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X. — AiHlirites scapulo-humérales

45 cas \ • 13 guéris, 20 améliorés, 1 mort.

^11 femmes : 4 — 7 — 0 —

J'ai réuni sous ce titre 17 arthrites traumatiqucs, 13 arthrites rhumatismales, 12 arthrites sèches, 2 arthrites blennorrhagiques etl arthrite infectieuse (obs. 376).

Parmi les causes des arthrites traumatiqucs, la luxation de l'épaule a été souvent signalée, 4 fois sur 17 cas; et pour les 12 arthrites sèches, j"ai encore trouvé que la luxation avait été 2 fois la première cause de l'affection articulaire. Je pense qu'on pourrait éviter un bon nombre de ces arthrites, en soumettant les blessés à un repos plus prolongé après la réduction des luxations scapulo-humérales.

L'épaule droite a été enflammée 19 fois; l'épaule gauche 21 fois.

A l'inverse de ce que j'avais observé pour les arthrites du coude, l'âge mûr et surtout la vieillesse doivent être notés comme des causes prédisposantes très marquées. L'âge moyen des arthrites rhumatismales de l'épaule a été de quarante-six ans et demi ; celui des arthrites sèches de cinquante et un ans.

4 arthrites étaient aiguës-, 13 étaient subaiguës. Toutes les autres étaient peu douloureuses ou revêtaient la forme chronique.

Une seule de ces arthrites était suppurée : c'était l'arthrite infectieuse (obs. 37G).

Dans 2 cas, l'épanchement intra-articulaire, très considérable, soulevait le deltoïde.

Beaucoup de malades étaient des rhumatisants de longue date. L'un d'entre eux fut pris d'endocardite.

L'immobilisation de l'épaule avec une écharpe quelconque est la base du traitement. Je n'ai jamais observé que Timmobilisation prolongée de l'épaule ait amené une ankylose. En même temf)S, applications narcotiques et émollientes dans la période aiguë et subaiguë; révulsifs, frictions, mas-

sages, douches, bains de vapeur dans la période chronique.

Je n'ai eu à intervenir chirurgicalemcnl que dans le cas de l'arthrite suppurée infectieuse. Je pratiquai l'arthrotomie. L'opéré, qui était très affaibli et âgé, succomba (obs. 376). Tous les autres malades furent guéris ou améliorés.

La durée moyenne du séjour à l'hôpital a été de onze jours.

Ob.'^. 376. — Le nommé Jacques V..., raffineur, âgé de 70 ans, eut une arthrite de l'épanle droite dans le cours d'une pneumonie, pour laquelle il était entré dans un service de médecine à la Pitié. La pneumonie s'étant guérie, mais l'arthrite s'étant aggravée, ce malade fut envoyé dans mon service le 10 février 1890.

Le 11. Je trouvai un homme pâle, maigre, affaibli, avec fièvre et langue sèche. L'inflammation articulaire était manifestement devenue suppurative. Elle n'avait d'autre cause qu'une infection consécutive à la pneumonie, probablement par les pneumococci.

Immédiatement, je pratiquai l'arthrotomie de l'épaule. L'abcès articulaire fut évacué et lavé. Pansement phéuiqué humide.

Le 15. Pansement renouvelé. Il n'y a presque plus de suppuration.

Le 2 mars. L'incision articulaire était presque cicatrisée, lorsque le malade mourut de misère physiologique et d'affaiblissement sénile.

XL — Tumeurs blanches.

1° Scapulalgies.

\ 9 hommes : 6 opérés, 3 traités, 1 mort. ( 6 femmes : 5 — 1 — 0 —

Je constate, d'abord, que les scapulalgies ont été beaucoup moins nombreuses que les tumeurs blanches des autres articulations des membres.

ÉPAULE

Malgré cette rareté, la scapiilalgie m'a paru être, comme la coxalgie, comme les ostéo-artiiriles eu genou et du coude, une maladie de la jeunesse. Entre quinze et vingt-cinq ans, j'en ai compté 6 cas ; entre vingt-six et trente-cinq ans, leur nombre n'a plus été que de 3 ; et il a diminué à mesure que les sujets étaient d'un âge plus avancé. L'âge moyen des malades a été de trente-quatre ans et demi.

