V. — Luxalîom de la clavicule
23 luxations. — 23 hommes : 19 réduites, 4 irréductibles. Comme causes délerminante?, les blessés m'ont signalé
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des chutes sur le moignon de l'épaule (12 cas), des chocs ou des pressions directes, par exemple, par une roue qui avait passé sur l'épaule (4 cas), des compressions sur les épaules entre deux voitures, entre un mur et une voiture (2 cas).^
Le côté gauche a compté plus de luxations que le côté droit dans la proportion de 13 à 9, ce qui confirme le fait, que j'ai déjà signalé, sur la plus grande fréquence des lésions traumatiques à gauche, quand il s'agit du membre supérieur.
La période de la vie, qui s'étend de vingt-six à cinquantecinq ans, a été la plus prédisposée aux luxations de la clavicule (18 cas), ce qui concorde tout à fait avec les données classiques. Avant et après cet âge, je n'en ai compté que 5.
16 fois la luxation existait à l'extrémité externe, 6 fois à l'extrémité interne, et \ fois la clavicule était luxée simultanément à ses deux extrémités.
Les luxations de l'extrémité externe appartenaient toutes à la variété sus-acromiale. Elles comprenaient 13 luxations complètes et 3 luxations incomplètes.
Les luxations de l'extrémité interne s'étaient faites en avant. Sur 6 luxations, \ seule était incomplète.
Dans le seul fait de luxation totale, l'extrémité externe de la clavicule était déplacée en haut et en arrière, et l'extrémité interne était incomplètement luxée en avant.
Les lésions concomitantes ont été fréquentes. Chez 1 blessé, la luxation, causée par un tampon de wagon, s'accompagnait d'une contusion de l'épaule^ du bras et de la poitrine avec épanchement sanguin et état grave. Chez 6 blessés, la luxation se compliquait de fractures : 1 fracture de l'omoplate, 1 fracture de la clavicule du côté opposé, 1 fracture de l'humérus, 3 fractures de côtes dont l'une existait en même temps qu'une fracture du fémur. Ce dernier blessé succomba à une broncho-pneumonie, et son décès a été compté à propos de la lésion principale, qui était !a fracture de la cuisse (obs. 159, n° 2).
La fracture des extrémités de la clavicule est la seule lésion qui a pu être confondue avec les luxations acromio ou sterno-claviculaires. S'il n'y a pas de crépitation, la men-
'4b MEMBRE. SUPÉRIEUR.
sumlion aLlentive de la clavicule, et par suile la diininulion de JongucLir en cas de fracLiirc, lève tous les doutes.
Dans 2 cas, la luxation a été irréductible. Dans 2 autres cas, les luxations étaient anciennes et la clavicule s'était fixée en position non réduite.
En général, la réduction est très facile. La partie la plus difficile du traitement est de maintenir cette réduction. Aucun bandage, aucun appareil, n'empêche la reproduction du déplacement sous rinfluence des mouvements du bras ou du tronc. Tous mes blessés ont conservé un déplacement. Mais je dois ajouter que ce déplacement ne gêne pas les fonctions de l'épaule. Il nuit seulement un peu à la régularité de la forme.
La durée moyenne de l'immobilisation du bras a été de quinze jour§.
Affections organiques.
VL — Bourses séreuses accidentelles.
10 cas i ^ l^O'^^^ss : 9 opérés ; 9 guéris, f 1 femme ; 1 — l —
L'habitude de porter des fardeaux sur l'épaule donne naissance à des bourses séreuses accidentelles, dont les parois s'épaississent et dont la cavité peut suppurer. A l'hôpital de la Pitié, les malades étaient presque toujours des ouvriers des raffineries du voisinage chargés de transporter sur leurs épaules des pains de sucre.
8 fois la bourse séreuse siégeait sur le sommet du moignon de i'épaule, et 2 fois elle avait pour siège la région claviculaire externe.
^ Chez 6 malades, les bourses séreuses étaient suppurées. Elles furent incisées, lavées et pansées comme des abcès.
Chez 4 malades, leurs parois étaient épaissies, fibreuses, fibro-cartilagincuses , et formaient des tumeurs plus ou
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moins dures. Je les ai enlevées en les disséquant comme les bysi'ômas earUlagineux du coude ou du genou.
" La peau, (]ui les recouvre, est ordinairement épaisse et rugueuse. Celte particularité sert à établir le diagnostic.
Chez une femme, la bourse séreuse, qui surmontait le moignon de l'épaule, ressemblait à un lipome de la grosseur d'une mandarine. L'épaississemeut de la peau n'existait pas. La consistance du kyste était plutôt élastique que fluctuante. Le diagnostic pouvait se discuter. L'incision leva les doutes, en ouvrant une poche kystique contenant un liquide séreux trouble.
Lorsque ces bourses séreuses s'enflamment, elles se compliquent souvent d"un phlegmon, qui tend à prendre le caractère diffus. J'en ai observé un exemple sur l'un de mes 10 malades.
La durée moyenne de la guérison a été de seize jours.