SCENE IV
STELLA, THÉODORE, à la fendre.
Stella lui fait signe de ne pa« v montrer avant que Muller aoit éloignée.
THÉODonE, à la fendre. Enfin les voilà partis.
Stella. C'est comme ça que vous travaillez vos mathématiques, monsieur? je vous en fais mon compliment.
THEODORE. Il fait lit bien promettre quelque chose pour me débarrasser de Fritz. Je descends, et nous allons finir le joli roman que nous avons commencé hier.
Il quille te hslron.
STELLA. Oui, c'est cela. ( Allant chercher un volume quelle a niché tous le l/anc de pierre dune une cnrlnilteà ouvrage, et s'asseyant.) Nous en étions à la page lt)9.
Elle fvuillette lelivre. tri on enlcml Théodore secouant la po-t* du putillon,
THÉODORE, en drdane. Maudite porte!
STEl.l.A, te levant. Eli bien ! pourquoi ne viens-tu pas?
Théodore. Oh ! c’est une indignité!
Stella, te lerant Qu’as-lu dune?
Théodore. Ce vieux traître de Fritz a mis les deux touis... impossible de sortir I
STELLA. Pauvre Théodore, il n'aurait pas pu nous rejoindre. Comme c’est heureux que maman ait refusé de m'emmener !
Théodore, reparaissant d la fendre.
Enfermé comme un enfant ! Moi , Théodore de Rirca, qui vais être sous-lieutenant, enfermé ici quand lu es là... oh I
Stella. Ohl c'est aiïreux te mettre
sous clef à ton âge. (Riant.) Ha 1 ha ! bal ha 1
Théodore. Tu ris.
Stella. Du tout je te plains... je me
désole avec toi. ( Eclalant.)üa ! ha! bal
tiieodore Encore I
Stella. C'est que tu fais une figure ai drôle sur ce balcon 1 Ha I ha 1 h» t
THÉODORE. Stella!
STELLA. Ne te fâche pas, je vais m'asseoir là et lire notre roman.
Théodore. Sans moi!
STELLA, allant s'asseoir. Viens alors.
Théodore. Mais puisque je suis enfermé.
STELLA. A ta place , utui , je serai* déjà descendue.
Théodore. Comment?
Stella/ J e ne sais pas... mais pour rien au monde je ne resterais là perché comme un perroquet sur son bâton.
Théodore. Puisque tu le prends sur ce ton 1 1 , je vais...
Stella. Quoi faire ?
Théodore. Pardieu! sauter.
STELLA. Il se tuerait Théodore!
rentre vile... j’entends Fritz.
Théodore. Oh ! le vieux drôle va me payer le lunr qu'il m'a joué.
STELLA. Rentre vite. ( Théodore rentre , Fritz traverse la scène un peu vivement.) Ou allez- volt* dune si vite, monsieur Fritz?
FRITZ. Ali ! c’est que pour tailler le grand espalier, avant que les grosses gelées arrivent, j'ai besoin de mon échelle.
Il dUparalt.
Stella, à part, line échelle!... Si j’essayais... ( A Théodore gui à reparu ) Laissemoi faire et ne me perds pas de vue.
Rature Frill portant une longue échelle.
fritz. Lit bien, petite, voulez-vous venir avec mut ? vous me regarderez, cela vous amusera.
STELl.A *. Vous êtes bien bon , mais maman m’a défendu de bouger d'ici, et je ne désobéis jamais à maman ; par exemple si vous étiez gentil vous resteriez un peu avec moi.
fritz. Non... non... mes garçons m’attendent là-bas.
STELLA, s'appuyant sur son épaule. Vous prendrez bien le temps de me donner des nouvelles de Tonio, votre fils. Est-il toujours aussi espiègle? demandc-t-il toujours à grandir? le pauvre garçon à sou dernier voyage était désolé d'étre plus petit que moi.
fritz. Ob ! plus petit. ..
Stella. Oui. ..oui, plus petit! nous nous sommes mesurés là le long de ce mur. (F/le indique te pavillon.) Tenez, voilà la marque que Théodore a faite.
fritz. Allons donc !
STELLA , se mettant le long du mur presgu au dessous de la fenêtre. Voyez plutôt.
fritz, s'approchant. Oh! monsieur Théodore a triché |tour vous; mais si je mesurais moi- même, je suis sûr que Tonio l'emporterait, et de beaucoup.
STELLA
Stella. Je parie que non.
fritz. Pardieu, nous allons voir.
Il appuie son échelle sur le balcon Je la croisée.
Stella. Tout de suite, si vous voulez.
Théodore, qui a reparu sur le balcon, aperçoit l'échelle et s'apprête à descendre. Stella, pour occuper Fritz , remue, ou se lève sur les pointes.
rRlTz. Oui, mais ne parlons pas si haut; monsieur Théodore pourrait nous entendre, et ça lui donnerait des distractions. Ne bougez pas.
STELLA, regardant en l'air. Immobile!
FRITZ. Vous a\cz remué la tête.
STELLA. Regardez bien la marque.
FRirz. Je ne la distingue pas.
Stella. Là T... au-dessus de ma tête.
Voyez- vous T
Pendant q*ie Stella appelle l'attention de Fritz, Théodore descend.
FRITZ. Je ne vois rien du tout niais
avec ma serpette je vais vous prouver...
Il marque sur la mur.
Stella, élevant la voix. Est-ce fait?
FRITZ, marquant. Oui.
Théodore , sautant à terre. Oui.
Il entre dans la coulisse au-lessus du pavillon.
fritz, te retournant. Hein ?
Stella, finement, quittant la place. Mil c’est affreux !
fritz. Quoi donc?
STELLA. Je suis plus grande que ça.
fritz. L'avantage esl à Tonio, j’en étais sûr... Pourtant je dois avouer qu'il faut y regaiderde près; mais j’ai un nul de lynx, comme on dit , rien ne m'échappe.
THÉODORE, allongeant la télé. Excepté moi.
STELLA , qui se dispose à s'asseoir et à reprendre ton livre. Adieu, monsieur Fritz.
fritz. Comment, adieu?... vous ne voulez doue plus causer?
STELLA. Vos garçons vous attendent.
FRITZ, reprenant son échelle. Allons, sans rancune, petite. Madame va descendre au verger, et il faut qu’elle me trouve à la besogne... Sans rancune.
llafnporlc «on échelle a» sort à gauche, derrière la petit bâtiment. Théodore, qui e»t caché h droite, *u-iie**us du pavillon, reparaît.