‹ Statistique & observations de chirurgie hospitalièreChapitre 86 sur 137 · XVI. — Ostéites et ostéomyélites · texte numérisé non relu

XVI. — Ostéites et ostéomyélites

„, ( 18 hommes : 7 traités, 11 opérés. } ,,

24 cas. ] n c A K 0 mort.

( 6 femmes : 1 — 5 — )

L'inflammation osseuse a occupé :

12 fois les phalanges (6 fois la première phalange, 3 fois la phalangine, 2 fois la phalangette, 1 fois plusieurs phalanges des deux doigts en même temps).

10 fois les métacarpiens (3 fois le premier, 4 fois le troisième, 1 fois le deuxième, 1 fois le quatrième et 1 fois plusieurs métacarpiens en même temps).

2 fois les os du carpe.

Ce sont les phalanges et les métacarpiens du médius et de l'annulaire, qui m'ont paru le plus prédisposés a 1 ostéite. ^ „, .,

Les os de la main gauche ont été plus souvent attectes que ceux de la main droite (15 ostéites à gauche, 9 a

droite). . , ,

Sur 24 malades, 15 avaient moins de vingt-cinq ans. L esi dire que l'ostéite a été, à la main, comme dans les autres parties des membres, l'apanage de la jeunesse.

L'ostéite spontanée a presque toujours été d'origine tuberculeuse. 4 fois seulement elle reconnaissait pour cause un traumatisme antérieur et 3 fois, un ancien panaris.

Les ostéites suppurées ont été de beaucoup les plus nombreuses, puisque j'en ai compté 19, parmi lesquelles (3 se compliquaient de nécrose. Les ostéites non suppurées n'étaient qu'au nombre de 5. «> » ,

Suppurée ou non suppurée, lorsque l'ostéite aflecte les phalanges, les doigts augmentent de volume en prenant la forme d'un fuseau. On a désigné, depuis longtemps, cet état morbide, surtout chez les enfants, sous le nom de spina venlosa, expression vague qui s'applique non seulement à la dactylite osseuse, mais aussi aux arthrites phalangiennes et même à certaines tumeurs des phalanges.

Chez 8 malades, des pansements et un traitement médical ont suffi pour guérir ou pour amender l'inflammation osseuse (2 guéris, 6 améliorés).

Chez 16 malades, une intervention chirurgicale m a paru

nécessaire ' 5 malades ont subi un évidement ou une résection de

phalanges; 5 guérisons. ^

7 malades ont subi un évidement ou une resection de

métacarpien; 6 guérisons, 1 récidive (obs. 259).

1 malade a subi une excision avec ablation d'os du

carpe ; 1 guérison.

2 malades ont subi une désarticulation de doigt-, 2 guérisons.

I malade a subi une cautérisation de l'os avec le thermocautère ; 1 guérison.

La durée moyenne du séjour dans le service a été de dix-neuf jours pour les malades non opérés, et de vingtneuf jours pour les malades opérés.

Obs. 259. — Osléite tuberculeuse du métacarpien du pouce; résection partielle ; guérison momentanée ; récidive. — Emile P..., âgé de 28 ans, exerçant la profession de découpeur sur bois, entre dans le service le 2 janvier 1883.

Bonne santé dans son enfance, sauf un abcès au cou à l'âge de dix ans. Les parents sont bien portants.

II y a deux ans, il a fait un effort assez grand avec le pouce droit pour soulever une pièce de bois, effort qui a déterminé la formation d'une petite grosseur à la face dorsale de ce doigt. Les mouvements étaient restés intacts, mais le pouce était plus faible. Le malade ne put travailler pendant six semaines, parce que son pouce avait trop de faiblesse pour saisir les objets. Il y avait très peu de douleur. M. Terrillon lui fit alors des pointes de feu, des badigeonnages de teinture d'iode et lui immobilisa le pouce pendant trois semaines.

Lorsque le malade reprit son travail, le premier métacarpien était plus gros, et les travaux de force étaient devenus impossibles.

Au commencement de novembre 1882, il se forma, sur la face dorsale du pouce, une tumeur peu douloureuse et fluctuante. Le malade continua à travailler, tandis que la tumeur grossissait peu à peu sans causer de douleur. Les mouvements du pouce étaient assez libres. La tumeur devient bientôt grosse comme un œuf de pigeon.

A l'hôpital, on voit, sur la face dorsale du premier métacarpien, une tumeur ronde, grosse comme un œuf de pigeon, fluctuante, transparente et non douloureuse. Le premier métacarpien paraît luxé en arrière du carpe, mais les mouvements des tendons du pouce sont libres. M. Polaillon fait une ponction avec l'aspirateur Dieulafoy, et retire vingt grammes d'un

liquide jaune, filant, dans lequel on a trouvé au microscope quelques médullocéles. On sent quelques craquements dans l'articulation trapézo-métacarpienne.

Le 8 janvier. Il n'y a pas eu d'inflammation consécutive à la ponction. Le liquide s'est reproduit en partie. M. Polaillon se décide à ouvrir le foyer, en avertissant le malade qu'il sera peut-être obligé d'enlever une partie du premier métacarpien qui est gros et parait atteint d'ostéite.

Le 10. Anesthésie par le chloroforme. Incision longitudinale de quatre centimètres sur la face dorsale du premier métacarpien. M. Polaillon tombe aussitôt sur des fongosités implantées sur l'extrémité supérieure du premier métacarpien, qui est augmentée de volume. Il enlève les fongosités avec la curette et il trouve dans le corps même de l'os une cavité remplie de fongosités. Résection de la moitié supérieure du premier métacarpien. Drain. Trois sutures. Pansement de Lister.

On avait donc affaire à une ostéite du premier métacarpien et le kyste, qui s'était formé, était dû à la sécrétion des fongosités développées sur l'os.

Le 12. Pansement. Pas de fièvre ni de gonflement. Réunion immédiate. On enlève une suture.

Le 15. On enlève les dernières sutures. Les mouvements du pouce sont assez faciles. Pas de fièvre ni de douleurs. Ou enlève le petit drain. Pansement de Lister. La main reste immobilisée sur une planchette.

Le 18. Nouveau pansement. Les bords de la plaie ne sont pas tout à fait réunis, mais il y a réunion immédiate dans la profondeur. L'éminence thénar, qui est restée un peu volumineuse, n'est pas douloureuse à la pression. Les mouvements du pouce sont assez faciles. On immobilise encore la main sur une planchette.

Le 22. Nouveau pansement. Le malade va très bien et sort avec un pansement de Lister. On met une bande silicatée sur le pansement pour immobiliser le pouce.

Le 1" février. Le malade revient pour faire changer son pansement. La plaie est guérie, mais l'éminence thénar est restée volumineuse. Pas de douleurs. Les mouvements du

pouce sont libres. On immobilise cependant le pouce en disant au malade de revenir dans huit jours.

Le 10. On trouve l'éminence thénar toujours assez volumineuse, mais il n'j' a pas de douleurs et le pouce a conservé tous ses mouvements. Il est impossible de reconnaitre, par le palper, l'absence d'une partie du métacarpien. Le malade va à la campagne et on lui recommande de ne pas se servir de son pouce pendant une quinzaine de jours.

Le 12 novembre. Emile P... rentre à la Pitié pour un abcès froid, qui s'est formé sur la face dorsale du premier espace inter-osseux, au niveau de la région opérée il y a dix mois. Incision de labcés. Issue d'un pus séreux avec des grumeaux. Pansement à l'iodotorme.

Le 28. Il sort presque guéri.

Le 12 décembre. Il est encore obligé de se faire admettre dans le service. L'abcès suppure encore. Les pansements à l'iodoforme sont continués.

Le 28. Il parait définitivement guéri.

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