‹ Stendhal diplomateChapitre 11 sur 59 · R. Colomb, loc. cit., p · texte numérisé non relu

R. Colomb, loc. cit., p

Chateaubriand. Il y était arrivé précédé de sa grande renommée d'écrivain et n'avait rien négligé depuis son entrée en fonctions pour maintenir le prestige qu'elle lui donnait. Il avait offert à l'aristocratie romaine des fêtes splendides. Tous les étrangers de distinction qui passaient par Rome et briguaient l'honneur de lui rendre visite étaient sûrs d'être bien accueillis ^ Son goût pour les arts l'avait poussé à faire faire des fouilles. Il avait formé le projet d'élever un tombeau à Poussin ^

1. On trouvera de très curieux et très piquants détails sur le séjour de Chateaubriand à Rome dans 1 ou"\Tage posthume de M. d Haussonville qui a paru sous le titre de : Ma jeunesse.

2. « On écrit de Rome, le 5 fcATier : Son Excellence M. le \dcomte de Chàteauhriand, ambassadeur de S. M. T. C, plein d'un zèle éclairé pour les beaux-arts, a commencé de faire exécuter des fouilles dans les en^-irons de Torre-\ergata, en dehors de la porte du Peuple, sous la direction de notre célèbre archéologue le chevalier P. E. Aisconti. Les meilleures espérances sourient à cette noble et louable entreprise. Dès le premier jour, on a découvert les avant -corps très remarquables d'un ancien édifice, et des fragments de marbre et de porphyre rouge antique, des stucs colorés, qui. joints à d autres indices, attestent la magnificence avec laquelle fut décorée cette fabrique, ensevelie jusqu ici dans les souterrains inconnus d une campagne déserte. Son Excellence a assisté avec M. Msconti, à l ouverture des fouilles, et ayant remarqué un bloc de beau marbre statuaire, long de six palmes, et large de trois. Elle

« Il me semble, disait Stendhal, que ce personnage illustre a réussi auprès des cardinaux \ » On craignit à la fois de le blesser et de compromettre la bonne situation qu'il s'était acquise à Rome, en paraissant mener à son insu la plus importante des négociations, et, après réflexion faite, ce fut lui qui fut chargé de soutenir au conclave la candidature du cardinal de Gregorio ^ Elle faillit réussir.

L'ennemi personnel du cardinal de Gregorio était le cardinal Albani qui avait le secret de l'Autriche et, à l'instigation du cardinal Bernetti, chef du parti libéral, on résolut de faire l'élection avant son arrivée. Le 6 mars, « le cardinal de Gregorio avait réuni les deux tiers des votes et allait être

l'a destiné à faire le buste du Poussin, qui sera placé dans le monument qu'EUe fait élever à la mémoire de ce grand artiste. »

(Extrait du Moniteur Universel du 18 février 1829).

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