LETTRE DE BEYLE A SA SOEUR
Cette lettre inédite, qui nous est communiquée par M. Stryienski, met hors de doute l’entretien de Napoléon avec Beyle. On y re-
marque la colére de l’auditeur contre son pére (le batard) qui refuse de lui constituer un majorat et, par 1a, de lui obtenir la B. (la baronnie). Les mots « prends la baronnie» signifient sans
doute que Pauline doit néanmoins donner a son frére le titre de
baron. Beyle recommande 4a sa sceur de lui écrire sous le couvert de M. Meneval. |
Glogau, le 9 juin 1813.
Ma chére amie, je suis en marche pour mon gouvernement de Sagan. Je ne me suis pas ennuyé depuis que j’ai quitté le quartier général et la cour. Chaque jour le billet de logement me donne entrée a une comédie différente. Jaime a tomber ainsi au milieu de sept a huit personnes. Le lendemain, quand je pars, je suis déja aimé et hai, et j’ai eu la vue de deux ou trois caractéres différents.
Je suis outré de la conduite du batard. Je le lui ai écrit. Si j’avais eu la B., je serais mieux. I] y a huit jours que j’aie eu une longue conversation avec S. M. Prends la Bi et écris-moi toujours sous Venveloppe de M. M*. J’ai grand tort de dire toujours. Tu ne t’en es jamais servi.
VALLIER, caporal.
Madame Pauline Périer, en sa terre de Tuélins, prés la Tour du
Pin, & la Tour du Pin, dép. de UIzére.