurice très-gravement malade ; les reliques de sainte Barbe opérèrent sa guérison , et , comme dans beaucoup de légendes, la Sainte apparut au malade et lui ordonna d'aller trouver son père et de se rendre avec lui à l'église St-Marlin-d'Écajcul pour y faire célébrer la messe
kl 2 STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS.