‹ Stendhal-Beyle;Chapitre 55 sur 74 · PROCLAMATIONS DE 1814, CONTRESIGNEES PAR BEYLE · texte numérisé non relu

PROCLAMATIONS DE 1814, CONTRESIGNEES PAR BEYLE

Le Stnateur, comte de Empire, commandant de la Légion d’honneur, grand-croix de ]’ordre impérial de la Réunion, commissaire extraordinaire de Sa Majesté,

Aux propriétaires et habitants de toutes les classes de la 7¢ division militaire.

Je viens, braves habitants de la 7° division militaire, mes chers compatriotes, vous apporter des consolations et des espérances de paix qui ne tarderont pas A se réaliser, et dont le succes tient A votre conduite et 4 l’attitude que vous aurez dans Ja circonstance critique ou se trouve une partie de cette division militaire.

La paix est le voeu général de la France, lEmpereur la désire aussi vivement que vous, et fera tous les sacrifices compatibles avec Ja dignité de la nation et celle de sa couronne. Vous vous rappelez que, dans son discours au corps législatif, il a dit: « Monarque et pere, je sens ce que la paix ajoute a la sécurité du trone et a celle’ des familles. » Vous ne devez donc pas douter que les yoeux du prince ne soient d’accord avec les nétres. Ayons de la confiance et rendons-nous dignes de ce bienfait.

Les bases des préliminafres de paix ont été proposées par nos. ennemis; ils ont donc jugé qu’elles ne leur étaient pas défavorables ; peut-ctre espéraient-ils que l’Empereur les refuserait, mais la France, au contraire, les a acceptées sans discussion, sans modification.

Réunissez donc tous vos efforts, mes chers compatriotes; la patrie,. honneur vous appellent. Vous ne souffrirez point que votre territoire devienne la proie de l’étranger. Ralliez-vous a la voix de vos fonctionnaires civils et militaires qui jouissent a juste titre de la’ confiance du gouvernement, de la votre et de la mienne, Empressezvous d’offrir tous les sacrifices qu’exige la défense des frontiéres,

A Grenoble, le 6 janvier 1814.

Lr COMTE ' DE Sarnt-VALLier.

Dauditeur au Conseil d’Etat, De Bey te,

Lr SENATEUR, etc.

Considérant qu'il est nécessaire de donner un chef aux gardes nationales, aux corps francs et aux levées en masse qui s’organisent pour expulser l’ennemi du territoire de la 7° division militaire; quil est important que ce chef réunisse la confiance des citoyens et des talents militaires éprouvés ;

Vu Vurgence,

Arréte:

ARTICLE PREMIER. — M. le général de division comte Marchand, grand-aigle de la Légion d’honneur, est nommé commandant en chef des gardes nationales, corps francs et levées en masse qui seront organisées dans les départements du Mont-Blanc et de I’Isére.

Art. 2. — M. le général Marchand est invité 4 se concerter avec M. le général Laroche, commandant la 7° division militaire.

Art. 3. — Les autorités civiles et militaires obtempéreront aux demandes qui leur seront faites directement, dans les cas d’urgence, par M. le commandant en chef; ces demandes devront ultérieurement étre soumises a l’approbation du commissaire extraordinaire de Sa Majesté.

Art. 4. — MM. les préfets des départements du Mont-Blanc et de V'Isére sont chargés de l’exécution du présent arrété, qui sera adressé sur-le-champ 4 Son Excellence le ministre de la guerre.

A Grenoble, le 7 janvier 1814.

LE coMTE DE SAINT-VALLIER.

L’auditeur au Conseil d’Etat, De Beyte.

Le SENATEUR, etc.

Vu Vurgence, |’état de maladie ou se trouve M. le général baron

Laroche, Ja demande qu’a faite ce général d’étre remplacé, la nécessité de concentrer l’action des forces destinées a la défense de la division ;

En vertu des pleins pouvoirs 4 nous délégués par Sa Majesté,

Arrétons ce qui suit:

ARTICLE prEMIER. — M. le général comte Marchand, nommé par Sa Majesté commandant en chef des gardes nationales de |’Isére, est nommé commandant en chef de la 7° division militaire.

Art. 2, — MM. les officiers généraux et les troupes existant dans Vétendue de la 7: division sont] placés immédiatement sous les ordres de M. le général comte Marchand. MM. les généraux resteront au poste ott ils se trouvent jusqu’é ce qu’ils recoivent des

ordres du général Marchand.

Art. 3. — Le présent arrété sera adressé sans délai a S. E. le ministre de la guerre.

A Grenoble, le 16 janvier 1814.

Le comTeE bE SAInT-VALLIER.

L’auditeur au Conseil d’Etat, De BeEyte.

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