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C’est, qu’en effet, ce procédé présente des avantages considérables : il nous semble réunir les conditions requises pour fournir en eau potable une colonne en mouvement.
L’appareit employé pèse 500 grammes.
Il est d’une construction robuste et soignée et peut supporter sans avaries, les nombreux chocs, inévitables en marche. Ê
Excessivement simple, il se nettoie très facilement; il suffit de dévisser le couvercle du filtre, la tourbe enlevée, est favée à l’eau claire, ou mieux, à l’eau permanganatée. On la replace
ensuite dans le filtre, en la tassant modérément; cette tourbe
peut servir ainsi très longtemps. Le filtre, lui-même, est mis tout humide dans son petit sac en toile. Ce sac contient encore une boîte cylindrique en fer-blanc et bien bouchée, où se trouvent la poudre stérilisante et la mesure servant au dosage de cette poudre. Le tout doit être, autant que possible, conservé à l'abri de l'humidité.
L'installation de Pappareil est élémentaire. Le seau en toile fait partie du matériel militaire, le support éminemment simple, peut, nous l’avons vu, être fait à l’aide d’une branche d'arbre, de 3 fusils disposés en faisceau, d'un fusil couché sur deux faisceaux. (Fig. 1).
L'opération elle-même est à la portée de tous. Bien plus, il y a là une question de coloration et de décoloration de Peau qui doit certainement intriguer l’homme de troupe plutôt sceptique en matière de stérilisation chimique. Il s'étonne qu'une eau, qu'il vient de voir colorée en rose, sorte de l'appareil absolument incolore, il ne sait pas ce qui s’est passé, mais si on lui explique-que leau vient d’être ainsi purifiée,
‘il est tout disposé à le croire, car, le phénomène a frappé
son œil. Ce fait nous semble constituer un avantage assez
sérieux, car il ne faut rien négliger pour faire comprendre
au soldat la nécessité d’une eau pure.
L'eau qui sort de l'appareil est claire, limpide, incolore, complètement désodorisée, de saveur agréable, dépourvue de germes et de matières toxiques. Ce sont là les caractères
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de l’eau potable. S'il y a eu pourtant, un peu trop de permanganate en excès, l’eau conserve un goût spécial, mais qui n’est point désagréable, d’ailleurs, avec un peu d'habitude, on arrive à mettre juste la dose suffisante de poudre.
C’est un procédé excessivement bon marché, puisque 1,000 litres d’eau ainsi stérilisée, reviennent à 0,80 centimes.
C’est un procédé vraiment extemporané, puisqu'en moins de 10 minutes, une eau inoffensive et bonne à boire peut être livrée au soldat assoiffé.
On a pourtant fait, au filtre Lapeyrère, plusieurs objections:
Le tuyau de caoutchouc se détériorerait rapidement dans les pays chauds, mais il semble facile de le remplacer par un tube en étoffe imperméable,
Ii faudrait une filtration grossière préalable si l’eau est très boueuse; nous répondrons que, pour tous les filtres, quels qu'ils soient, celà est nécessaire, beaucoup plus encore que pour le filtre Lapeyrère, car, l’alun de la poudre employée dans ce dernier cas, agit comme clarificateur.
On reproche, en outre, au procédé, de laisser en solution dans Peau, des sels de potasse, mais ces sels sont à l’état de traces, or, que sont ces traces sur l’économie. quand on songe que dans un verre de vin ces mêmes sels existent dans une plus forte proportion.
D’autres objections nous semblent plus fondées. Le filtre Lapeyrère s’encrasserait assez facilement, et son débit de 40 litres par heure, au début, diminuerait vite. M. Laveran regrette aussi qu'il soit nécessaire d’aspirer par le tube de caoutchouc, pour amorcer le siphonage, siphonage qui retarde encore le débit. Mais ce débit dépend beaucoup de la surface de section de l’orifice de sortie. Plus ce dernier sera grand, plus le débit sera considérable. Enfin, il est facile de nettoyer, à l’eau permanganatée, l'extrémité du tube qui permet d’aspirer.
Pourtant. nous recommanderions volontiers, l'emploi, au lieu du seau de campement en toile, d’une sorte d’entonnoir en même toile. dont le sommet se prolongerait en tube assez
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long, pouvant s'adapter directement au couvercle du filtre. Fig. 2.) :
Nous éliminerions ainsi, d’un seul coup, et le tuyau de caoutchouc, et Ie siphonage.
Nous avons pu nous convaincre, en expérimentant un dispositif analogue en métal installé par M. le docteur Béguin,que le débit était de la sorte, considérablement augmenté.
Cet entonnoir en toile permettrait au surplus une première épuration d’une eau très boueuse, il suffirait de mettre, à la naissance du tuyau de toile, un tampon d’une matière filtrante quelconque (feutre, laine, étoupe, ouate).
Bien plus, il peut se faire, pour une raison ou pour une autre, que la colonne en marche soit forcée de se diviser et que, par exemple, il n'existe pas assez de filtres réducteurs pour en fournir chaque nouveau groupement. Dans ces conditions, l’entonnoir en toile pourrait rendre de grands services, la tourbe réductrice de l'appareil Lapeyrère sera remplacée par une des substances que le soldat a toujours sur lui, sucre, Cognac, vin, thé, café, etc... qui permettent, nous l'avons vu, d'éliminer l'excès de permanganate. L'eau, sera filtrée sur le tampon précité. Cet entonnoir en toile, très simple, très léger, peu dispendieux, pouvant se plier de façon à occuper un tout petit volume, est passible d’un reproche, il ne fait pas partie, comme le seau de campement de la charge ordinaire du soldat.
Enfin, pour nous placer dans toutes les conditions du soldat en campagne, supposons qu'il n'existe, ni filtre réducteur, ni entonnoir., L'essentiel est d’avoir de la poudre au permanganate alumino-calcaire: L’eau stérilisée par cette poudre sera décolorée ensuite par un peu de café, puis filtrée par exemple, à l’aide d’un tube de bambou, dont un orifice aura été obturé par une pièce d'équipement en feutres coton ou laine,
Evidemment cela n’est pas l'idéal, ce filtre élémentaire pourra laisser passer des particules boueuses, mais peu nous importe, les germes morbides auront été détruits par la stérilisation chimique.
GUYOMARC'H 3
De +7 T'ER Ce que nous voulons avant tout, c’est fournir au soldat en marche un moyen rapide et pratique de purifier son eau de boisson dans quelque condition qu’il puisse se trou. ver, et éviter ainsi les redoutables épidémies qui déciment l’armée coloniale.
C’est une question très délicate et très difficile qui, à l'heure actuelle ne nous semble pas encore bien résolue. À notre avis, le procédé Lapeyrère, au permanganate alumino-cal- Caire, nous paraît le mieux applicable en toutes circonstances; il est le seul, parmi les procédés simples vraiment extem-
poranés. à donner des garanties suffisantes.