‹ Statistique & observations de chirurgie hospitalièreChapitre 76 sur 137 · III. — Corps étrangers dans la main · texte numérisé non relu

III. — Corps étrangers dans la main

5 cas

4 hommes : 4 opérés, 4 guéris.

1 femme : 1 — 1 —

Les corps étrangers fixés dans les tissus de la main ont été des balles de revolver (2 cas) et des portions d'aiguille (3 cas).

Chez un malade, une balle de revolver avait été tolérée dans les tissus pendant deux ans. Un autre malade avait une portion d'aiguille dans l'éminence thénar depuis cinq ans. Les autres malades ne portaient le corps étranger que depuis quelques jours.

Ce sont les accidents inflammatoires et les douleurs qui ont nécessité l'extraction du corps étranger. Quelquefois les douleurs ont affecté le caractère d'une névralgie s'irradiant dans l'avant-bras et dans Fépaule (obs. 232).

Incision de la peau sur le point où l'on sent le corps étranger, ou sur le point oîi siège le maximum de la douleur, recherche quelquefois très difficile du corps étranger (obs. 233) et extraction de ce dernier, tels sont les temps de Topera tion que j'ai pratiquée sur mes 5 malades.

Obs. 232, — L... (Catherine), âgée de 40 ans, blanchisseuse, entre à la Pitié le 4 octobre 1887 Elle raconte qu'une aiguille s'est enfoncée, il y a cinq ans, au niveau de l'éminence thénar de la main droite, et que la pointe s'ètant brisée est restée

dans les tissus. La portion d'aiguille a d'abord été assez bien tolérée. Mais peu à peu elle a déterminé des douleurs de plus en plus vives, quand la malade appuj'ait sur la région autrefois blessée. Depuis quelque temps, les douleurs avaient pris Je caractère d'une névralgie s"irradiant dans l'avant-bras et dans le bras. T(>ut travail était devenu impossible.

Le jour même de l'entrée, je pratique sur la région douloureuse une incision assez profonde. En explorant avec la pointe de mon bistouri, j'arrive au contact d'un corps métallique, qu'il m'est ensuite très facile d'extraire. C'était la portion terminale d'une aiguille de grosseur moyenne, mesurant 1 cent. 1/2. L'acier avait une couleur noire et n'était pas rouillé.

Pansement phéniqué. Réunion immédiate.

Le 10 octobre, sortie de la malade.

Obs. 233. — D... (Arthur), âgé de 47 ans, infirmier, vient me consulter, le 9 novembre 1892, pour une aiguille qui s'était enfoncée dans la paume de sa main gauche. Il éprouvait de vives douleurs. La palpation ne faisait découvrir aucun point dur indiquant l'endroit où se trouvait le corps étranger.

Le 17 novembre. Ghloroformisation. Ischémie de la main et de l'avant-bras avec la bande de caoutchouc. Incision dans la paume de la main. Recherche longue et difficile de la portion d'aiguille. Enfin, celle-ci finit par être découverte et enlevée. Plusieurs artères de la paume avaient été coupées. Néanmoins, avant de faire cesser l'ischémie, je me bornai à appliquer un pansement phéniqué et à comprimer la main avec un bandage ouaté. Le bandage ouaté étant terminé, la bande élastique fût enlevée. Aucune hémorrhagie consécutive. Réunion immédiate.

Le 24, sortie de l'hôpital.

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