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XI. — TumPMrs blanches

1° Scapulalgies.

. \ 9 hommes : 6 opérés, 3 traités, 1 mort, lô cas ^ Q femmes : 5 — 1 0 —

Je constate, d'abord . que les scapulalgies ont été beaucoup moins nombreuses que les tumeurs blanches des autres articulations des membres.

Malgré cette rareté, la scapulalgie m'a paru être, comme la coxalgie, comme les ostéo-arthriles eu genou et du coude, une maladie de la jeunesse. Entre quinze et vingt-cinq ans, j'en ai compté 6 cas ; entre vingt-six et trente-cinq ans, leur nombre n'a plus été que de 3 • et il a diminué à mesure que les sujets étaient d'un âge plus avancé. L'âge moyen des malades a été de trente-quatre ans et demi.

Gomme pour toutes les tumeurs blanches, l'envahissement de rarlicuinlion par la tuberculose a été la cause principale de la scapulalgie. Et si la jeunesse y est plus prédisposée, c'est que la tuberculose articulaire est une maladie du jeune âge. Dans 1 seul cas, le traumatisme avait été la cause occasionnelle de la scapulalgie. Dans 1 aulre cas, un rhumatisme mono-articulaire pouvait être incriminé. Enfin, chez 1 malade, la scapulalgie était sous la dépendance d'un élat infectieux (obs. 377).

3 fois l'articulation scapulo-humérale était remplie de fongosités sans épanchement purulent manifeste.

i2 fois l'articulation présentait les désordres d'une ostéoarthrite suppurée. Sur ces 12 scapulalgiessuppurées, 9 présentaient une ou plusieurs fistules conduisant dans la cavité articulaire, sur Tacromion ou sur la tête humérale mise à nu.

Chez 6 malades, des aflections tuberculeuses diverses compliquaient la scapulalgie : c'étaient des abcès froids à la jambe, une ostéite du tibia, trois tumeurs blanches (au genou, à l'articulation sterno-claviculaire, à la colonne vertébrale), une tuberculose pulmonaire.

Les 3 scapulalgies non suppurées furent traitées par l'immobilisation, les révulsifs (teinture d'iode, pointes de feu). Elles furent améliorées après un séjour de trente-cinq jours en moyenne.

Les 12 scapulalgies suppurées nécessitèrent il opérations :

3 arthrotomies, Sguérisons.

8 résections scapulo-humérales, 7 guérisons et 1 mort rapide par atïection cérébrale (obs. 378).

Le malade atteint de scapulalgie suppurée, qui ne fut pas p. 48

opéré, sortit au bout de vingt-cinq jours très amélioré à la suite de pansements et d'injections intra-articulaires par les fistules.

Obs. 377. — ScapidaJgie de nature infectieuse ; arlhroiomie ; trépanation de la tête de l'humérus; guérison. -- Marie G..., couturière, âgée de 25 ans, a eu une fausse couclie dentelle a été mal soignée. Elle eut problablement une rétention du placenta et une septicémie. Elle entra dans un service de médecine, où elle fut prise d'un érysipèle grave, qui se termina pardes abcès aux deux jambes et par une ostéo-arthrite de l'épaule droite. Ces affections, de nature chirurgicale, la firent transférer dans mon service, le 19 juillet 1894.

L'état de Marie G... était très grave. Amaigrissement extrême. Pcàleur cireuse de la peau. Impossibilité de s'alimenter. Fièvre. Grands frissons de résorption purulente.

Les abcès dns jambes furent immédiatement incisés, lavés et pansés antiseptiquement. Ils se fermèrent eu quelques jours.

L'épaule droite était tuméfiée, très douloureuse à la pression et immobiliséedans une demi-abduction. La douleur existait surtout à la partie antérieure de la tète de l'humérus. L'existence d'un épauchement intra-articulaire était douteux. Je fis recouvrir l'épaule d'applications narcotiques. et j'attendis l'évolution de cette ostéo-arthrite, qui était évidemment de nature infectieuse.

Sous l'influence du sulfate de quinine, la fièvre diminua et les accès de frissons disparurent. L'état général s'améliora un peu, mais la tuméfaction de l'épaule augmenta. Les douleurs persistaient surtout au niveau de la tête de Ihumérus. L'arthrite était devenue purulente, et il fallait évacuer le pus.

