‹ Stendhal-Beyle;Chapitre 52 sur 74 · DECLARATION DE BEYLE SUR L’AFFAIRE DU 24 MAI · texte numérisé non relu

DECLARATION DE BEYLE SUR L’AFFAIRE DU 24 MAI

M. de Beyle, auditeur au Conseil d’Etat, fait la déclaration suivante :

Se trouvant le 24 mai 1813, au matin, au convoi des voitures du quartier général, a entendu crier aux Cosaques, et sur-le-champ M..., capitaine, membre de la Légion d’honneur, employé a la direction du convoi, demanda avec sollicitude aux soldats si leurs armes étaient en état. M. de Beyle s’est approché du groupe de soldats qui était environ A cinquante pas de la téte du convol, pour voir si leurs armes étaient en état. Ces soldats avaient lair troublé et mettaient peu d’activité a leurs mouvements. Le soussigné a été frappé de leur petit nombre. L’officier, membre de la Légion @honneur, dont ila été question, est venu prendre quelques soldats pour les mener a la queue du convoi. La fusillade a commencé. Le soussigné s’informant de la direction que prenaient les Cosaques et de leur nombre, il lui a été généralement répondu qu ils étaient au nombre de vingt-cing ou trente. Le soussigné, se trouvant prés d’un petit chemin qui traverse le village 4 gauche de la route et pensant que les Cosaques pourraient penétrer par cette route, y a fait une centaine de pas. Comme il revenait au grand chemin traversant le village et sur lequel le convoi stationnait, ila trouvé M..., chef de bataillon au service de S. M. le roi de Westphalie, qui entrait dans le petit chemin avec trois ou quatre soldats qu il allait placer en vedette. Le soussigné, revenant a la téte du convol, y a trouvé les gendarmes qui ne paraissaient pas s’en étre écartés. Il a appris alors que S. EK. M. le duc de Frioul avait été gardé dans ce village par quelques compagnies. II s’est tenu depuis ce moment ou il pensait qu’on ne courrait plus aucun risque, sur le flane des voitures, le long dun ruisseau assez profond qui borde Ja route 4 gauche en venant a Gérlitz. Le soussigné a appris qu’un employé des bureaux de S. E. M. le ministre secrétaire d’Etat avait eté griévement blessé. Il résulte de exposé ci-dessus que le soussigné, se trouvant dans une voiture vers la téte du convoi lorsque lattaque a eu lieu, n’a rien vu important.

Gorlitz, le 24 mai 1813.

De Beyre, auditeur.

Page 1