‹ Statistique & observations de chirurgie hospitalièreChapitre 45 sur 137 · X. — Kystes synoviaux. Kyste du creux poplité. 12 cas · texte numérisé non relu

X. — Kystes synoviaux. Kyste du creux poplité. 12 cas

10 hommes \ î ^P^^^^'' , , ^ ^''^''^^ i améUoré. ( o non opères, U — 5 —

2 femmes ^ ^ opérée, 1 guérie, 0 améliorée.

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Les kystes synoviaux du genou peuvent siéger sur toutes les gaines des tendons qui avoisinent cette articulation, mais ils sont surtout fréquents au creux poplité. Pour 10 kystes du creux poplité, je n'ai observé que 2 kystes en dehors de cette région.

Les premiers occupaient le bord interne ou le bord externe du creux poplité, et avaient pour point de départ, soit la synoviale du tendon d'insertion de l'un des jumeaux, soit une des petits bourses muqueuses interposées entre ces tendons et les tendons des muscles voisins. Dans 2 cas, ces kystes étaient réductibles, c'est-à-dire communiquaient avec la grande synoviale du genou. Dans 3 cas, ils se comphquaient d'une affection articulaire, hydarthrose ou arthrite sèche.

L'âge moyen des sujets affectés de kyste poplité est de plus de quarante-un ans.

Chez G malades, le kyste poplité n'occasionnait qu'une gêne très passagère dans les fonctions du genou, et il n'y a pas eu lieu de les opérer. Je ne suis intervenu que chez 4 malades : une fois parla ponction simple chez un vieillard de 80 ans (amélioration) ; une fois par la ponction suivie du lavage de la poche avec la solution phéniquée forte (guérison, mais avec induration consécutive)^, deux fois par la dissection et l'ablation du kyste (2 guérisons par réunion immédiate).

Les 2 kystes extra-poplités siégeaient, l'un au-dessous du tendon du couturier (obs. 129), l'autre à Tinsertion du biceps sur la tête du péroné. Ils furent enlevés tous les deux par la dissection (2 guérisons, avec un peu de suppuration chez l'un des opérés).

Obs. 129. — Kyste synovial à l'insertion inférieure du couturier.— Le nommé Jean-Baptiste S..., âgé de 49 ans, mécanicien entre à la Pitié le 30 mars 1882.

Il y a quatre mois, cet homme a vu se développer à la partie supérieure et interne de la jambe, sans cause appréciable, sans traumatisme ni fatigue, une petite tumeur qui, depuis ce temps, a grossi peu à peu et est arrivée à l'état suivant :

Tumeur située à la partie interne du genou, au niveau des tendons qui concourent à la formation de la patte d'oie. Cette tumeur a le volume d'une noix, une forme légèrement ovoïde, une surface lisse, une consistance rénitente. Elle est légèrement fluctuante, indolente spontanément et à la pression. La marche est un peu gênée. La jambe de ce côté est un peu plus faible que l'autre et les mouvements de flexion sont un peu douloureux.

Cette tumeur est indépendante de la peau, qui glisse aisément sur elle, et ne présente aucune altération. Elle est un peu mobile sur les parties profondes. En faisant alternativement fléchir et étendre la jambe, on constate qu'elle suit les mouvements des tendons de la patte d'oie. Quand on fait contrac-

ter le muscle couturier, on voit manifestement que le tendon de ce muscle passe au-dessus de la petite tumeur.

Le diagnostic est : Kyste synovial paratendineux.

Le jour de l'entrée, incision de quatre centimètres environ au niveau de la tumeur, qui est détachée assez facilement des tendons avoisinants en avant et sur les côtés, mais qui est adhérente en arrière où on la dissèque avec des ciseai.x.

Réunion de la plaie par 3 points de suture ; pansement de Lister.

Examen macroscopique. Tumeur transparente, rappelant, par son aspect, la vessie natatoire d'un poisson ; présentant une surface libre, arrondie et lisse dans presque toute son étendue. Vers la partie médiane, on voit quelques sillons et bosselures très peu accusés. Sa face adhérente, aplatie, oâre des traces de fibres musculaires et de fibres tendineuses.

Le 31 mars. A peine un léger mouvement fébrile le soir de l'opération, 37°, 8 Le pansement est renouvelé ; deux points de suture sont enlevés.

Le 5 avril. Pansement. Le dernier point de suture est enlevé.

Le 8. Le malade commence à marcher.

Le 10. Il quitte l'hôpital. La plaie s'est réunie par première

intention.

XL — Périarthrites.

5 cas.

(4 opérés, 3 guéris, 1 non guéri, / - 5 hommes ] ^ „^,^ ^p^,.^ i - o - T ™°'''-

AtTeclion peu commune, dans laquelle l'inflammation et les fongosités se produisent en dehors de la cavité articulaire qui reste indemne et sans épanchement.

Il faut quelquefois beaucoup d'attention pour distinguer cette aftection de la tumeur blanche véritable.

Je n'ai observé les périarthrites du genou qu'à l'état de suppuration. Dans mes 5 cas, la suppuration s'était frayé une voie à travers une ou plusieurs fistuleS; et 3 fois des

fongosités abondantes venaient faire saillie par ces fistules (obs. 130).

Le traitement a consisté à découvrir les foyers par des incisions^ à enlever avec la curette tranchante toutes les fongosités, et à laver exactement avec un jet d'eau pliéniquée toutes les cavités et tous les décollements périarticulaires.

