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XXII. — Ankylosés

9 hommes : 7 opérés, 2 non opérés, 7 guéris. 1 femme : 0 — 1 — 0 —

Chez 3 malades, l'aokylose affectait tous les doigts, qui étaient iafléchisen griffe. Non seulement les articulations étaient soudées, mais les tendons étaient aussi fusionnés avec leur gaine. Celte déformation, qui avait été produite par un plilegmon depuis longtemps guéri, m'a paru incurable. La main pouvait rendre les services d'un crochet naturel. Il était plus avantageux, pour ces malades, de rester dans le statu quo, que de subir une opération ou une amputation qui n'aurait pas amélioré leur situation.

Mais il n'en était plus de même chez 7 autres malades affectés d'une ankylose d'un seul doigt. Dans ces cas, le doigt ankylose, dans la position étendue ou dans la position fléchie, était une gêne pour les fonctions de la main. Les malades venaient à l'hôpital pour en réclamer la suppression, et, en effet, l'amputation de cet appendice inutile était indiquée.

Ces ankylosés monodigitales étaient le résultat de panaris profonds (3 cas), de plaies contuses (2 casj. J'en rapproche 1 cas de fracture avec cal vicieux de la phalange (obs. 290) et 1 cas dans lequel l'articulation phalango-phalanginienne ankylosée angulairement donnait au doigt l'aspect d'un orteil en marteau (obs. 291).

Les opérations faites pour les ankyloses monodigitales furent :

1 amputation dans la continuité du métacarpien;

4 amputations dans la continuité de la première phalange ;

1 désarticulation phalango-phalanginienne ;

I résection plialangienne.

II est inutile d'ajouter que tous les opérés guérirent rapidement.

Obs. 290. — Cal vicieux de la première pJi al ange; immobilité du doigt ; amputation; guêrison. — Bernard L..., âgé de40ans, maçon, est admis dans mon service le 28 janvier 1891. A la suite d'un écrasement de l'annulaire droit, traité irrégulièrement il y a plusieurs mois, cet homme a un cal vicieux de la première phalange. En outre, les tendons fléchisseurs sont détruits ; le doigt, raide et sans mouvement, ne peut plus rendre aucun service.

Le 13 février. Chloroformisation . Amputation de l'annulaire dans la continuité delà première phalange. Réunion immédiate.

Le 26 février. Exeat.

Obs. 291. — Anhylose angulaire de l'auriculaire, lui donnant la forme d'un orteil en marteau ; résection phalan g ienne ; guérison. — Edouard L..., âgé de 20 ans, menuisier, arrive dans mon service le 25 avril 1892, avec une déformation singulière de l'auriculaire gauche. Depuis une époque qu'il ne peut déterminer, son doigt s'est infléchi à angle droit dans ?on articulation phalango-phalanginienne et s'est aukylosé dans cette position. ).a phalangette, au contraire, est étendue et un peu renversée en arriére. Les mouvements: de l'articulation métacarpo-phalangienne sont libres. Dans son ensemble, le doigt a l'aspect d'un orteil en marteau.

Le 15 mai. Après avoir anesthésié le doigt avec la cocaïne, je pratique la section sous-cutanée des tendons fléchisseurs. Je cherche à redresser le doigt, mais je n'y parviens qu'incomplètement. Immobilisation du doigt avec un petit appareil plâtré.

Le résultat est nul.

Le 10 juin. Je décide d'opérer ce doigt par la résection articulaire comme un orteil en marteau. Le patient esc endormi par le chloroforme. Ouverture de l'articulation et résection de l'extrémité inférieure de la première phalange avec udg pince coupante. Le redressement du doigt est alors facile. Suture de l'incision et du tendon extenseur avec deux crins. Attelle pour maintenir le redressement et rimmobilité.

Le 28 juin, l'opéré sort guéri. Son petit doigt est bien redressé. Il commence à exécuter quelques mouvements au niveau de l'articulation réséquée.

XXIIL — Malformation par contracture musculaire.

9 (, 1 homme : i Irai Lé, 1 guéri. \ 1 femme : 1 — 1 —

Ces malformations sont analogues au pied bot hystérique (p. 88) et à la coxalgie hystérique (p. 361). Elles étaient le résultat d'un traumatisme chez des sujets hystériques (obs. 292) ou prédisposés aux accidents nerveux par l'intoxication alcoolique (obs. 293).

