‹ Stella drame en cinq actes et six tableauxChapitre 39 sur 79 · CHRISTINE, JOBIN · texte numérisé non relu

CHRISTINE, JOBIN

Christine. Monsieur Jobin !... si près de moi!...

jobin. Ça| vous étonne?... O Christine!

vous n'avez donc pas lu mes lettres?

Christine. Vos lettres... vous m’avez écrit?

jobin. Trente-trois fois depuis la semaine dernière... ce gros Prussien qui était ià tout à l’heure s’était chargé de...

Christine, ii aura craint de se compromettre. Si vous voyiez la terreur que M.

d'Oshorn inspire à ceux qui l’entourent!

jorin. Burl m'a pourtant promis de me faire avoir un emploi dans la citadelle.

Christine. Il s'est moqué de vous... heureusement ; car vous ne savez pas ce que c’est que de vivre là-dedans.

jorin. Je sais que je serais auprès de vous, et ça me suffit.

Christine. Pauvre garçon... il n’y a que les Français pour aimer comme ça !...

"OBIN. Aussi je suis décidé, maintenant, h accepter la place que M. Rurl me proposait tout à l'heure.

Christine. Quelle place?

jobin. Celle d'un monsieur qu'on doit pendre dans la soirée.

Christine. Remplacer un geôlier... vous!

jobin. Je me présenterai d'abord comme surnuméraire... et je ne demanderai que vous pour appointements.

* Burl, Jobin. Christine.

STELLA

Christine. Mais cette place est promise...

donnée.

joiîin. Déjà!...

Christine. Le geôlier en chef a reçu dernièrement une leitrc de sa famille. Dans celle lettre on lui annonçait que son neveu et filleul, qu'il u'avait pas vu depuis son baptême, était si vicieux, si méchant, qu’on ne savait qu'en faire; que, de plus, ce petit garnement était devenu muet par suite d'accident... Méchant et muet, c'était là un excellent fond de geôlier... aussi le petit mi- «érahle a-t-il été proposé à M. d'Osbom , qui l'a accepté pour faire un service spécial dans la grande tour où sont enfermés les prisonniers d'état, et on attend ce muet aujourd'hui on demain. *

jorin. Eh bien, Christine, puisque je ne puis pas entrer dans ce maudit château, sorlez-en ; venez avec moi à Paris, rue Quiucampoix... Une fois arrivés, nous nous mettrons à l'ouvrage tout de suite... nous ferons des éventails pour tout le monde... et quelques petits Jobins pour nous.

Christine. Merci, monsieur Jobin ; vous êtes bien gentil, mais ça ne se peut pas.

Depuis trois mois que je suis au service de M"“ d'Osbom, je n'ai pu la voir si bonne, si malheureuse , sans l'aimer; et je lui ai promis de ne la quitter jamais.

jobin. Jamais... c’est bien long... n’importe, j'attendrai.

Christine. J'entends du bruit. [Indiquant la droite.) C’est M. d'Osboru... qu’il ne vous voie pas avec moi... partez vite.

Jobin. Si je tn'cn vas, c'est uniquement pour vous obéir; mais, Christine, je vous reverrai. ..demain... ce soir... On aura beau fermer les portes, je passerai dessus, dessous, ou au travers.

11 tort ptr ta gaucha. Auuitât la aorlie de Jobin, Christine ▼* i la cheminé*. Burll, qui entre par la droite, avec lw deui Soldait, aide Christine à placer la table près du f«j. On approche également l'escabeau, queChri*tine couvre avec le manteau qu'elle a apporté. Parait alors M. d'Osbom , donnant le bras à Marie, qni marche lentement et parait souffrante. Les Paysans suivent et restent au fond. Mane vient s'asseoir près de la table. Christine a pris dans son panier le verre et le flacon, elU emplit le verre et le donne à M. d'Osbom t qui le présente à Marie.

Page 1