‹ Statistique & observations de chirurgie hospitalière [electronic resource]Chapitre 90 sur 141 · XXI. — Cicatrices vicieuses · texte numérisé non relu

XXI. — Cicatrices vicieuses

\ 6 hommes : 6 opérés, 3 guér., 2 amél., 1 non guéri. ^ \ 1 femme : 1 — 1 —

Elles étaient le résultat d'une plaie contuse (4 cas) ou d'une ancienne brûlure (3 cas).

Les doigts avaient été déviés et infléchis par la retraction cicatricielle ou avaient contracté des adhérences avec la paume.

Diverses opérations furent faites pour remédier a ces

difformités :

1 amputation de doigt (obs. 286).

1 résection de phalange (obs. 273).

•1 libération du pouce adhérent à la paume (obs. ihi).

1 excision de la cicatrice avec autoplastie par glissement (obs. 288). ,

3 autoplasties par la méthode itaUenne (obs. ^«J, n ^»

^' iLtes ces opérations réussirent à l'exception des aulo-

MAIN

piasties par la méthode italienne, dont 2 échouèrent et 1 ne donna qu'un demi-succès.

Obs. 286. — Déviation de Vindex; amputation de ce doigt; guérison. — Marie G..., âgée de 15 ans, sans profession, entre dans mon service de l'Hôtel-Dieu le 22 août 1893, pour une déviation et une insertion vicieuse de l'index gauche.

Elle donne peu de renseignements sur ses antécédents. Elle se souvient seulement que, vers l'âge de 5 ans, elle a eu une suppuration prolongée à la main.

L'index gauche n'a pas de métacarpien. L'extrémité supérieure de sa première phalange se perd dans les parties molles et remonte jusqu'au milieu du métacarpe. Ce doigt est donc notablement raccourci. Il est sans soutien, mobile en tous sens et atrophié. Lorsque les autres doigts se fléchissent, l'index se couche en travers de la paume. Il en résulte une gêne considérable dans la préhension des objets. Une cicatrice existe sur le métacarpe.

Comme cet index est tout à fait inutile et comme la jeune fille en demande la suppression, je me décide à l'amputer.

Le 26 août. Amputation de l'index au niveau de son insertion sur les parties molles. Suites opératoires très simples.

Le 6 septembre. Sortie. Guérison.

Obs. 287. — Pouce adhérent à la paume ; opération de Zelîer ; guérison. — Jacques H..., âgé de 25 ans, exerçant la profession de mégissier, est entré à la Pitié le 7 octobre 1885. A la suite d'une plaie confuse du premier espace interosseux de la main gauche par un coup de revolver, il eut une cicatrisation vicieuse qui produisit une adhérence du pouce à la paume.

Le 15 octobre. Le malade étant endormi par le chloroforme, je taille, d'après le procédé de Zeller, un lambeau triangulaire sur la face dorsale du premier espace interosseux. Ce lambeau a sa base du côté du carpe. Dans un second temps, j'incise avec le bistouri tous les tissus qui réunissent le pouce à la paume. Le pouce étant écarté, je rabats d'arrière en avant le lambeau dorsal, et je le suture dans le premier espace interdigital. Pansement de Lister et bandage ouaté.

. . . Le" IQ novembre. L'opéré sort guéri. Son pouce est libre et jouit de tous ses mouvements.

Obs. 288. — Excision d'une cicatrice de la paume; autoplasLie par glissement. — Henri B..., âgé de 33 ans, exerçant Ja profession d'apprêteur, arrive à la Pitié le 25 janvier 1^89, avec une cicatrice de la paume de la main droite produisant une .flexion complète des phalanges du petit doigt. . Le 26 janvier.. Dissection du tissu inodulaire et ablation de tout ce tissu. Les tendons sont indemnes et le petit doigt peut * .se redresser complètement. La perte des téguments étant considérable, je taille un lambeau sur le bord interne de la main, je le fais glisser en dehors et je le suture à la face palmaire de la première phalange du petit doigt et à la paume de la main. Pansement de Lister. Immobilisation de la main sur une attelle plâtrée.

^ Le P"" mars. L'opéré sort dans l'état suivant : le petit doigt est bien redressé. Il jouit de tous les niouvements de l'articu- Jation métacarpo-phalaDgieiine, mais les articulations phalangiennes ne peuvent encore se mouvoir spontanément. Le •lambeau a bien pris, et les téguments de la paume sont souples.

Obs. 289. — Trois cas de cicatrice vicieuse restaurée par greffe selon la méthode italienne \ un résultat satisfaisant. — 1° L... (Henri), âgé de 29 ans, rafQneur, est le sujet de cette observation. 11 n'a rien dans ses antécédents, tant personnels qu'héréditaires, qui mérite d'être noté. Au mois de septembre dernier, en nettoyant une turbine, il eut la main gauche entraînée entre deux cylindres tournant avec une grande rapidité. Il en résulta une plaie pour laquelle il fut soigné dans le service. Les lambeaux de peau se sphacélèrent, la plaie guérit par bourgeonnement et il se forma une cicatrice vicieuse, consistant en une bride fibreuse qui rendait complètement impossibles les mouvements d'extension du pouce. Le tendon fléchisseur de l'index avait été arraché, en même temps que la peau de la face palmaire avait été dilacérée. Les mouvements de flexion de ce doigt étaient ^rèa compromis.