Obs. 292. — Longue durée dune contracture des interosseux palmaires à ta suite dune contusion du poignet chfz une jeune fille présentant des signes d'hystérie. — Uue jeune domestique de 18 ans, Amélie B..., a subi une contusion du poignet droit, il y a deux mois. Elle entre à la Pitié le 13 novembre 1889. Depuis sa contusion, elle n'a plus la liberté des mouvements de sa main. Les doigts sont tassés contre le médius ; le pouce est rapproché de l'axe de la main. La malade ne peut jIus les écarter. Les mouvements d'extension et de flexion sont incomplets. La main a une forme vaguement conique, et le creux palmaire est exagéré. Lorsqu'on cherche à écarter les doigts, on ne peut y parvenir, et on provoque des douleurs dans le creux de la main. La malade ne peut plus coudre ni lavei*; en un mot, elle ne peut plus se servir de sa main droite.

Il n'est pas difficile de reconnaître que ces phénomènes sont

produits par une contracture des muscles interosseux palmaires. C'est la contusion et l'entorse du poignet qui ont causé la contracture musculaire chez une jeune fille prédisposée à l'hystérie. Bien qu'Amélie B... n'ait pas eu d'attaque d'hystérie jusqu'à présent, elle présente une hémianesthésie pharyngée très manifeste, et elle a des plaques d'anesthésie sur la peau.

J'institue un traitement par le repos, les massages, les douches, le bromure de potassium.

Le 21 novembre. Une semaine après son entrée, la malade veut sortir de l'hôpital. La contracture des interosseux palmaires était dans le même état.

Amélie B... fut perdue de vue pendant trois ans et demi.

Le 6 juillet 1893, elle revint me voir à l' Hôtel-Dieu, où elle entra dans mon service. La contracture des interosseux palmaires n'avait pas disparu.

Depuis 1889, la malade s'était servie tant bien que mal de sa main pour remplir ses fonctions de domestique, attendant que le temps amenât une guérison ou une amélioration.

Il n'en avait rien été. Non seulement la contracture persistait, mais la main avait été afîectée de troubles circulatoires et trophiques. La température était moins élevée que celle du côté opposé. Les doigts étaient eiiilés ; la paume était amaigrie. Pas d'éruption ; pas de lésion des ongles.

L'hémianesthésie pharyngée était toujours la même, mais de véritables crises d'hystérie ne s'étaient pas produites.

Un peu étonné de la durée de cette contracture, je voulus savoir quelle serait l'influence du sommeil par le chloroforme. Or, pendant le sommeil chloroformique, la contracture disparut. Elle se reproduisit au réveil.

Je soumis la main à des frictions, à des massages et à des élec Irisations par des courants faradiques. Ces moyens donnèrent un bon résultat.

Le 11 août, Amélie B... était presque guérie. Elle faisait mouvoir ses doigts; mais elle ne pouvait encore les fermer complètement.

Obs. 293. — Contracture de textenseur du 'petit doigt à la

suite cV un traumatisme. — François B..., âgé de39ans,exerçaat la profession de palefrenier, reçut, le 15 octobre 1884, un coup de pied de cheval, qui porta sur sa main gauche et lui fit une petite plaie contuse à l'annulaire. A la suite de ce traumatisme, le petit doigt perdit ses mouvements.

Le 8 novembre, à son entrée dans mon service, je constatai que la première phalange du petit doigt était dans l'extension forcée, relevée sur la face dorsale de la main, que la deuxième phalange était légèrement fléchie, et que la troisième phalange était dans une flexion très marquée. Le petit doigt avait la forme d'un crochet et le malade ne pouvait le mouvoir, ni changer cette attitude, qui durait depuis trois semaines. II y avait en outre une douleur le long du bord interne de l'avantbras, et cette douleur augmentait lorsqu'on imprimait au doigt des mouvements artificiels.

En présence de ces symptômes, il était facile de diagnostiquer une contracture hystéro-traumatique de l'extenseur propre du petit doigt. Cependant, cet homme n'était pas hystérique, mais il était adonné aux boissons alcooliques, et je considère l'alcoolisme comme une cause prédisposante à ces contractures au même titre que l'hystérie.

L'électrisation fut employée chaque jour.

Le 17, le malade sortait guéri.

B. — Malformations congémtales

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