Les 5 malades ont guéri, mais, chez l'un d'eux, la guérison n'a duré que quelques mois au bout desquels l'inflammation s'est reproduite au niveau de la rotule et dans la cavité articulaire (obs. 131).

Obs. 130. — Périarlhrite fongueuse du genou ; curettage des fongosités; guérison. — Le nommé Julien J..., journalier, âgé de 30 ans, entre à la Pitié le 23 mars 1883.

Ses parents sont morts jeunes. Le malade ignore dans quelles conditions, et ne peut donner des détails sur leur santé.

Tous les hivers il est sujet à s'enrhumer, à tousser, mais il n'a jamais craché le sang. Il a eu trois blennorrhagies. La dernière il y a trois ans.

Vers le 15 janvier dernier, le malade s'aperçut d'une petite grosseur siégeant à la partie externe du genou, au-dessus de la tète du péroné. Cette tumeur était peu douloureuse à la pression, et indolente spontanément. La marche n'en était nullement gênée. La peau avait conservé son aspect normal.

On y appliqua de la teinture d'iode et un vésicatoire, mais la tumeur continua à augmenter.

Vers le 15 mai, la tumeur s'ouvrit par un petit orifice qui resta fistuleux et d'où s'écoulait une matière grumeleuse. En même temps des douleurs apparurent.

A son entrée dans le service, on constate, à la région externe du genou gauche, empiétant sur la jambe et un peu sur la cuisse, une tuméfaction qui occupe une assez grande étendue. Cette tuméfaction, en forme de plaque, est d'une couleur rouge d'autant plus foncée qu'on se rapproche de la partie centrale, où existe un orifice, de la largeur d'une pièce d'un franc, dont les bords sont coupés à pic et décollés.

230 MEMBRE INEÉRIEUR.

Le fond de l'ulcération est grisâtre. Par la pression on fait sortir une matière séro-purulente, mêlée de fongosités qui se détachent par la pression. On est étonné de la grande quantité de pus qui sort par lulcération. Le stylet montre qu'il y a un décollement énorme. L'abcès fougueux siège entre la peau et les tissus ligamenteux et aponévrotiques du genou.

M. Polaillon diagnostique une périarthrite fongueuse probablement de nature tuberculeuse.

Le 27 mars. Le malade est endormi par le chloroforme. Avec une curette tranchante. M. Polaillon gratte Fabcès et enlève tout ce qull y a de fongosités. Pour se donner plus de jour pendant ce curettage, il fait deux incisions sur les limites du décollement. Le fojev est abondamment lavé avec un courant d'eau phéniquée à 5 p. 100. Puis les incisions sont suturées, en laissant un drain à la partie inférieure. Pansement de Lister, recouvert d'un bandage ouaté compressif.

Le 30. Pansement. Le malade va bien. Pas de symptômes généraux. On enlève le drain.

Le 3 avril. On enlève ler> sutures métalliques. Le malade va bien. Le pansement phéniqué ayant donné lieu à de l'érythème cutané, on est obligé de le remplacer par un pansement borique. Les parois de l'abcès se sont recollées dans les parties profondes.

Le 17. Il ne reste plus que deux petites ulcérations bourgeonnantes de la largeur d'un franc.

Le 22 mai. Le malade est guéri et part pour l'asile de Vincennes.

Obs. 131. — Périarthrite fongueuse : curettage des fongosités ; guérison momentanée ; nécrose consécutive de la rotule ; production de fongosités intra-articutaires ; arthrotomie ; guérison par ankylose. — Le nommé F... (Prosper), âgé de 36 ans, exerçant la profession de gantier, entre à la Pitié, le 19 octobre 1883, salle Broca, lit n° 4.

Il porte un abcès fongueux périarticulaire, décollant la peau autour du genou droit et s'accompagnant de plusieurs fistules. La cavité articulaire est saine, sans épanchement, et les mouvements sont libres.

Le 3 novembre, chloroformisation. Incisions, en dedans et •en dehors du genou, passant par les fistules. Curettage des fongosités aussi complet que possible. Lavage phéniqué. Drainage. Pansement de Lister, d'abord, puis pansements à la gaze iodoformée . Immobilisation du genou dans un appareil silicate.

Prosper F.. . sort guéri le 24 juin 1884 pour aller à l'asile de convalescence de Vincennes.

11 rentre à la Pitié le 23 septembre. Sa maladie a changé d'aspect.Il ne s'agit plus d'une périarthrite, mais d'une ostéite suppurée de la rotule et de fongosités ayant envahi le cul- desac supérieur de la capsule articulaire. J'ai affaire maintenant à une tumeur blanche, qui a succédé à la périarthrite.

Le 30 octobre. Le patient est endormi par le chloroforme. Incision du cul-de-sac supérieur. Ablation d'un portion nécrosée de la rotule. Curettage des fongosités intra-articulaires. Lavages phéniqués. Pansement de Lister et immobilisation dans une gouttière.

Peu à peu la suppuration articulaire diminue, puis se tarit.

Le 3 février 1885, les plaies sont guéries. Le genou est en voie d'ankylose. L'opéré va à Vincennes avec un appareil silicate entourant et protégeant son genou.

Prosper F... est revenu à l.a Pitié, en mars 1886 et en mars 1889. La guérison s'est maintenue. Le patient se sert de son membre sans la moindre difficulté, mais le genou est ankylosé en bonne position, c'est-à-dire dans l'extension. L'anky- •lose est fibreuse.

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