XV. — Hygrômas de la bourse trocliantérienne
2 cas : 2 hommes, 2 opérés, 2 guéris. Obs. 175. — 1° Le nommé D... (Frédéric), porteur aux
Halles, âgé de 62 ans, est ailmis le 31 décembre 1879. Il porte, depuis plusieurs années, sur la saillie trochantérienne droite, une tumeur régulière, sans changement de couleur à la peau, d'un volume comparable à celui d'un œuf. Cette tumeur, un peu douloureuse à la pression, adhère au grand trochanter, dont elle suit tous les mouvements. Sa consistance assez dure donne une sensation d'élasticité.
Le malade ignore quelle a été la cause de la tumeur. Longtemps indolente, elle devenait douloureuse par moments. Elle gênait les mouvements de la cuisse.
Le diagnostic fut : hygrôma de la bourse irocliantén'enne ayant subi la transformation cartilagineuse.
Le malade étant endormi par le chloroforme, je décris sur le grand axe de la tumeur une incision légèrement courbe ; puis je dissèque la poche, qui adhère au périoste du grand trochanter. Suture et pansement de Lister.
La réunion immédiate échoue dans la profondeur. Il se forme une cavité qui suppure, et que je lave, tous les trois ou quatre jours, avec la solution phéniquée forte.
Le 12 mai 1880, Frédéric D... sort de la Pitié, conservant une fistule qui suppure un peu.
Le 29 septembre. Il vient nous voir. Je constate que la suppuration a complètement disparu, que la cicatrice est adhérente au grand trochanter et qu'elle provoque quelque douleur, quand on presse sur elle. Mais, eu somme, l'opéré marche et fait mouvoir sa cuisse sans souffrance. La guérison paraît assurée.
2° En 1890, j'ai opéré un second malade, P... (Noël), âgé de 28 ans, de la même manière, par l'ablation complète de l'hj^grôma trochantérien. J'ai aussi constaté, chez lui, une persistance assez longue d'une douleur trochantérienne au niveau de la cicatrice.
XVL — Périarthrites coxo- fémorales.
5 cas.
3 hommes : 3 opérés, 1 guéri, 2 en voie de guérison. 2 femmes : 2 — 1 — 1 — —
Les périartlirites coxo-fémorales sont aussi rares que les périarthrites du genou.
Elles se caractérisent par une inflammation extra-articulaire,qui aboutit à laformation d'abcès autour de la capsule coxo-fémorale.Ces abcès s'ouvrent à l'extérieur et peuvent devenir fongueux ; mais la cavité articulaire reste indemne.
Je n'ai observé ces périarthrites qu'à la période de suppuration avec une ou plusieurs listules.
Il est assez difficile de les distinguer des coxalgies véritables. Une de mes malades, qui avait été affectée autrefois d'une coxalgie bien guérie par ankylose, vit se former à la hanche un gros abcès qui devint fistuleux. 11 s'agissait de savoir si la coxalgie récidivait. Un examen attentif me montra que la suppuration avait seulement décollé les tissus autour de l'articulation, et que celle-ci restait saine. L'incision me permit de vérifier l'exactitude de mon diagnostic.
Le traitement consiste à inciser les abcès, à détruire avec la curette tranchante les fongosités qui peuvent exister, et à laver exactement toutes les cavités et tous les décollements périarticulaircs (obs. 176).
2 opères ont guéri. Les 3 autres sortirent prématurément de l'hôpital en voie de guérison.
Obs. 176. — Pèriarlhrite coxo-fémorale : incision; raclarje des fongosités ; guérison. — Le nommé Vital P..., âgé de 29 ans, scieur de long, entre le 3 mai lb82.
Rien à signaler dans ses antécédents héréditaires. Il u a fait aucune maladie grave antérieure.
Le malade n'est pas d'une santé très robuste ; il a eu, dans son enfance, des engorgements ganglionnaires persistant pendant plusieurs mois. Jamais d'accidents s^'phili tiques. Jamais de rhumatisme. Pas d'habitudes d'alcoolisme.
Le début de laftection ne peut pas être fixé très nettement par le malade. Il aurait eu, dés le mois de février dernier, des douleurs vagues dans tout le membre inférieur gauche, après une marche un peu plus longue que les marches habituelles.
Au commencement d'avril, les symptômes se dessinèrent
mieux. La douleur siégeait au niveau du grand trochanter Elle était exagérée par la pression et surtout par la marche et par tous les mouvements de la cuisse. Il était impossible au malade de se coucher, non seulement sur le coté gauche, mais encore sur le dos; il se couchait toujours sur le cote droit. La douleur ne s'irradiait pas au genou.
En même temps, les forces diminuèrent. La pâleur augmenta. L'appétit devint nul. Diarrhée assez fréquente.
Pendant une quinzaine de jours, le malade ne remarqua que la douleur ; pas de rougeur ; pas de tuméfaction bien nette. A l'examen du malade, on observe, dans la région du grand trochanter gauche, une tuméfaction, sans rougeur, peu proéminente, mais, au contraire, étalée et empiétant assez largement sur la région fessiére. Empâtement œdémateux et sensation de fluctuation profonde, très nette..
La douleur est peu vive, mais le malade ne pourrait pas se coucher sur le côté gauche.
Les mouvements de l'articulation coxo-fémorale sont faciles, si l'on fait la part d'une légère contraction des muscles, indépendante de la volonté et provoquée par 1 exploration. , .
Le point de départ de cette collection purulente n est m au bassin, ni à la colonne vertébrale. Elle semble formée autour de l'articulation coxo-fémorale.
L'état général est médiocre. Pas de fièvre, mais aspect cachectique. Appétit nul. , , • •
Le 3 juin. Ouverture de l'abcès sans anesthesie. Incision de six centimètres, avec le thermocautère, sur le grand trochanter. Issue d'un pus bien lié, en quantité de cinq cents a six cents grammes. Le doigt, introduit dans l'abcès, constate que le périoste est sain sur le grand et sur le petit trochanter ; mais sur la capsule articulaire je trouve des fongosites, qui donnent une sensation de velours. Raclage des fongosites avec curette. L'articulation elle-même paraît absolument saine. Pansement de Lister.
Le 6. Suppuration assez abondante. La douleur, beaucoup moindre depuis l'ouverture, persiste néanmoins. L'état général reste toujours médiocre.
Le 14. La suppuration a diminué depuis deux jours. Il reste un empâtement dans tout le voisinage de la plaie; œdème assez dur.
Le 20, Amélioration très notable dans l'état général; il y a un peu d'appétit. La douleur locale a diminué. Le foyer s'est considérablement rétréci.
Le 3 juillet. La suppuration est très peu abondante. La plaie bourgeonne rapidement.
Le 10. Le malade demande à se lever. Le f(\ver est presque comblé. L'amélioration de l'état général persiste.
Le 4 août. Au moment de la sortie, le foyer est complètement cicatrisé. Les mouvements de l'articulation sont parfaitement libres. La cuisse gauche est seulement amaigrie. Toute tuméfaction a disparu dans la région du trochanter. Aucune douleur ne persiste.