SCÈNE XII
ERNEST, puù MARIE.
ERNEST. Mon Dieu I qui m'avez envoyé cet ange, vons veillerez sur lui... Comme Stella, je mets tout mon espoir en vous, seigneur!
(Il rentre dans le cabinet et en sort bientôt avec la corde qu’il va attacher au balcon: tout à coup il s’arrête) N’ai -je pas entendu?... oui... quelqu’un vient de ce côté. . . . évitons les regards. (Il va rentrer dans le cabinet.) Et Stella.... et ma fille.... il faut qu’elle me retrouve ici.... Ohl si prés de la délivrance, je ne reprendrai pas volontairement mes chaînes. Malheur à celui qui se placera sur mon passage 1 comme tout obstacle , je le renverserai. ( Apercevant la hachette que Jobin a laissé tomber. ) Cette
arme oh! je ne redescendrai pas vivant
dans mon cachot.
11 m retire au fond.
marie, sortant de sa chambre et gagnant la droite. Christine arrivera-l-cllc à temps*? ERNEST. Une femme !
marie, effrayée à la vue d' Ernest armé.
Ab ! du secours !...
ernest, la saisissant et la renversant sur le canapé. Silence, malheureuse !
Marie, la tète renverse en arrière, laiase voir son viaage. Ernest, jette sa hache, regarde Marie et recule de surprise.
marie, le regardant à ion four et se relevant. Oh !
ernest. Marie!
marie. Ernest 1 ( Ils te jettent dans les bras l’un de l'autre .) Mais d'où viens-tu ?
sors-tu de la tombe?
ernest. Oui!.... car c’est une tombe que ce cachot, où, depuis seize années, je gémis vivant!...
marie. Ici!... depuis seize ans!... 0 mes pressentiments... ô mes rêves!...
ernest. Mais toi?...
marie. Depuis seize années aussi, voilà ma prison.
ernest. Comment?
marie. L'homme à qui le roi m’a donnée, c'est le comte d’Osborn !
ERNEST. Mon geôlier!
MARIE. Et qui l’a fait libre?
ernest. Ou ange venu du ciel, un enfant... le nôtre, Marie!...
marie. Stella ! elle vit?
Ern*t' , Marie.
ernest. Oui, mais la mort qui plane sur ma tête est à présent suspendue sur la sienne, une minute de retard peut nous perdre tous deux.
marie. Oh ! fuyez alors.
ernest. Cette route, quelque périlleuse qu’elle soit, est la seule qui nous reste. Stella veille de ce côté (il montre le fond) ; mais par ici ne peut-on venir nous surprendre ?
Il indique l’appartement de Marie.
marie. Au fond de cet appartement une porte conduit chez d’Osborn. Je cours fermer, barricader cette porte, puis je reviendrai. Je la verrai, n’est-ce pas... oh! je ne veux pas mourir sans l'avoir embrassée.
Elle rentre dans sa rhambr»*. Au même instant, Stella parait au fond.