Promenades dans Rome, t. II, p
2. Les extraits suhants du Moniteur prouvent avec cjuelle ardeur la cour de France avait embrassé le choix fait par Beyle et avec quelle vigueur elle le soutenait. « Munich, le 16 mars. — Le bruit s'est répandu, à 1 arrivée d'un courrier de la légation bavaroise à Rome, cp.ie le choix du conclave venait de se déterminer plutôt qu on ne s y était attendu pour l'élection d'un souAcrain Pontife, et cpie le cardinal Gregorio avait réuni tous les suffrages. Ce bruit ne paraît pas être tout à fait Scms fondement, et dans 1 intérêt de l'Eglise comme de la politique, il est à souhaiter qu il se réalise. Le cardinal Gregerio est celui des cardinaux qui, dans la conduite des grandes affaires, a fait preuve de plus d expérience, de sagesse et de modération. L'opinion publique à Rome, ainsi cpie partout où ses antécédents sont connus, désigne hautement ce prince de l'Eglise comme le mieux fait pour honorer le Saint-Siège apostolique et le Trône Pontifical (^Gazette d'Ausgbourg). »
« Rome, le 10 mars. (Extrait d une correspondance particulière). — Peu s'en est fallu que le nouveau pape n'ait été fait sans les cardinaux français. Dès le premier jour des opé-
même de ce jour, le cardinal Albani entrait au conclave; selon l'expression de Beyle, tout était perdu. Dès ce moment, en effet, le cardinal de Gregorio, bien que conservant la faveur de l'opinion publique, vit de jour en jour diminuer ses chances. Avec une énergie et une activité rares, le cardinal Albani décida le Sacré-Collège à reporter ses voix sur un des cardinaux les plus modérés du parti du centre, le cardinal Castiglioni, qui fut élu le 31 mars et prit le nom de Pie VIII.
Les péripéties diverses de l'élection avaient prouvé combien Stendhal avait vu juste en engageant la cour de France à porter le cardinal de Gregorio. Il est probable qu'il eût été élu si l'ambassadeur
rations du conclave, le cardinal Pacca, que nous avons \u longtemps à Paris, réunit un assez grand nombre de voix ; ensuite, les suffrages ont été disséminés sur plusieurs candidats ; enfin, vendredi 6, le cardinal Gregorio a obtenu 27 voix ; avec une ou deux de plus, il ceignait la tiare. Les votants étaient au nombre de 42 ou 43, et Ion sait que Télection exige les deux tiers des suffrages plus un. Le cardinal Gregorio est un vieillard de 71 ans, auquel on prête quelques vieux préjugés, mais qui s'est constamment opposé à ce que, dans les Etats-Romains, la direction de l'Instruction Publique fût confiée aux Jésuites, et que l'on compte au nombre de ceux qui ont conseillé l'approbation des ordonnances de juin » . (^Moniteur Universel du 25 mars 1829).
avait pu disposer d'une façon certaine du vote de nos cardinaux. MalheureusemenL et M. de Chateaubriand s'en plaint dans ses dépèches, € les cardinaux français n'étaient pas, comme ceux d'Autriche et d'Espagne, sous la dépendance absolue et souveraine de l'ambassadeur ^ »
1. F. Petruccelli délia Gattina. Hist. diplomatique des conclaves. Paris ; Lacroix. Verboeckhoven et C^* ; 1866. 4 vol. in-8'', t. IV, p. 378. On peut voir encore pour Ihistoire du conclave de 1829 : Histoire du Pape Pie VIII. par le chevalier Artaud de Montor. Paris. Ad. Leclere, 1844. 1 vol. in-S*^.
Stendhal consul à Trieste. — La contrebande à Trieste. — Ennui de Stendhal. — Metternich lui refuse l'exequatur. — Il est nommé consul à Cività-Vecchia.
Beyle avait donc, sans aucune attache oÊBcielle, joué un rôle diplomatique important et failli faire élire un pape. La révolution de 1830, en donnant le pouvoir à ses amis politiques, allait l'appeler à un emploi public, mais il ne devait jamais y rencontrer l'occasion de prendre part à une négociation d'une importance aussi grande que celle du Conclave de 1829.
Le 25 septembre 1830, il fut nommé consul à Trieste. Le premier acte de son consulat, comme il le dit plaisamment lui-même, fut d'engager Sainte-Beuve à venir passer avec lui sis mois ou un an. « Vous seriez, lui dit-il, aussi libre qu'à l'auberge ; nous ne nous verrions qu'à table. Vous seriez tout à vos inspirations poétiques ^ » Il se mit en route par Gènes et la Haute-Italie et, à peine