‹ Stéphane TarnierChapitre 2 sur 8 · AU NOM DES AMIS DU PROFESSEUR TARNIER · texte numérisé non relu

AU NOM DES AMIS DU PROFESSEUR TARNIER

Messieurs,

Des voix, plus autorisées que la mienne, viennent de rappeler les services que le professeur Tarnier a rendus à la science, les nombreuses découvertes que lui doit l’obstétrique, les qualités du professeur, l’habileté du chirurgien, aussi, je n’essaierai pas de vous retracer la brillante carrière du savant que l’Académie de médecine appelait, il y a quelques années, à l’honneur de présider ses travaux.

Mon but est plus modeste.

C’est au nom de ses amis, au nom de ceux qui l’ont connu, de ceux qui l’ont aimé, que je vous demande de saluer une dernière fois celui qui vient de nous être si brusquement ravi. ^

Ils sont nombreux ceux qui pleurent aujourd’hui

OBSÈQUES

l’homme de bien que nous regrettons si amèrement. 11 suffisait de l’avoir approché, pour.se sentir irrésistiblement attiré par cette bonté, qui vous attachait à lui par des liens que rien ne saurait briser.

M. Tarnier était bon, et il l’était pour tous. Collègues et élèves, puissants et humbles, tous ont senti la chaleur de ce cœur si généreux et si compatissant.

M. Tarnier était non seulement bon pour les siens, qu’il aimait tant à voir se grouper autour de lui, dans cette maison paternelle d’Arc-sur-Tille que sa piété filiale avait su .conserver telle qu’elle lui avait été laissée, mais il était bon pour ses élèves, qu il considérait comme ses véritables enfants.

Il était bon pour ceux qui souffraient, et, pour eux, son dévouement n’avait point de bornes.

Il l’était aussi pour les humbles et il savait trouver

dans son cœur le secret d’atténuer 1 importance du soi- • ’ . * vice qu’il rendait.

11 était encore particulièrement bon pour ceux qui avaient le privilège d’être admis dans son intimité. Il savait s’associer à leurs joies, partager leurs tristesses. Il était l’ami qui savait consoler.

La bonté était chez lui un besoin; son bonheur était de se sentir aimé.

Adieu, cher Maître, au nom de vos élèves, de vos amis, de vos malades, au nom de tous ceux qui vous ont connu et aimé !

Adieu aussi, au nom de mon père, dont l’estime pour les services que vous avez rendus à la science et à 1 bu-

manité n’était surpassée que par l’affection qu’il vous portait.

A la douleur d’avoir perdu son cher et fidèle ami, il a vu s’ajouter le cruel regret de ne pouvoir vous accompagner jusqu’à cette dernière demeure que vous aviez choisie auprès d’une mère chérie et toujours regrettée!

Si Dieu a permis que vous soyez désormais réuni pour toujours à vos parents vénérés, tous ceux qui vous ont connu conserveront pieusement dans leur cœur le souvenir de ce que vous avez été.

L’exemple que vous avez donné par votre vie de labeur et de dévouement ne sera pas perdu pour l’avenir, il ne sera pas éphémère, il ne disparaîtra pas dans cette tombe, il vivra, et vous vivrez avec lui!

Adieu!

Page 1