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CHAPITRE PREMIER GRENOBLE

de Beyle a l’égard de Grenoble et du Dauphiné. — Le caractére is. — Vie de Henri Brulard. — Quelle créance elle mérite. — Les rs Ae Beyle. — Son pére et sa mére. — Le docteur Gagnon. — L’oncle Romain. — La tante Séraphie. — La grand’tante Elisabeth. — Aristocratie. — Souvenirs d’enfance. — Les Granges et les Echelles. — L’abbé Raillane. — Beyle enfant de chceur. — Son pére notoirement suspect. — Le bataillon spérance. — Lectures. — Rousseau. — Mlle Kably. — Victorine lion. — Camarades. — Querelle avec Odru. — L’école centrale de Gree. — Les professeurs : Berriat Saint-Prix, Durand, Dubois-Fontanelle, vet, Gattel, Jay, Trousset, Villars, Dupuy de Bordes. — Succes scos. — Le géometre Gros. — Premier prix de mathématiques. — Depart oar Paris. — L’Ecole polytechnique.

Ii n’aimait pas Grenoble, qui ne rendait pas justice a son rite : Grenoble lui faisait horreur, lui faisait « mal au cceur»,

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les Périer et les Mallein, au milieu des bals et des fétes du carnaval, il se divertit et s’amusa follement. II finit. par reconnaitre que Grenoble est le pays de la finesse et du patriotisme éclairé, une ville qui s’éleéve au-dessus des préjugés environnants parla raison profonde comme Bordeaux par les saillies de l’esprit : « On sait lire, écrit-il, dans la patrie de Montesquieu et dans celle de Barnave », et il loue, il déclare unique dans l'histoire de la Révolution la défense que Grenoble opposa le 6 juillet 1815 aux troupes piémontaises.

fl affectionna toujours le Dauphiné, les montagnes, « témoins des mouvements passionnés de son ceeur », la vallée du Grésivaudan au nom baroque, et il a dit que le genre ennuyeux semble banni de cette région de la France, qu’on ferait sur elle des volumes si l’on cédait a la tentation de parler de tout ce qu’elle a de beau, de ses groupes d’arbres, de la végétation * luxuriante de sa plaine, des jolis bois de chataigniers qui garnissent ses coteaux, « du grand caractére qu’impriment a tout cela les neiges éternelles de Belledone ». Les personnages de son Armance, les Malivert, Mmes de Claix et de Seyssins, le domestique Voreppe ont des noms de yillages dauphinois. Il fait le plus chaud éloge de ses compatriotes Mounier et Bar-

nave : l'un avait plus de science et préconisait le systeme anglais; l'autre, plus éloquent, fougueux, un peu paresseux, était un héros qui ne commit des fautes que sous l’empire de la passion et qui refusa de s’évader de sa prison parce qu’il avait foi dans la liberté dont il était l'un des fondateurs.

Kn plusieurs passages de ses ceuyres il a dépeint complaisamment le caractére dauphinois. Il le juge vif, ferme, opi-. | niatre, raisonneur, sagace, et il cite comme représentants et types de la race cet astucieux Lesdiguiéres que le duc de. Savoie comparait au renard, et Casimir Périer, qui sayait youloir sans étre troublé par l’approche du danger. Méme dans Vamabilité des dames de Grenoble il discerne un fond de bon sens et de malice qui souvent embarrasse. « Ce pays de Dauphiné est resté une demi-république; on ne s’y soumet guere . aux vérilés qui arrivent toutes faites de Paris; dans ces monta- gnes couvertes de neige six mois de l'année, comme on est

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