‹ Statistique & observations de chirurgie hospitalière [electronic resource]Chapitre 64 sur 141 · XXIII. — Muscle surnuméraire simulant un hjste du · texte numérisé non relu

XXIII. — Muscle surnuméraire simulant un hjste du

creux poplité.

1 cas. 1 homme : 1 opéré, guérison.

Obs. 201. — P.. . (Maurice), âgé de 28 ans, imprimeur, est admis le 9 novembre 1888, pour une tumeur sur le bord externe du creux poplité gauche. Cette tumeur est ovoïde, grosse comme une noix, sans changement de couleur à la peau indolente à la pression, de consistance élastique, assez dure. Tout concordait à faire porter le diagnostic de kyste synovial du creux poplité.

Le 22 novembre. P... (Maurice) est endormi par le chloroforme. Une incision longitudinale, faite sur la tumeur, conduit non pas sur une poche kystique, mais sur une masse musculaire, saillante, qui n'était autre chose qu'un muscle surnuméraire, situé à la partie interne du tendon du biceps crural.

L'erreur étant reconnue, je suturai l'incision et j'appliquai un pansement de Lister. Réunion immédiate. Le 4 décembre. Sortie du malade.

Opérations sur le fémur.

^'^TV.—Rugi)2ations, trépanations, évidements.

21 cas.

13 hommes: 11 guéris, 1 amélioré, 0 état stat., 1 mort.' 8 femmes : 3 — 3 ~ 1 — 1

Ce sont les ostéites et les ostéomyélites suppurées, pour la plupart de nature tuberculeuse, qui ont été les causes de ces opérations.

Le fémur étant mis à nu par une ou plusieurs incisions, l'opération s'est borné, dans 2 cas, à une simple rugination de l'os.

Chez 9 malades, l'extrémité trochantérienne ou l'extrémité condylienne a été évidée par la curette tranchante et par la gouge (obs. 202).

Chez 10 malades, la diaphyse a été trépanée en un ou plusieurs endroits, de manière à pénétrer jusqu'au foyer médullaire. Quelquefois il a été nécessaire de faire sauter les ponts osseux intermédiaires aux couronnes de trépan et même de "compléter l'ouverture du canal médullaire avec la gouge et le maillet, pour enlever des séquestres, pour curetter et pour cautériser les fongosités.

14 opérés ont été guéris après un traitement dont la durée moyenne à été de soixante-quatorze jours à dater de l'opération.

4 opérés ont été améliorés après un traitement d'une durée moyenne de deux cent quarante et un jours, depuis leur opération.

1 opéré est sorti de l'hôpital non guéri.

2 opérés sont morts (obs. 172, n° 3^ et 173) tardivement de tuberculose pulmonaire.

Obs. 202. — Ostéite suppurée du grand trochanter \ trépanation; évidement ; guêrison. — Le nommé R..., âe;é de 34 ans, artiste lyrique, entre le 3 mai 1884, à l'hôpital de la Pitié, salle Broca, lit n° 20.

Il y a dix ans, il tombe sur le côté gauche et entre à l'hôpital de Toulon, où on le place dans une gouttière de Bonnet. Il y resta près de trois mois, sans qu'il puisse préciser exactement pour quelle lésion. Il en sort guéri, conservant cependant une lourdeur de la jambe gauche, qui fait que, selon son expression, elle est plus lente à se mouvoir que l'autre. D'ailleurs pas de douleur.

Il y a cinq mois, étant en province, il tombe du même côté. A la suite de cette chute, douleur assez vive, suivie d'un gonflement léger de la région trochantérienne. Le malade vient à Paris, gêné pendant la marche. Gonflement de la région trochantérienne, accompagné de douleurs sourdes et nocturnes.

Il entre à l'hôpital Tenon, où Gillette diagnostique une ostéite du grand trochanter. Le malade refuse l'opération et sort au bout de trois jours.

Après avoir gardé le repos chez lui pendant quelque temps.

il reprend ses occupations en province, quoiqu'il souffrît toujours.

Dans ces derniers temps, il a été obligé de s'aliter pendant plusieurs jours, en proie à des phénomènes fébriles et incapable de faire éxécuter à la jambe gauche le moindre mouvement. Le grand trochanter était alors le siège d'un gonflement. Lorsque le malade se présenta au Bureau central, on détermina, en l'examinant, l'ouverture d'un abcès qui donna issue à du pus mêlé de sang.

Le malade, d'une constitution un peu chétive, offre les signes suivants : la cuisse est fléchie sur le bassin. Les mouvements d'extension spontanés sont impossibles. Les mouvements provoqués sont très douloureux . Au niveau du grand trochanter, on trouve, en dehors, une ouverture qui donne issue à du pus. Le trochanter est augmenté de volume, très douloureux à la pression. Tout autour on sent un empâtement profond. L'articulation coxo-fémorale est saine. Les os du bassin le sont également.

Le malade devenu plus raisonnable, se décide à l'opération.

Le 5 mai, après chloroformisation, on introduit un stylet dans le trajet fistuleux et on fait une incision verticale de six à huit centimètres au moins. On arrive sur le trochanter, dont le tissu est friable, et présente manifestement les caractères d'une ostéite. On applique une large couronne de trépan et on enlève, avec la curette, toutes les parties malades du tissu spongieux. Après désinfection énergique de la plaie avec la solution phéniquée forte, on remplit d'iodoforme la cavité osseuse.

Dans les jours qui suivent, le malade accuse un peu de douleur ou plutôt un sentiment de lourdeur du membre malade.

Le 20 mai, on renouvelle le pansement. La plaie n'a presque pas suppuré.

Le 7 juin nouveau pansement. Toute cette période est apyrétique et les douleurs locales se calment.

Le 23 juin: Les douleurs ont repris de l'intensité. La température atteint presque 40°. Il y a un peu de céphalalgie ; du malaise; la langue est empâtée.

Le 24 juin. L'état de la veille s'est un peu amélioré. La

plaie ne suppure pas, mais elle est très douloureuse à la palpation, et le malade, d'ailleurs très pusillanime, pousse des cris au moindre contact. Soupçonnant la présence du pus profondément, on incise la cicatrice ; mais le malade est si indocile qu'il est impossible d'arriver sur le foyer. Cependant au moment où l'on procède au pansement, et à la suite d'efforts assez violents pour échapper aux aides qui le maintiennent, on voit un peu de pus mêlé de sang s'écouler à travers la plaie. Lavages phéniqués. Pansement à l'idoforme. Une mèche iodoformée est introduite dans la plaie profondément.

Les suites ont été simples. La cicatrisation s'est faite sans accident.

Le 28 juillet, le malade peut aller à Vincennes, gardant cependant une gêne asse?- grande dans la marche et une grande lourdeur du membre.

Page 1