S TE PII A NETTE
rettes étaient destinées à porter les condamnés malades ou trop faibles. Les portes s'ouvrirent, et les trente-deux victimes s'enfoncèrent, entre deux rangs de patriotes armés de sabres et de piques, au milieu de la foule qui les attendait. Une tempête de cris, de menaces, d'injures, les accueillit. Des bras d'hommes et de femmes se levèrent pour frapper. Il y eut un temps d'arrêt dans la marche.
Quand la colère de la populace se fut un peu calmée, le cortège reprit sa route. Mme de La Tremblay e avait été jetée dans la dernière voiture qui formait le cortège. Elle était debout, appuyée aux montants. Son enfant dormait dans ses bras. A ses pieds étaient assises Manette et sa maîtresse,
jeune fille d'une admirable beauté. Sur r.>
le devant, couché en travers, à l'ex- \
trémité des brancards, un vieux gen- f\
tilhomme, survivant de la bataille de "*— *'*
Fontenoy, gémissait douloureusement. Et maintenanl e"e ^,ail avec angoisse Epuisé par l'âge et la maladie, son corps
était ballotté par les cahots de la voiture, et parfois, quand! la secousse était forte, sa tête allait heurter la roue et revenait tachée de sang et de boue. Alors le peuple riait.
« Nous traversâmes lentement les rues étroites et obscures de ce quartier, la rue du Bon-Sens, la rue de la Constitution, la rue de l'Harmonie; enfin le cortège déboucha sur la place de la Guillotine, nouvellement construite sur l'emplacement des trois cimetières.