‹ Stendhal-Beyle;Chapitre 58 sur 74 · DEMANDE DE RETOUR A PARIS · texte numérisé non relu

DEMANDE DE RETOUR A PARIS

[Le 22 février 1814, Beyle demande l’autorisation de regagner Paris; il écrit en son nom personnel, et il écrit aussi la lettre que Saint-Vallier se contente de signer. |

Grenoble, le 22 février 1814.

Monseigneur, M. Lamarre, auditeur, est arrivé ce matin. La maladie de M. de Beyle continue; il travaille autant qu il peut, mais, malgré sa bonne volonteé, il n’est que peu utile 4 la commission extraordinaire. Comme j’ai lieu d’étre content de lui, j’accéde avec plaisir 4 la demande qu’il forme de retourner auprés de M. le

duc de Cadore 4 Paris. M. de Beyle est inspecteur du mobilier de la couronne; rien ne se paye dans cette partie sans son visa ou celui de M. Lecoulteux, son collégue,*qui dans ce moment est A Tours avec M. le comte Lecoulteux. 3

La présence de M. de Beyle peut. étre utile au mobilier de la couronne. Il a fait de suite les campagnes de Moscou et de Silésie. Il a eu la fiévre nerveuse, et parait digne d’étre traité favorablement par le gouvernement. ,

Je ne désapprouve done point, Monseigneur, la demande qui vous est adressée par M. de Beyle. Je suis faché de perdre un auditeur actif; mais d’un autre coté, il est malade depuis plus dun mois des suites de sa fiévre nerveuse. Il a payé sa dette et mérite le repos qui lui est nécessaire.

Agréez, Monseigneur, VPhommage de mon respectueux dévouement et de ma trés haute considération.

Le comTe pE Sarnt-VAcLueEr.

Grenoble, le 22 février 1814,

Monseigneur, je viens de faire de suite les deux campagnes de Moscou et de Silésie. J’ai pris dans mon intendance a Sagan une fiévre nerveuse dont je n’étais pas enti¢rement remis quand jai été attaché a la commission extraordinaire de la 7 division militaire.

J’y ai travaillé jour et nuit pendant quarante jours. Au bout de ce temps, je suis tombé malade. Jai la fiévre depuis vinget et un jours. f

M. le comte de Saint-Vallier a eu la bonté d’étre content de moi dans les circonstances difficiles o& nous nous sommes trouvés. Ila bien voulu demander la croix pour moi en méme temps que pour M. de Beaujeu, conseiller de préfecture faisant fonctions de préfet a Gap.

Je suis inspecteur du mobilier de la couronne. Rien ne se paye dans cette partie sans mon visa ou celui de M. Lecoulteux, auditeur, mon collégue, qui dans ce moment est A Tours avec M. le comte Lecoulteux.

Malade comme je suis, je ne puis, Monseigneur, étre utile a la> commission extraordinaire de la 7 division militaire. M. le comte de Saint-Vallier aura la bonté de vous écrire pour cet objet.

D’aprés ces diverses considérations, je supplierais Votre Excellence, Monseigneur, de permettre que je vienne me rétablir a Paris, ou je puis étre utile, Quoique malade, M. Lamarre, auditeur attaché i la commission, est arrivé. M. Sirot, auditeur, nous aide. L’ennemi s’éloigne, et les affaires diminuent. Enfin, si Votre Excellence dai-

gnait demander a M. le duc de Cadore, mon chef immédiat, ses ordres sur mon retour, j’ai lieu de croire que cet avis serait conforme 4 mon exposé. J’ai une fiévre intermittente trés forte et trés réglée, des symptomes nerveux s’aggravent. J’ai donné des preuves de zéle. Pose done espérer que Votre Excellence voudra bien me permettre de revenir me soigner chez moi a Paris.

Je la prie d’agréer Vhommage de profond respect avec lequel j’ai Vhonneur d’étre son trés humble et trés obéissant serviteur.

L’auditeur, inspecteur du mobilier et des batiments de la couronne,

De Beyte.

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