XVII. — Tumeurs malignes
3 hommes, 2 opérés, 2 guéns, i non opéré. 2 femmes, 2 opérées, 2 guéries.
Ces tumeurs malignes étaient formées par de l'épilhéliôma dans 2 cas, du sarcome dans 3 cas.
Des 2 malades atteints d'épithéliôma, 1 seul fut opéré (obs. Id i) ; l'autre était en pleine cachexie avec dégénérescence des gangUons de l'aine et de la fosse iliaque.
Obs, 114. — Epiihélioma du C7'eiix poplité. — Le nommé G... (Girard), chaudronnier, âgé de 60 ans, entre dans mon service le 24 août 1887.
Il y a huit ans, ce malade a eu une tumeur sur le dos du pied gauche. M. Verneuil l'a opéré et la tumeur n'a pas reparu.
Mais au bout de six ans, une nouvelle tumeur s'est formée dans le creux poplité du même côté. Cette tumeur s'est ramollie et s'est ulcérée.
Actuellement on constate, dans la région sus-indiquée, une plaie cancroïdale à bords élevés, déchiquetés, durs. Elle a une forme ovale, et son grand axe, transversalement dirigé, mesure environ trois centimètres.
Dans le pli de l'aine, existe un ganglion gros comme une noix et en voie de dégénérescence cancéreuse.
Lepithélioma du creux poplité est douloureux et gêne beaucoup pendant la marche. Ce sont là deux indications pour l'enlever.
Le 27 août. Chloroformisation. Incision en losange à grand axe parallèle à celui de la tumeur. Dissection et large ablation. Suture. Réunion immédiate sauf au centre, où la cicatrisation se fait par bourgeonnement.
L'opéré sort le 4 octobre.
11 revient le 30 novembre pour montrer son état. La cicatrice du creux poplité est solide, sans récidive, mais le ganglion de l'aine a beaucoup augmenté de volume. 11 a maintenant le volume d'une mandarine.
Comme l'épithéliôraa du pied opéré autrefois par M. Ver^
neuil, l'épithéliôma du creux poplité est guéri, mais la dégénérescence ganglionnaire existe.
Il ne me paraît pas indiqué de faire une nouvelle opération pour enlever le gaoglion inguinal, car la dégénérescence s'étend certainement à d'autres ganglions qu'on ne peut atteindre.
Les 3 tumeurs sarcomateuses furent enlevées avec le bistouri. Elles avaient pris naissance dans le derme ou dans le tissu cellulaire sous-cutané. Elles se caractérisaient, dans 2 cas, par de violentes douleurs (obs. 115 et 116). Leur volume, peu considérable, n'excédait pas le volume d'une noisette ou d'une noix.
Obs. 115. — Petit sarcome occasionnant des névralgies. Ablation. Guérison. — La nommée M..., ménagère, âgée de 69 ans, entre le 23 octobre 1882, salle Gerdy, n° 16.
En 1872, à la suite d'une chute sur le bord d'une marche d'escalier, dans laquelle le tibia droit avait été contusionné, il s'est formé au niveau de la face antérieure delà jambe, à la réunion du tiers inférieur avec les deux tiers supérieurs, une petite tumeur, qui est devenue extrêmement douloureuse.
La malade affirme que, depuis dix ans, elle n'a jamais passé une journée sans souffrir atrocement pendant une heure ou deux. Souvent les douleurs arrivent spontanément pendant la nuit. La malade est alors obligée de se lever. Elle se démène comme une folle. Puis la douleur diminue et devient supportable.
La tumeur a le volume d'une noisette. Elle est arrondie, lisse, dure et résistante. Son contact est si douloureux qu'il fait pousser des cris. Les douleurs s'irradient dans tout le membre inférieur jusqu'au pli de l'aine.
Les douleurs sont souvent diminuées par une marche rapide. Aussi arrive-t-il souvent que la malade, malgré sonâge< se met à courir dans la rue.
Le 24 octobre. Ghloroformisation, incision et ablation de la tumeur. Un point de suture. Pansement de Lister.
Le 27. La réunion est immédiate. Quelques élancements persistent encore. Plus tard ils disparaissent.
La tumeur enlevée a l'aspect d'une tumeur fibreuse lorsqu'on la sectionne. Elle est formée de couches concentriques, stratifiées, avec une gangue assez dure. On ne trouve pas de nerf visible à l'œil nu attenant à la tumeur ou en rapport avec elle.
Obs. 116. — W... (Anna), journalière, âgée de 41 ans, est admise dans mon service le 6 juin 1883. Sur la partie externe du tiers inférieur de la jambe droite, elle a vu apparaître, il y a dix ans, une induration de la peau. Elle ignore quelle en a été la cause. Depuis cette époque, l'induration a gagné très lentement en étendue et en épaisseur. En même temps elle est devenue le siège de douleurs locales extrêmement intenses.
Actuellement, on constate une tumeur aplatie, faisant corps avec le derme, à contours irréguliers, dont la surface égale à peu près une pièce de deux francs. Elle a l'aspect d'une kéloïde et elle est très douloureuse à la pression.
Le 9 juin. Chloroformisation. Dissection et ablation de la tumeur. Trois points de suture. Pansement de Lister. Réunion immédiate.