‹ Stendhal-Beyle;Chapitre 59 sur 74 · CORRESPONDANCE DE BEYLE AVEC LE MINISTRE DE LA GUERRE · texte numérisé non relu

CORRESPONDANCE DE BEYLE AVEC LE MINISTRE DE LA GUERRE

[Les lettres qui suivent ont rapport au traitement que Beyle toucha jusqu’a sa mort, comme ancien adjoint titulaire aux commissaires des guerres. Il demande d’abord que le ministre lui - conserve sa demi-solde d’activité : | ;

MonseEIGNEUR,

Jai été nommé adjoint aux commissaires des guerres a Kénigsberg le 11 juin 1807.

Jai fait en cette qualité toutes les campagnes de Prusse et celle de Vienne en 1809. Pultions Nommé auditeur en 1810, j’ai été mis a la demi-solde d’activité. Je suis le plus ancien des adjoints aux commissaires des guerres. Je supplie Votre Excellence de me conserver avec les appointements de non-activité (900 francs par an). peice Mes services sont bien connus de M. le baron Joinville et de M. le comte Dumas, avec lesquels j’ai fait les campagnes de Moscou

et de Silésie en 1813. Le 7 avril j’ai eu ’honneur d’adresser 4 Votre Excellence mon serment 4 auguste maison de Bourbon.

Je suis avec un profond respect, Monseigneur, de Votre Excellence le trés humble et trés obéissant serviteur.

De BEYte.

Paris, le 18 juillet 1814.

Chez M. de Longueville, rue de Grammont, n° 13.

[Mais pendant le temps qu’il passe dans sa chére Lombardie, en 1814, en 1815, en 1816, Beyle ne touche pas sa demi-solde, et au mois de mai 1816, lorsqu’il est a Grenoble, il demande ce qui lui est da. Il envoie au ministre sa réclamation. ]

Grenoble, le 19 mai 1816.

MoNSEIGNEUR,

M. Henri Beyle, adjoint aux commissaires des guerres, demande de toucher a Grenoble, sa patrie et son domicile, la demi-solde de son grade d’adjoint aux commissaires des guerres.

M. H. Beyle, nommé a Kénigsberg en 1807, a fait toutes les campagnes. Il était a la demi-solde comme auditeur au Conseil d’Etat en 1814. Malade par suite de la campagne de Moscou, il n’a exercé depuis aucune fonction publique. Ila servi sous les ordres de M. le baron Joinville, commissaire-ordonnateur, qui, en cas de besoin, pourrait donner connaissance de ses services.

Je suis avec respect, Monseigneur, de Votre Excellence le trés humble et trés obéissant serviteur.

De Beyte, Commhissaire des guerres adjoint.

[En méme temps Beyle adresse a un fonctionnaire du ministére, sans doute Joinville, une note pour le bureau de la solde, ainsi que son livret. Voici la lettre 4 Joinville :]

Grenoble, le 18 mai 1816.

Monsieur,

Serait-ce abuser de la bonté que vous m’avez témoignée quelque--

fois chez M. Daru que de vous prier @envoyer au bureau de la solde ou a celui des commissaires des euerres la note suivante? «M. Henri Beyle, nommé adjoint aux commissaires des guerres a Kénigsberg en 1807, fit comme tel les campaegnes de Berlin et de Vienne. Nommé auditeur au Conseil d’Etat en 1810, LL. EE. MM. le duc de Feltre et le comte de Cessac décidérent qwil toucherait la demi-solde de son gerade. M. le sous-inspecteur Baudon fit les

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revues. M. Henri Beyle a touché cette demi-solde jusqu’au 31 octobre 1814. Vérifier si, comme il semble, M. Beyle, adjoint aux commissaires des guerres, a droit 4 toucher la demi-solde de son grade. Ecrire a cet effet a l’inspecteur aux revues de la 7° division, M. Beyle est domilié 4 Grenoble. »

Je prends la liberté de joindre a cette note mon livret, qui est une piece probante. Je désirerais qu’il fit renvoyé a M. l’inspecteur de la 7° division ou a moi. Daignez, Monsieur, pardonner mon importunité. Cette demi-solde est tout ce qui me reste.

J'ai Vhonneur d’étre, Monsieur, votre trés humble et trés obéissant serviteur.

De Beyte,

Commissaire des guerres adjoint.

[Le ministre répondit quatre mois aprés, le 21 octobre 1816, qu il avait recu lettre et livret, mais qu’avant de prononcer sur la réclamation de Beyle, il désirait savoir par des attestations authentiques en quelle qualité Beyle avait été employé depuis le 1 avril 1814 et quelle avait été sa conduite pendant l’absence du roi en 1815. Beyle envoya un certificat daté du 26 avril 1817 et signé de neuf notables grenoblois qui certifiaient qu’il n’était pas en France pendant les Cent-Jours. ]

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