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DÉCORATION DES STÈLES

Les stèles sont rarement nues. Certaines, surtout les tabulaires, sont entièrement ornées d’entrelacs, — les plus anciennes et les plus belles, d’entrelacs empruntés à la décoration extérieure des minarets. Mais, d'une manière générale, la décoration des stèles tabulaires à Salé comporte deux éléments essentiels : un encadrement et un ou deux arcs inscrits. Parfois, comme à Rabat, le cadre fait défaut. De toute façon, l'arc reste le décor le plus fréquent.

L’encadrement, surtout dans les stêles les plus . ossières, est formé de rangées parallèles de hachures, de chevrons ou de traits croisés, de petits trous forés en quinconces, parfois de rinceaux à palmettes, rosaces ou doubles spirales inversées.

L’arc inscrit, que l’on appelle à Fès, en arabe {qouisa, n’est autre que la figuration linéaire de l’arc à plein cintre outrepassé dit en « fer à cheval », ou de son composite l’arc polylobé qui est, comme l’on sait, un des principaux motifs de l’architecture arabe du Moghreb (1). D'une manière presque générale, une seule {qouisa figure sur la stèle de tête, tandis que la stèle des pieds en compte presque toujours deux. Dans les stèles de beau style, cet are est régulier, c’est-à-dire construit selon les procédés géométriques connus. Il est gravé en traits fortement incisés, ou évidé à l’intérieur. Dans de moins bons exemplaires, il s’allonge

(4) L'are polylobé, resté Pare tradilionnel des mihrab moghrebins, doit sans doute à cela d’être si employé dans la décoration des stèles tabulaires de Salé, de Tlemcen et d’ailleurs.

Pr. II

Fig. 6 (1). — Haouch de pierres sèches, badigeonné de chaux, avec témoin et petit autel à parfum (Salé, Sidi Qleftoh).

Fig. 6 (2). — Haouch avec murette bâtie (Salé, route de Tiflet).

parfois en losange, plus facile à dessiner (pl. XE, n° 2), ou prend une forme vaguement ogivale ou elliptique. Parfois encore, il se réduit à un simple triangle surmontant un rectangle très allongé (pl XXXIX, n° 10): plus rarement cette partie triangulaire disparaît et le rectangle simple ou double reste le seul ornement.

L'arc inserit simple ou double, modifié ou non comme il vient d’être dit, figure aussi, mais avec moins de fréquence, sur les discoïdes irréguliers, jamais sur les discoïdes au contour parfaitement circulaire.

Nous reviendrons, plus loin, sur les origines de la /qouisa et de ses multiples variantes. Disons, pour le moment, que dans de très nombreux cas, elle n’est autre chose que la figuration linéaire d’une stèle discoïdale.

Les autres motifs décoratifs le plus souvent relevés se ramènent à quelques thèmes peu nombreux. Ils figurent, dans la plupart des cas, en creux ou en relief à l’intérieur de l'arc inscrit. Mais on peut les rencontrer seuls ou en combinaison sur des stèles de toutes formes.

Etoile ou rosace. — Ce motif dérive de la division du cercle par des sécantes ou des diamètres se coupant. L'étoile à six branches (formant deux triangles équilaléraux entrecroisés) est particulièrement facile à tracer par un artisan quelconque : c’est ce qui explique la fréquence de ce signe prophylactique dit sceau de Salomon sur les tombes, sur les portes et ailleurs. L'étoile à cinq branches, plus difficile à dessiner, est extrêmement rare. Par contre, la rosace à cinq feuilles s’observe assez souvent, sans doute par imitation de la fleur. Etoiles et rosaces constituent la décoration des discoïdes réguliers (pl. XLIV). l

Croix. — La croix figure dans quelques exemplaires de stêles tabulaires du -cimetière de Sidi Bel ‘Abbès (Salé), isolée ou par groupe de trois, incisée dans le champ de la stèle délimité par des traits parallèles (pl XXXVIL n® 7 et 8; pl. XXXVIIL, n° 10). À Rabat, ce motif, rare également, est inscrit dans une série de cercles concentriques (pl. XLI, n° 2).

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