Le 10 aoiît.La malade est endormie par le chloroforme. Sur la face antérieure de l'épaule, je fais une incision verticale, longue de huit centimètres, dirigée dans le seu>i des fibres du deltoïde et ouvrant la capsule articulaire. Une assez grande quantité de sérosité purulente s'échappe. La cavité articulaire est lavée exactement par une irrigation d'une solution phéniquée au 20'' .

Je trouve la synoviale roug-e, tomônteuse. Le cartilage, qui recouvre la tète de rhamérus, est jaune, aminci. Cette tète est elle-même tuméfiée. Sur le bord du cartilage, il y a une vascularisation d'ostéite. Comme le point le plus douloureux siégeait dans la tète de l'humérus, il était indiqué d'ouvrir l'os en ce point. Une couronne de trépan pénétra facilement dans le tissu spongieux ramolli et donna issue à quelques gouttes de pus épais. La trépanation fut complétée par un évidement avec la curette et par un lavage à l'eau phéniquée. Pansement ouvert avec la gaze iodoformée.

A partir de l'opération, la fièvre tomba tout à fait. L'appétit et les forces revinrent peu à peu.

Les pansements furent renouvelés tous les trois ou quatre jours. La cicatrisation se fit par bourgeonnement.

Le 13 septembre. La plaie était presque fermée, lorsque la malade voulut sortir.

Revue depuis lors, j'ai pu constater que la plaie s'était fermée, que l'épaule avait quelques mouvements et ne resterait pas ankylosée.

Obs. 378. — Scapulahjie ; rèsecùon ; morl dans le. coma. — Le nommé Gabriel D..., mécanicien dentiste, entre le 13 septembre 1887. Il est affecté d'une scapulalgie suppurée à l'épaule gauche. Une fistule permet de pénétrer avec un stylet jus jue sur la tète de l'humérus. Mais la suppuration n'a pas une issue suffisante, et le pus a fusé du côté du bras.

Incision au bras et à l'aisselle. Lavages et pansements phéniqués.

Le 12 octobre. Le malade sort dans un meilleur état.

Le 9 novembre. 11 rentre dans le service, souffrant beaucoup de son épaule, qui continue à suppurer. Sa santé est altérée. L'appétit est nul. Fièvre le soir. Perte des forces. La scapulalgie est très sûrement de nature tuberculeuse.

Le 19. Chloroforraisation. Résection de l'épaule par une incision en ~| renversée, la branche horizontale contournant l'acromion et la branche verticale descendant sur la face antérieure de l'épaule. La tète de l'humérus est sciée au-dessous du col anatomique. La cavité articulaire est nettoyée et lavée

minutieusenieut. Suture du lambeau. Pansement de Lister.

Le 22. Le pansement est renouvelé avec de la gaze iodoformée .

Le 23. Le malade est pris de délire. La peau présente uue rougeur érythémateuse. Aucune fièvre. Aucune élévation de la température. Les uriues sont normales, sans coloration noire.

Le 24. Coma et mort.

La cause de la mort nous est restée absolument inconnue, l'autopsie n'ayant pu être faite. Nous avons pensé à une intoxication par l'acide phénique ou par l'iodoforme, mais les urines sont restées saines, sans contenir de l'acide phéQi:iue ni de l'iode. Nous supposons que la mort a été causée par une tuberculose cérébrale.

2° Ostéo-arthrites sterno-claviculaires.

\ 2 hommes : 2 traités, / ^ ^ c^^^ / 3 femmes : 3 - \^ "^O''^-

A l'arliculation slerno-claviculaire, je n'ai point observé d'arthrile simple, probablement parce que les arthrites simples sont facilement supportées par les malades, et que ces derniers ne sentent pas la nécessité de venir se faire. soigner à l'hôpital. L'inflammation articulaire atteignait, chez mes 5 malades, à la fois la synoviale^ les cartilages, les os, et 3 fois l'articulation suppurait.

La cause de ces ostéo-arthrites m'a paru être le rhumatisme dans 1 cas, et dans les 4 autres cas, la tuberculose. Un des malades était atteint de tubercules pulmonaires; un autre avait une tumeur blanche du poignet; un troisième avait' eu des abcès froids.

L'âge moyen des malades était de quarante-deux ans.

Le traitement a été exclusivement médical. Repos. Lavages antiseptiques de l'articulation. Pansements iodoformés. Dans 1 cas, je me suis bien trouvé de cautériser le trajet fistuleux et l'intérieur de rarticulation avec une flèche de chloi-ure de zinc.

La durée moyenne du traitement a été de trois semaim^s, A leur sortie, les malades étaient très améliorés.

Tumeurs.

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