Comme pour toutes les tumeurs blanches, l'envahissement de l'articulation par la tuberculose a été la cause principale de la scapulalgie. Et si la jeunesse y est plus prédisposée, c'est que la tuberculose articulaire est une maladie du jeune âge. Dans 1 seul cas, le traumatisme avait été la cause occasionnelle de la scapulalgie. Dans 1 aulre cas, un rhumatisme mono-articulaire pouvait être incriminé. Enfin, chez 1 malade, la scapulalgie était sous la déoendance d'un état infectieux (obs, 377).

3 fois l'articulation scapulo-humérale était remplie de fongosilés sans épanchement purulent manifeste.

d2 fois l'articulation présentait les désordres d'une ostéoarthrite suppurée. Sur ces 12 scapulalgiessuppurées, 9 présentaient une ou plusieurs fistules conduisant dans la cavité articulaire, sur l'acromion ou sur la tête humérale mise à nu.

Chez 6 malades, des affections tuberculeuses diverses compliquaient la scapulalgie : c'étaient des abcès froids à la jambe, une ostéite du tibia, trois tumeurs blanches (au genou, à l'articulation sterno-claviculaire, à la colonne vertébrale), une tuberculose pulmonaire.

Les 3 scapulalgies non suppiirées furent traitées par l'immobilisation, les révulsifs (teinture d'iode, pointes de feu). Elles furent améliorées après un séjour de trente-cinq jours en moyenne.

Les 12 scapulalgies suppurées nécessitèrent 11 opérations :

3 arthrotomies, 3 guérisons.

8 résections scapulo-humérales, 7 guérisons et 1 mort rapide par alFection cérébrale (obs. 378). Le malade atteint de scapulalgie suppurée, qui ne fut pas

opéré, sortit au hout de vingt-cinq jours très amélioré h la suite de pansements et d'injections intra-articulaires par ^ les fistules.

Obs. 377. — Scapulalgie de tmlure infeclieusc ; arlhrolomie ; trépanation de la tête de V humérus ; guérison. -- Marie G..., couturière, âgée de 25 ans, a eu une fausse couche dont elle a été mal soignée. Elle eut problablement une rétention du placenta et une septicémie. Elle entra dans un t^ervice de médecine, où elle fut prise d'un érysipèle grave, qui se termina par des abcès aux deux jambes et par une ostéo-arttirite de l'épaule droite. Ces affections, de nature chiruri,^cale, la firent transférer dans mon service, le 19 juillet 1894.

L'état de Marie G... était très grave. Amaigrissement extrême. Pâleur cireuse de la peau. Impossibilité île s'alimenter. Fièvre. Grands frissons de i^ésorption purulente.

Les abcès des jambes furent immédiatement incisés, lavés et pansés antiseptiqueraent. Ils se fermèrent en quelques jours.

L'épaule droite était tuméfiée, très douloureuse à la pression et immobilisée dans une demi-abduction. La douleur existait surtout à la partie antérieure de la tête de l'humérus. L'existence d'un épanchement intra-articulaire était douteux. Je fis recouvrir l'épaule d'applications narcotiques, et j'attendis l'évolution de cette ostéo-arthrite, qui était évidemment de nature infectieuse.

Sous l'influence du sulfate de quinine, la fièvre diminua et les accès de frissons disparurent. L'état général s'améliora un peu, mais la tuméfaction de l'épaule augmenta. Les douleurs persistaient surtout au niveau de la tète de l'humérus. L'arthrite était devenue purulente, et il fallait évacuer le pus.

Le 10 août. La malade est endormie i?ar le chloroforme. Sur la face antérieure de l'épaule, je fais une incision verticale, longue de huit centimètres, dirigée dans le sens des fibres du deltoïde et ouvrant la capsule articulaire. Une assez grande quantité de sérosité purulente s'échappe. La cavité articulaire est lavée exactement par une irrigation d'une solution phéniquée au 20°.