MAIN ^^'

Le 13 octobre 1890, Henri L. .. vint dans le service réclamer une opération qui lui rendit l'usage du pouce et la flexion de l'index. M. Polaillon, estimant que ce dernier résultat ne pou vait être atteint, parce que le tendon fléchisseur avait été arraché, lui proposa de supprimer l'index devenu inutile et de se servir des téguments de celui-ci pour restaurer les cicatrices de la paume de la main. Le malade s'y refusa énergiquement, préférant rester ainsi que de sacrifier un doigt qu'il croyait encore utile. C'est alors que M. Polaillon se décida à pratiquer une greffe à l'italienne.

Le 25. Le malade étant chloroformisé et la bande d'Esmarch appliquée, les tissus inodulaires de la paume furent disséqués et enlevés. La large surface saignante fut recouverte d'un pansement phéniqué. Bientôt toute la plaie fut recouverte de bourgeons charnus et le moment d'appliquer une greffe parut favorable.

Le 11 novembre. Nouvelle chloroformisation. M. Polaillon détache, au niveau du septième espace intercostal droit, un lambeau quadrilatère, desix centimètres de long, intéressant la peau, le tissu cellulaire sous-cutané et même les muscles. Ce lambeau reste attaché à la poitrine par un de ses côtés. Il est rabattu de manière à ce que sa surface saignante soit mise en contact avec la surface bourgeonnante de la main appliquée contre le tronc. Plusieurs sutures l'attachent aux bords de la plaie de la paume. Le bras et l'avant-bras sont maintenus solidement contre le thorax pour obtenir une parfaite immobilisation.

Pas de fièvre. Un peu de suppuration. Les sutures n'ont pas lâché. Le malade, qui trouvait d'abord sa position pénible, s'en accommode peu à peu.

Onrenouvelledeux foislepansementaveclagaze iodoformée.

Le lambeau adhère complètement, mais sa vitalité, dans sa partie antérieure, paraît compromise.

Le 20. Le malade étant chloroformisé, M. Polaillon sectionne le pédicule du lambeau, et suture ses borda avec la plaie palmaire. Cela fait, la plaie thoracique est suturée avec des crios. Pansement de Lister pour la main ; pansement à la gaze iodoformée pour la plaie thoracique.

Le malade n'a pas eu de fièvre, mais quand on lève le pansement de la main, on s'aperçoit qu'une grande partie du lambeau menace de se sphacéler. Il y a peu de suppuration. . Lavages phéniqués; pansement à la gaze iodoformée. Peu à peu le sphacèle s'accentue. La partie antérieure du lambeau, entièrement noire, s'élimine le 19 décembre.

Le 27 décembre, voici quel est l'état de la main : le lambeau grefié est très réduit. Il existe encore deux gros bourgeons charnus, très bien vivants. Le pouce, bien que plus mobile qu'auparavant, est encore loin d'avoir recouvré l'intégrité de ses mouvements. Il est à supposer qu'avec de l'exercice, le pouce pourra récupérer ses fonctions. Ses mouvements d'extension sont déjà plus complets qu'avant l'opération. Une bride ressemblant à un cordon, épais d'un millimètre environ, existe encore entre le pouce et l'index, qui n'a rien gagné en mobilité et qui ne sera pour le malade qu'un appendice très gênant.

2° Marie N..., âgée de 18 ans, employée de commerce, entrée le 22 octobre 1890, avait une cicatrice de la paume de la main droite, causant la flexion et l'immobilité des doigts. Cette cicatrice était le résultat d'une brûlure produite lorsque la malade avait deux ans.

Le 25 octobre. Dissection et ablation du tissu cicatriciel, de manière à libérer les doigts.

Le 13 novembre. Dissection d'un lambeau sur la poitrine. "Suture de ce lambeau à la paume. Fixation de la main, de l'avant-bras et du bras contre la poitrine par un bandage silicaté, laissant la liberté de faire des pansements.

Le 22. Section du pédicule du lambeau thoracique. Le lambeau s'est réuni à la paume, presque dans sa totalité. Il n'a subi qu'un peu de sphacèle sur ses bords.

Le 5 décembre. Sortie de la malade. Bien que la greffe soit bonne, le résultat est défectueux au point de vue de la liberté et des mouvements des doigts.

3° Louis D..., âgé de 19 ans, boulanger, entré le 13 janvier 1892, a une cicatrice de brûlure, datant de l'enfance, qui produit une flexion de l'annulaire droit.

Le 26 janvier. Dans la même séance, excision de la cicatrice.

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Dissection d'un lambeau sur la poitrine. Suture de ce lambeau à la paume. Fixation de la main contre la poitrine.

Mais le lambeau, qui n'adhérait pas assez à la surface cruentée de la main, s'est sphacélé. Le résultat a été nul.

Pour que les greffes faites par la méthode italienne réussissent, il faut : 1° que le lambeau soit très grand; 2° que le pédicule soit très large et bien nourri ; 3° que les deux surfaces cruentées soient exactement appliquées et un peu comprimées l'une contre l'autre ; 4° que les parties soient bien immobilisées, condition la plus difficile à obtenir.

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