‹ Stendhal-Beyle;Chapitre 62 sur 74 · LETTRE DE BEYLE A M. GUIZOT · texte numérisé non relu

LETTRE DE BEYLE A M. GUIZOT

Civita-Vecchia, le 4 mars 1841.

. MonsIEUR LE MINISTRE,

Je recois la circulaire du département en date du 16 février dernier, relative a l’admission a libre pratique dans nos ports des provenances des possessions francaises dans le nord d'Afrique. Sai donné communication de la mesure annoncée aux autorités sanitaires de Civita- Vecchia. Malgré les sentiments d’extréme méfiance qu’inspirent toutes les mesures sanitaires adoptées en I rance, celle dont il s’agit n’a pas été mal recue, On m’a répondu que trés probablement la Sacra Consulta de Rome, sans !’ordre précis de laquelle on ne se permet aucune démarche a Civita-Vecchia, suivrait la marche qui serait adoptée 4 Génes et a Livourne. C’est donc dans

4 e . . t aM fy . :

ces ports qu il conviendrait de tenter des démarches s’il restait des

doutes sur la facon dont y sera accueillie la suppression de la qua-’

fay

rantaine. Les autorités de Livourne se montrent, en général, parfaitement raisonnables, et le souverain est rempli de bienveillance pour le commerce. Je dois avouer que je ne.trouve pas les mémes avantages ici, et je prends la liberté de faire remarquer que je ne rappelle que le plus rarement possible cette vérité peu agréable et que je voudrais me dissimuler. Je m’empresse d’ajouter que je n’ai qu’a me louer de l’esprit de justice de M. Grech Delicata, délégat de la province de Civita-Vecchia, c’est-a-dire gouverneur tout-puissant.

' Dans toutes les occasions, il cherche 4 adoucir et 4 modifier les

ordres venus de Rome. Quant a ceux-ci, il serait inutile de s’abuser : on voit toujours dans les voyageurs et dans les communications des

occasions de corruption morale. Ainsi, quoique les 12,000 voyageurs

qui passent annuellement dans le port de Civita-Vecchia enrichissent la ville, on aimerait mieux qu'il n’y edt pas de bateaux a

" vapeur, et tout ce qui tend a faciliter la navigation est vu de mau-

vais ceil.

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