‹ Stendhal diplomateChapitre 35 sur 59 · Correspondance, t. II. p · texte numérisé non relu

Correspondance, t. II. p

ments du séjour de Stendhal à Cività-Vecchia, jusqu'au moment où sa santé l'obligea, en 1836, à prendre un nouveau congé qui dura trois ans. De plus la société y était nulle. Aussi Stendhal en vintil vite à ne plus avoir pour ses fonctions le goût qu'elles lui avaient inspiré au début, alors qu'il les trouvait une besogne toute paternelle .

« Je commence à être bien las du métier, écrivait-il le 10 septembre 1834, et j'envie bien profondément l'homme qui, à cinquante ans, a cinq mille

francs de rente Que sert de pouvoir jouer le

deuxième rôle à Abeille, si le bavardage important, l'air important, la façon grave de parler des occupations du matin et de la correspondance du dernier courrier sont mon horreur? »

Ses fréquents séjours à Rome le dédommageaient un peu de l'ennui de sa résidence. M. de Sainte-Aulaire, qui était, on l'a vu, fort aimable pour lui, les excusait assez facilement. La conversation de Beyle, piquante, émaillée d'anecdotes vécues et fertile en saillies originales, lui causait le plus grand plaisir. Au besoin il savait donner la réplique. Mais, à Paris, on ne voyait pas les choses du même œil. Les commis, selon l'expression de Stendhal, avaient l'idée qu'il s'é-

tait moqué d'eux^ et ce n'était pas toujours une petite affaire que de détruire la mauvaise impression causée par ces absences prolongées et surtout répétées. Dans une lettre officielle qui a été publiée-, il les expliquait par le soin de sa santé et aussi par la mauvaise humeur et l'ignorance des rares voyageurs qui venaient faire viser leurs passeports au consulat de Cività-Yecchia.

« J'ose espérer, écrivait-il, de répondre par des faits faciles à prouver, comme ceux-ci, à des accusations portées par des personnes dont lanimosité est prouvée par des dénonciations antérieures ou par des voyageurs peu réfléchis. La plupart des voyageurs se montrent fort mécontents de payer 52 sous les visas de leurs passeports, beaucoup disent qu'ils porteront plainte: ils objectent que Ion ne paie rien à l'ambassade à Rome. Les voyageurs restent dans le bureau et ne passent que rarement dans un autre appartement où l'on m'apporte les passeports à signer. Si je ne suis pas à la maison, le chancelier signe, et, comme tous les chanceliers, celui-ci aime à signer et à faire le consul. Les

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