XIII. — Arthrites
155 cas.
\ 6 opérés, 4 guéris, 2 morts.
là hommes, J g^ ^^^^ opérés, 67 guéris ou amél. 0 mort.
82 femmes, \ i ^P^^^^l^ J ^''^'\^^^ ,, \ ""^^^^
/ n non oper., 77 guéries ou amel. 0 mort.
Les arthrites rhumatismales ont été au nombre de 80
Les arthrites traumatiques — — 32
Les arihrites blennorrhagiques — — 29
Les arthrites scrofuleuses — — 4
Les arthrites puerpérales — — 4
Les arthrites syphilitiques — — 3
Les arthrites infectieuses — — 2
Les arthrites de croissance — — 1
Le genou droit a été 57 fois le siège de l'arthrite, le genou gauche 75 fois, les deux genoux 8 fois. Dans 14 cas, le côté n'a pas été indiqué.
Les arthrites ont été très fréquentes à l'âge de 21 à 30 ans (52 cas) et à l'âge de 31 à 40 ans (44 cas). Elles ont été un peu moins fréquentes avant 2u ans (34 cas).' Après 40 a)is, elles ont été relativement rares (24, cas.)
24 arthrites affectèrent la forme aiguë ou suraiguë, et furent très douloureuses. Parmi elles, 5 suppurèrent. Dans 1 de ces cas, la suppuration produisit un abcès périarticulaire ; dans les 4 autres cas, la suppuration fut intraarticulaire.
15 arthrites ne furent que subaiguës.
Toutes les autres arthrites étaient plus ou moins indolentes, et eurent une marche chronique.
Les arthrites avec épanchement intra-articulaire m'ont semblé plus nombreuses que les arthrites plastiques sans épanchement.
Assez rarement, Tfois seulement, l'artlirite du genou s'est compliquée d'une autre arthrite, au pied, au poignet ou à la hanche.
La base du traitement a été les révulsions autour du genou et l'immobilisation du membre inférieur. Dans quelques cas d'arthrite aiguë, j'ai employé avec succès l'extension continue produite par des poids, La compression ouatée, combinée avec l'immobilisation, m'a aussi rendu des services signalés.
Dans les arthrites syphilitiques, le traitement spécifique (frictions mercurielles et iodure de potassium) était prescrit. J'en cite un bel exemple de guérison (obs. 132\
Chez 5 malades, le genou étant fixé dans une attitude vicieuse de flexion, j'ai dû faire le redressement forcé sous le chloroforme, avant d'immobiliser le membre dans la rectitude.
Je n'ai eu qu^me fois recours à la ponction pour évacuer un épanchement articulaire non purulent.
Dans les 4 cas de suppuration articulaire, j'ai évacué le pus, une fois par la ponction avec lavage de la synoviale (guérison) et 3 fois par l'arthrotomie. Ces 3 opérés, qui étaient dans de très mauvauses conditions, sont morts (obs. 133).
Sauf ces 3 cas de mort, tous les autres malades sont sortis guéris ou notablement améliorés. 17 malades étaient en voie d'ankylose. lorsqu'ils ont quitté l'hôpital, mais cette ankylose n'est pas devenue définitive chez tous ces malades. J'en ai revu quelques-uns qui avaient recouvré peu à peu une partie des mouvements du genou.
La durée moyenne du séjour à fhôpital des arthrites du genou a été de trente-trois-jours.
Chez 19 malades, la durée du traitement a été de un à deux mois ; chez 15 malades, cette durée a été de deux à trois mois ; et chez 8 malades, de plus de trois mois.
Obs. 132. — Arthrite syphilitique du genou ; accidents tertiaires ; traitement spécifique ; guérison. — La nommée D, . ,
(Louise), couturière, âgée de 26 ans, entre à la Pitié, salle Gerdy, n° 13, le 2i mai 1884.
Ses parents sont morts phthisiques. Elle a eu la fièvre typhoïde à l'âge de sept ans. Une coxalgie du côté droit survint pendant la convalescence. Elis a eu aussi la fièvre scarlatine quelque temps après. A dix ans, elle a eu une fluxion de poitrine. A onze ans une ictère. A vingt ans, cette femme, qui vivait en concubinage, eut une première grossesse. Dans le cours de cette grossesse, elle eut de la bronchite et des troubles cardiaques. L'accouchement eut lieu avec des attaques d'éclampsie et son séjour à Thôpital se prolongea à la suite d'un érysipèle de la face et du cou. A vingt-un ans, deuxième grossesse. A vingt-deux ans, troisième grossesse. A vingt-trois ans, fausse couche. A vingt-quatre ans, quatrième grossesse, suivie d'une péritonite peu intense. Les trois premiers enfants sont morts : le premier en naissant ; le second était mort né et le troisième mourut au bout de neuf jours. Le quatrième seul est vivant et bien portant.
Cette femme porte tous les signes delà diathèse scrofuleuse.
