‹ StendhalChapitre 42 sur 95 · TESTAMENTS · texte numérisé non relu

TESTAMENTS

Si la mort, ou la paresse, me surprennent avant la fin de ce roman qui s'appelle l'Orange de Malte et doit avoir trois volumes : Nancy, Paris et Madrid (Omar) (i), je le lègue à Madame Pauline Périer Lagrange, ma sœur. Si Madame Périern'en fait pas commencer l'impression dans les six mois qui suivront mon trépas, je lègue ce manuscrit à M. R. Colomb (rue Godot-de-Maurov, n° 35, Paris). Si, dans les 4oo jours qui suivront mon décès, M. R. Colomb n'a pas fait commencer l'impression de ce roman, je le lègue à M. A. Levasseur, libraire, place Vendôme, 16, qui a imprimé le Rouge et le Noir.

J'ai suivi l'usage des peintres que je trouve amusant, et travaillé d'après les modèles.

Il faudra ôter soigneusement toute allusion trop claire qui ferait de la satire. Le vinaigre est bon, mais, mêlé à une crème, il fait un plat détestable.

Je voudrais que ce livre fût écrit comme le Code civil. C'est dans ce sens qu'il faut arranger les phrases obscures ou incorrectes.

Civita-Yecchia, le 25 décembre 4834.

Rome, le 17 février 1833.

Je lègue ce roman en cinq volumes reliés, intitulé Lucien Leuwen, à Madame Pauline Périer Lagrange (chez M. R. Colomb, rue Godot-de-Mauroy, 35) avec prière de le faire imprimer par quelque homme raisonnable. Si Madame P. P. Lagrange est devenue dévote, je la prie de remettre ces volumes reliés à M. Levasseur, libraire, place Vendôme, ou

(i) Rome.

à la bibliothèque de la Chambre des députés, si toutefois cette bibliothèque veut recevoir une telle infamie. Si elle n'en veut pas, à la bibliothèque de Grenoble.

Rome, le 8 mars 1835.

Je donne et lègue les volumes reliés, intitulés Lemven, à Madame Pauline Bevle, veuve Périer Lagrange, et si je lui survis, à M. R. Colomb, rue Godot-de-Mauroy, à Paris.

Rome, le 12 avril 1835.

Je donne les volumes intitulés Leuwen à Madame Pauline Périer Lagrange, et, après elle, à M. R. Colomb, mon cousin.

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