PA U TI E I
D'aiilres philosophes coiiseilleiU (■{'alenienl ha niujœ comme im soulagement pour l’esprit, —
— Lusus aiiiino ilebent aliquando daii,
Ad cogitanduin inclior ut rudeat sibi.
Quaut a moi, qui suis un vrai philosophe de l'l> cole française qui a pris pour devise, liUle, si sapis, j’aflirme que les écrits qui égayent ou divertissent, quelque libres ou malicieux qu’ils soient, pourvu qu’ils n’aient pas d’autre but que celui d'aluuser, ne doivent pas être traités avec une sévérité trop méthodiste, — tandis qu’au contraire on ne saurait anatbématiser trop hautement ceux qui attaquent directement, ou même de la manière la plus détournée, l’honneur, la morale ou la religion.
Or dites-moi. Ladies, Triglyph n’est-il pas aussi libre et aussi espiègle que Tristram? Je ne prendrai pas la peine de mettre en regard les dilférents passages de leurs œuvres, ni, comme l’ami Kidgel, de dévoilei' en flétrissant. Mais son chapitre lxxxviu ii’est-il pas un ckef-it' œuvre dans ce genre?
Il y mentionne la rencontre accidentelle d’une belle femme entièrement nue. — \ la vérité, il ne décrit ni sa personne, ni ses membres, ni son teinl. il n’émet aucune idée lascive; il n’emploie aucune expression obscène. — Mieux eût valu, — car le mal eùtiiui la. — Mais comme l’imagination du lec-
LE RORAN.
leur s'enllaininc el comme ses passions s’cmeuveiit par sympalliie pour l’eflel, qu’au dire du spectateur, cet objet a produit sur ses sens el ses sensations !
Faire naître ainsi un sourire sans rougeur, et , provo(iuer un désir sans offenser h décence, c’est l'a I un art, bon maître Triglyph, capable de chasser un saint du calendrier.
« Sedleij possède cet art charmant, » etc.
Mais je ne nie pas le mérite de cet homme, puisqu’il a eu la candeur de reconnaître le mien ; — si nous sommes deux grands rivaux, c’est par un sentiment (|ui aurait dû nous rendre très-bons amis. — Nous semblons désirer el prier avec une égale fer-
( veur. « Gloire à Dieu sur les hauteurs, et paix sur la terre ; bienveillance parmi les hommes (1). » Amen ! Mais continuons. —
[1] Évangile scion saint Luc, Ch. ii, vers. 14. (.Vo(«rfu Trad.)