‹ StendhalChapitre 73 sur 95 · LE RAMEAU DE SALZBOURG · texte numérisé non relu

LE RAMEAU DE SALZBOURG

bien loin du peintre Odolfredi, » ce qui lui donna un petit mouvement d'impatience qui, probablement, fit tout à fait oublier Annibal et sa brusque sortie. — « Voulez-vous savoir, nous dit-elle, ce qui se passe quand on quitte Bologne? D'abord je crois ce départ complètementinvolontaiïe : c'est un mouvement instinctif. Je ne dis pas qu'il ne soit accompagné de beaucoup de plaisir. L'on admire, puis on se dit : « Quel plaisir d'être aimé de cette femme chai'mante ! » Enfin paraît l'espérance ; après l'espérance (souvent conçue bien légèrement, car Ton nedoute de rien, pour peu que l'on ait de chaleur dans le sang-), après l'espérance, dis-je, on s'exagère avec délices la beauté et les mérites de la femme dont on espère être aimé. »

Pendant que Mme Gherardi parlait, je pris une carte à jouer, sur le revers de laquelle j'écrivis Rome d'un côté et Bologne de l'autre, et, entre Bologne et Rome, les quatre gîtes que Mme Gherardi venait d'indiquer.

i. L'admiration.

2. L'on arrive à ce second point de la route quand on se dit : « Quel plaisir d'être aimé de cette femme charmante ! »

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