‹ Statues et statuettes contemporainesChapitre 4 sur 13 · LÀ PRINCESSE · texte numérisé non relu

LÀ PRINCESSE

Sand, la comtesse d'Agout (Daniel Stern) et quelques autres, de ce petit nombre de femmes qui laisseront un nom sérieusement politique dans Fhistoire de leur temps. Autrefois l’Italie eut fait d’elle un ministre ou un général d’armée. Fille du marquis Trivulce et de la marquise Gherardini, son nom est inscrit en tête du livre d’or de la noblesse italienne. Son âge est quarante-un ans : je le dis brutalement et sans plus de galanterie qu’un almanach de Gotha. Tant pis, ma foi. On a vu d’elle, à l’un des derniers salons du Louvre, un superbe portrait par Henri Lehmann : cheveux noirs, œil noir, lèvre ardente, grâce et fierté, esprit et force. Cette harmonieuse toile a inspiré à l’un de nos poètes les plus distingués, M. Auguste Desplaces, les strophes suivantes :

Qui contempla ce front bien fait pour un musée Dans ces grands yeux pensifs reviendra lire encor.

Tant cette belle femme est gravement posée Sur son escabelle à clous d'or.

D’aussi beaux cheveux noirs, couronnés d’une tresse, Eurent-elles jamais bandeau plus opulent,

Ces muses qu’on voyait, au doux pays de Grèce,

Fouler les vallons, d’un pied blanc ?

La princesse de Belgiojoso a toujours eu le privilège d’occuper la curiosité parisienne. Individualité multiple, Protée en robe de soie, elle a échappé jusqu’à ce jour aux impertinences des biographes, et le public en est toujours resté sur son compte aux seules suppositions.

Il y a dans la rue du Montparnasse , au milieu des arbfes, un hôtel splendide; c’est le sien. Une porte en

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