LETTRE DE BEYLE AU DUG DE BROGLIE
Monsieur te Duc,
Je prie Votre Excellence de me permettre de la distraire un
instant des graves intéréts qui loceupent habituellement, pour appeler son attention sur moi.
. ° *) NOTICES ET LETTRES INEDITES oe) BaD
* Pai cinquante-deux ans d’age et .vingt-huit ans de services. Derniérement, quand Sa Sainteté est venue a Civita-Vecchia, je n’ai pu faire les honneurs du bateau a vapeur la Méditerranée sur lequel S. S. a fait une promenade de plusieurs lieues. J’avais la fiévre qui me quitte 4 peine aprés un mois de souffrances. Tous les étés Pair de Civita- Vecchia me donne la fiévre. En 1831, & mon arrivée de Trieste, j'ai débuté par une maladie qu’on a crue mortelle. M. le comte de Sainte-Aulaire se souviendrait peut-étre encore qu’il fut — question 4 Rome d’envoyer quelqu’un pour mettre les scellés sur mes papiers. Ma santé, déja altérée par la retraite de Moskou, me
fait désirer d’étre employé dans un climat chaud, exempt, s'il se peut, d’aria cattiva.
Si quelque consulat d’Espagne, sur la Méditerranée, venait a vaquer, j’oserais prier Votre Excellence d’échanger le poste de Civita-Vecchia pour un poste en Espagne. Comme auditeur, j’ai été intendant en Silésie; j’ai administré 4 Brunswick de 1807 4 1809, et jai quelque expérience de la conduite a tenir parmi des populations plus ou moins hostiles.
Je suis avec respect, Monsieur le duc, de Votre Excellence le ~ trés humble et trés obéissant serviteur.
De Beye.
Civita~Vecchia, le 10 juillet 1835.
A Monsieur le duc de Broglie, ministre secrétaire d’Etat des affaires étrangéres.