Au mois de janvier 1884, elle vint consulter à l'hôpital pour des maux dégorge, qui guérirent rapidement sous l'influence d'un traitement probablement antisyphilitique.
Quelque temps après, dans les premiers jours de mai 1884, elle ressentit une douleur dans la partie supérieure de la jambe, douleur augmentant avec la marche et la fatigue.
Quelques jours plus tard, il survient de la douleur et du gonflement au-dessus du genou. Le mal de gorge se reproduisit et coïncida avec les a"ccidents de la jambe. Cet état fit revenir la malade à l'hôpital, où elle entra le 21 mai.
On trouvée à la partie supérieure de la jambe gauche, à l'union des deux tiers inférieurs du tibia et du tiers supérieur, sur sa face interne, une tumeur osseuse provoquant une vive •douleur à la pression. De plus il existe de l'arthrite du genou avec un peu d'épanchement. Cependant les mouvements du genou sont peu douloureux et la marche assez facile.
On constate, au-dessus du genou, une distension du cul-desac supérieur de la synoviale et un épaississement qui paraît faire corps avec les muscles environnants.
L'examen de la gorge laisse voir une échancrure profonde du voile du palais; du côté droit, entre la luette et les piliers. Cette échancrure remonte plus haut que la base de la luette, qui est déviée à gauche ; elle se prolonge jusqu'à la voûte palatine. On aperçoit encore plusieurs perforations : l'une au-dessus de la base de la luette, au milieu du voile du palais, est circulaire et de peu d'étendue; deux autres à la partie supérieure droite du voile, l'une en avant, entre le pilier antérieur et l'arcade dentaire supérieure, et l'autre en arriére du pilier antérieur. Ces deux dernières perforations paraissent communiquer entre elles en contournant en arriére ce qui reste du pilier. Par suite de ces lésions, la déglutition se fait mal, surtout celle des liquides, qui passent par les fosses nasales .
La malade, interrogée sur ses antécédents, n'avoue aucun accident de sj-philis primitive ou secondaire. Son mari a eu un écoulement vénérien, paraissant être de nature blennorrhagique, deux ou trois ans avant l'éclosion des accidents tertiaires constatés. Il s'abstint de tout rapport avec sa femme pendant deux mois.
Le 25 mai la malade pi'it un gramme d'iodurede potassium, avec des frictions mercurielles sur les parties malades de la jambe. Un cataplasme est appliqué sur le genou après la friction.
Le 2 juin la dose d'iodure est portée à deux grammes.
Le 13. La malade prend toujours deux grammes d'iodure de potassium. Son état s'améliore. Les tumeurs gommeuses de la jambe et l'arthrite spécifique du genou s'amendent et disparaissent peu à peu. L'échancrure et les perforations du voile du palais se détergent, bourgeonnent et se réparent ; toutefois les lésions subsistent, ce qui continue à gêner la déglutition et donne à la voix un son nasillard.
Le 16. L'iodure de potassium est porté à la dose de trois grammes.
Le 23 juin la malade quitte l'hôpital avec une ordonnance pour continuer son traitement chez elle.
Louise D... revenue au bout de quelques semaines, est complètement guérie de son arthrite du genou.
Obs. 133. — Trois cas d'arthrite suppurée du genou; arthrotomie; mort. — 1" La nommée A... (Elisa), journalière, âgée de 55 ans, avait eu un rhumatisme articulaire il y a cinq ans. Depuis quelques semaines elle était entrée dans une salle de médecine pour une nouvelle poussée de son rhumatisme. Elle avait de l'épanchementdans les deux genoux et dans le coude droit. On jugea nécessaire de lui faire des ponctions pour évacuer les épanchements articulaires. Ces ponctions n'ontelles pas été faites dans des conditions aseptiques, je l'ignore. Toujours est-il que les articulations des genoux furent envahies par la suppuration et que l'état de la malade devint grave. On la fit alors passer dans mon service le 13 janvier 1886.
Le 14 janvier, je trouvai la malade dans un état très grave. Fièvre, langue sèche, teinte terreuse de la peau ; tous les signes d'une septicémie. Les deux genoux étaient gonflés, fluctuants. Séance tenante, je pratiquai l'arthrotomie antiseptique au genou droit et au genou gauche. Drainage. Pansement de Lister. Immobilisation dans des gouttières.
Mais le lendemain, à sept heures du matin, la malade succombait à la septicémie.
2° En 188S, un homme de 53 ans, ayant aussi une arthrite suppurée des deux genoux dans le cours d'une septicémie, je pratiquai l'arthrotomie du genou droit. Mais il ne put être sauvé, et succomba quatre-vingts jours après son entrée à l'hôpital.
3'' En 1892, un homme de 51 ans eut une arthrite suppurée du genou gauche après un traumatisme. Des accidents septitiques se déclarèrent. Arthrotomie du genou. Mort de septicémie, dix-huit jours après son entrée.