ÉPAULE. 755

Je trouve la synoviale ronge, toménteiise. Le cartilage, qui recouvre la tête de l'humérus, est jaune, aminci. Cette tête est elle-même tuméfiée. Sur le bord du cartilage, il y a une vascularisation d'ostéite. Comme le point le plus douloureux siégeait dans la tête de l'humérus, il était indiqué d'ouvrir l'os en ce point. Une couronne de trépan pénétra facilement dans le tissu spongieux ramolli et donna issue à quelques gouttes de pus épais. La trépanation fut complétée par un évidement avec la curette et par un lavage à l'eau phéniquée. Pansement ouvert avec la gaze iodoformée.

A partir de l'opération, la fièvre tomba tout à fait. L'appétit et les forces revinrent peu à peu.

Les pansements furent renouvelés tous les trois ou quatre jours. La cicatrisation se fit par bourgeonnement.

Le 13 septembre. La plaie était presque fermée, lorsque la malade voulut sortir.

Revue depuis lors, j'ai pu constater que la plaie s'était fermée, que l'épaule avait quelques mouvements et ne resterait pas ankylosée.

0ns. 378. — Scapulalgie ; réseciion ; mon dans le coma. — Le nommé Gabriel D..., mécanicien dentiste, entre le 13 septembre 1887. Il est affecté d'une scapulalgie suppurée à l'épaule gauche. Une fistule permet de pénétrer avec un stylet jus lue sur la tête de l'humérus. Mais la suppuration n'a pas une issue suffisante, et le pus a fusé du côté du bras.

Incision au bras et à l'aisselle. Lavages et pansements nhéniques.

Le 12 octobre. Le malade sort dans un meilleur état.

Le 9 novembre. Il rentre dans le service, souffrant beaucoup de son épaule, qui continue à suppurer. Sa santé est altérée L appétit est nul. Fièvre le soir. Perte des forces. La scapulalgie est très sûrement de nature tuberculeuse.

Le 19. Chloroforraisation. Résection de l'épaule par une incision en n renversée, la branche horizontale contournant 1 acromion et la branche verticale descendant sur la face antérieure de l'épaule. La tête de Thumérus est .sciée au-dessous du col anatomique. La cavité articulaire est nettoyée et lavée

tninutieuseiïieût. Suture du lambeau. Pansement de Lister.

Le 22. Le pansement est renouvelé avec de la gaze iodoformée.

Le 23. Le malade est pris de délire. La peau présente une rougeur érythémateuse. Aucune fièvre. Aucune élévation de la température. Les urines sont normales, sans coloration noire.

Le 24. Coma et mort.

La cause de la mort nous est restée absolument inconnue, l'autopsie n'ayant pu être faite. Nous avons pensé à une intoxication par l'acide phénique ou par l'iodotorme, mais les urines sont restées saines, sans contenir de l'acide phénique ni de l'iode. Nous supposons que la mort a été causée par une tuberculose cérébrale.

2° Ostéo-arthrites stermo-claviculaires .

- \ 2 hommes : 2 traités, ) ^

^ î 3 femmes : 3 - \^ "^^rL.

A l'arliculation slerno-claviculaire, je n'ai point observé d'artbrile simple, probablement parce que les arthrites simples sont facilement supportées par les malades, et que ces derniers ne sentent pas la nécessite de venir se faire soigner à l'hôpital. L'inflammation articulaire atteignait, chez mes 5 malades, à la fois la synoviale, les cartilages, les os, et 3 fois l'articulation suppurait.

La cause de ces ostéo-arthrites m'a paru être le rhumatisme dans 1 cas, et dans les 4 autres cas, la tuberculose. Un des malades était atteint de tubercules pulmonaires ; un autre avait une tumeur blanche du poignet ; un troisième avait eu des abcès froids.

L'âge moyen des malades était de quarante-deux ans.

Le traitement a été exclusivement médical. Repos. Lavages antiseptiques de l'articulation. Pansements iodoformés. Dans 1 cas, je me suis bien trouvé de cautériser le trajet fistuleux et l'intérieur de l'articulation avec une flèche de chloi'ure de zinc.

ÉPAULE

La, durée moyenne du traitement a été de trois semaines. A leur sortie, les malades étaient très améliorés.

Tumeurs.

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