MONSIEUR LE LIBRAIRE
Je vous en demande pardon, Monsieur, il n'y a nulle emphase dans les volumes que l'on vous présente à acheter. S'ils étaient écrits en style Salvandy , on vous demanderait quatre mille francs par volume.
Il n'y a jamais de grandes phrases; jamais le style ne brûle le papier, jamais de cadavres ; les mots horrible, sublime, horreur, exécrable, dissolution de lasociété, etc., ne sont pas employés.
L'auteur a la fatuité de n'imiter personne; mais son ouvrage fait, s'il fallait, pour en donner une idée, en comparer le style à celui de quelqu'un des grands écrivains de France, l'auteur dirait :
J'ai cherché à raconter non pas comme MM. de Salvandy ou de Marchangy, mais comme Michel de Montaigne ou le président de Brosses.