CHAPITRE X
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Jadis prélérais aux écrils do Cicéron les épîtros de Pline et les trailés de morale de Sénètpie, — il cause de leurs traits d’esprit et de leurs tournures rechercliées. — Je me souviens aussi que je trouvais Horace et Catulle plats et insipides; — mais c’était à l’é|)oque où j’admirais Martial et Cowley.
Des mets ordinaires, simplement accommo(h’*s. constituent certainement une nourriture plus saine que des plats très-relevés. — Mais celui dont l’appétit s’est habitué, ou plutôt dépravé, à l’usage de ces derniers aliments, ne peut plus sans ililticulté retrouver son goût naturel pour les |)remiers. — Nous sommes absolument dans le même cas en littérature.
Ces badinages d’imagination et les jeux de mots peuvent peut-être produire cet effet <1(* (ixer plus f’orlement dans l’esprit un sentiment ; — mais je les ai vus rarement arriver à un autre résultat (|ue celui — « de tourner autour de la tête sans pénétrer danx le cœur. »
Dos phrases ronflantes et des oppositions de mots peuvent remplir la cavité ordinaire de la mémoire de sentiments vifs capables d’aider un individu à fcri//er dans ses écrits ou sa conversation. Mais tout cela maiKpie de la vraie splendeur du savoir, du temperato usu, tandis que le bon sens et la raison exprimés plus simplement agissent sur nous comme un altérant, — lentement, mais sûrement.
^ous bondissons peu à |>eu avec une vifiueur qui n'est pas nôtre; cependant, comme nous ne pouvons attribuer directement notre force à un secours étranger, nous nous sentons portés'a chérir, comme les fils de nos entrailles, le jugement et la vertu que nous avons acquis par ce moyen. — Notre cœur, au contraire, accueille aussi froidement qu’un enfant d'adoption ce que nous acquérons à l'aide seulement des ressouvetiirs d'esprit.
Je moralise ici moi-même un peu dans le style que je censure, — mais j’ai laissé aller ma plume ; — car, lors<pie nous condamnons un défaut, — pour pousser notre pointe, — il est bon d’essayer à en donner un exemple. — On peut doue m’appliquer ce (|iii se disait de Jeremy, dans .imour pour Amour (i), « qu’il déclamait contre l’esprit avec tout l’esprit qu’il pouvait trouver. »
Mais j’ai résolu désormais d’être spirituel tout le
(!) Comédie de W. Con<;rève. {Kote du Trad )