‹ Statistique & observations de chirurgie hospitalière [electronic resource]Chapitre 42 sur 141 · XIV. — Arthrite sèche · texte numérisé non relu

XIV. — Arthrite sèche

83 cas.

1 opéré, 1 guéri, 0 morl.

58 non opérés, 58 améliorés, 0 mort. 24 femmes ^ ^ opén'îe, 0 guérie, 1 morl.

/ 23 non opérées, 22 améliorées, 1 mort.

59 hommes

L'arllirite sèche, mî^nifestalion du rhumatisme chronique et de la goutte, lésion trophique sous la dépendance du tabès, a eu quelquefois pour cause occasionnelle un traumatisme du genou, une fracture de la jambe ou de la cuisse.

L'âge moyen des malades affectés d'arthrite sèche du genou a été de quarante-six ans et demi. Elle a été rare avant trente ans (10 cas seulement).

Le genou gauche a été plus souvent atteint que le droit, dans la proportion de 41 à 31. 8 fois les deux genoux étaient pris en même temps.

Les malades sont entrés à l'hôpital moins pour leur arthrite sèche que pour des accidents intercurrents au genou, poussées inflammatoires, douleurs occasionnées par des corps étrangers articulaires, épanchements synoviaux. Lorsque ces accidents avaient disparu, les malades retournaient chez eux, améliorés mais non guéris, après un séjour de dix-huit jours en moyenne.

Les accidents de l'arthrite sèche sont très sujets à récidiver. Je n'ai pas observé un exemple certain de guérison des arthrites sèches du genou.

13 fois le genou a été très déformé par des végétations osseuses de l'extrémité supérieure du tibia ou des condyles du fémur. Dans quelques-uns de ces cas, les ligaments étaient détruits. La jambe était mobile en tous sens, comme une jambe de polichinelle.

4 fois l'inflammation avait transformé l'arthrite sèche en une tumeur blanche et, sur ces 4 cas, 2 fois l'articulation suppura.

Le traitement de l'arthrite sèche du genou est surtout im traitement général, qui consiste en bains thermaux, bains de vapeur, administration des -alcalins, du salicylate de soude, de l'iode et quelquefois des arsénicaux. Le traitement local est celui de l'arthrito, mais sans rechercher l'immobilisation absolue du membre.

Chez 2 malades, l'impossibilité complète de la marche, les douleurs et la destruction de tous les éléments de l'articulation, me décidèrent à faire l'amputation de la cuisse.

L'un des opérés guérit, l'autre guérit aussi de son amputation, mais mourut de coma urémique (obs. 134) plus de deux mois et demi après l'opération.

J'ai encore à signaler un cas de mort par ramollissement cérébral, chez une malade non opérée, après un séjour de cinq mois et demi à l'hôpital (obs. 135).

Obs. 134, — Arthrite déformante du genou \ impossibilité de marcher ; amputation âe la cuisse ; guérison de C amputation. Mort plus tard de coma urémique. — La nommée B... (Amelina), âgée de 49 ans, blanchisseuse, entre dans mon service à la Pitié, le 20 juin 1889, pour une arthrite sèche du genou gauche.

Depuis trois ans, cette articulation a commencé à se déformer et la déformation a acquis progressivement un degré extrême (fig. 6).

Figure 6. — Enorme déformation produite par une arthrite sèche (dessin d'après une photographie). — Amputation de la cuisse.

J.es condyles du fémur sont énormément tuméfiés. Ils forment,- à la partie antérieure du genou, une saillie grosse comme une tête d'enfant de quatre ans. Le tibia, qui n'a pas subi une pareille déformation, est luxé en arriére. Les ligaments latéraux sont détruits, et le genou peut se mouvoir en tout sens comme une jambe de polichinelle, en faisant entendre des craquements caractéristiques. Le membre est raccourci de trois centimètres environ.

La malade ne peut plus s'appuyer sur son membre. Elle ne marche qu'avec des béquilles et souffre beaucoup pendant les mouvements imprimés au genou.

Elle paraît d'une bonne santé. Sa vie, forcément sédentaire, lui a laissé prendre un notable embonpoint. Elle paraît avoir des habitudes alcooliques.

Il n'y a ni albumine, ni sucre dans les urines.

Le 9 juillet. Amputation de la cuisse gauche au tiers inférieur. Suture. Pansement de Lister ouaté.

Les suites de l'opération sont simples et la guérison a lieu par réunion immédiate.

Amelina B... attendait un pilon pour sortir de l'hôpital, lorsque le 29 septembre, à six heures du soir, elle est prise subitement d'une attaque, avec coma, mouvements convulsifs du côté gauche.

L'examen des urines fait reconnaître une grande quantité d'albumine. Il s'agit donc d'accidents urémiques.

Le lendemain 30 septembre, elle meurt sans que le coma ait disparu.

A l'autopsie, on trouva un cœur graisseux, sans lésions des valvules ; une aorte athéromateuse. Les reins étaient légèrement rétractés et lobulés. A la coupe, lésions très accusées de néphrite instertitielle. Congestion des méninges des deux côtés, avec prédominance de la congestion à droite. Pas de lésions cérébrales. Congestion du poumon droit.

Obs. 135. — La nommée Célanie V..., chemisière, âgée de 66 ans, entre à la Pitié le 18 avril 1881. Elle porte une arthrite sèche très ancienne du genou gauche. Il s'est forme autour de l'articulation des abcès qui se sont ouverts spontanément. Ces abcès sont lavés et pansés antiseptiquement. Ils ne communiquent pas avec l'intérieur de l'articulation. La malade est affaiblie; elle présente les signes d'une sénilité très avancée. Je cherche à améliorer l'état local et l'état gênerai, car aucune opération n'est indiquée.

En effet, au bout de cinq mois, l'affaiblissement de la malade augmente. Elle devient gâteuse, et meurt, le 5 octobre, de ramollissement cérébral aigu.

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