‹ Sterne inédit Le Koran traduitChapitre 37 sur 157 · l ne lentille de glace peut servir de verre ardent · texte numérisé non relu

l ne lentille de glace peut servir de verre ardent

a. Une ligne d’un pouce de lomjuetUi, powl se diviser en autant de parties qu’une ligne d’un mille de long.

(î. Le soleil est, de quelques millions de lieues, plus rapproché de nous en hiver qu’en été.

7. Quand une personne voyage autour de la terre, sa tête précède ses talons de plusieurs milliers de lieues.

8. Il existe deux lignes, c’est une vérité mathématique, qui peuvent continuer a se rapprocher, ad infinitum, sans arriver jamais a se rencontrer (I).

Et maintenant, dites-moi, mes braves incrédules, le Crédo chrétien a-t-il un seul article de foi plus

(1) Les asymptotes d’une hypcrlmle — Voir les Sections coniques. (\ole de Sterne )

l' A HT II' 1.

contraire a la raison ou a la probabilité que les buil propositions qui précèdent? Elles sont cependant toutes susceptibles d’une preuve expérimentale ou d’une démonstration mathématique.

Un individu capable de faire de pareilles réflexions peut-il passer pour un incrédule a l’éf^ard de la religion naturelle ou révélée? Ceux (|ui pourraient admettre une pareille supposition doivent être doués d’une foi bien profonde à l'ïncrédulUé. — Qui studel oral est une expression juste.

SI

CIUPITUK XXIV.

LE CÜNVEr.TI.

Je m’étais lié autrefois avec un homme de sens et de vertu, mais qu'une certaine indolence d’esprit conduisait a adopter les opinions des autres, sans jamais prendre la peine de les examiner. Il avait plus d esprit que de sagesse, et, pour lui comme pour Shaftsbury (1), une plaisanterie était un argument.

Je l'aimais et le plaignais — d’avoir assez de vertu pour agir justement et trop peu de sens pour juger de même. Nous avions eu de fréquents entretiens a ce sujet. — Il me disait souvent qu’il donnerait tout au monde pour partager mes opinions, et il me demanda mon aide pour y arriver.

J’en lis bientôt un déiste sans autre secours que celui de ma pauvre philosophie personnelle. — Je lui mis alors entre les mains les Pensées sur la Re-

(I) I) fail du ridicult l.i pierre de louche de iu vérilé. (iVo<e de Sterne.)

l'AHTlE I.

Uyion de Duiican Fofbes (1). 11 lut ce livre riliciiiivement, et me le rendit avec cette réflexion écrite au bas de la dernière page : « Tu m’as presque rendu chrétien. »

Je lui donnai ensuite les Pensées de Pascal sur le même sujet (2). 11 me les remit peu de temps après avec cette inscription sur la couverture : « Je pense, non pas presque, mais tout à fuit comme toi, — sauf sur le dogme absurde et antiphilosophique de la transsubstantiation. »

Faites d’abord d’un individu un profond mora- ^ liste, et vous devrez vous en prendre h son indolence ou il son ignorance, plutôt qu’a son impiété ou < a son incrédulité, si vous ne parvenez pas à le ren- i dre chrétien. J’ai eu depuis la satisfaction de voir ce digne homme ajouter la foi aux bonnes œuvres et mener une vie orthodo.xe et exemplaire au point de vue de la croyance et de la pratique.

Ce que nous devrions tous faire, etc.

(1) L’argument dont il sc sert est celui-ci, que l'expiation par le sang et le sacrifice qui fait la base des riles juifs et païens étaient une idée si irrationnelle, qu’une révélation originelle du mode de rédemption qui devait plus tard se produire dans le système chrétien de la Providence, a pu seule en faire admettre la foi et la pratique. (Noie de Sterne.)

(2) Dans les Lettres provinciales, Pascal tire une de scs preuves les plus fortes de la vérité du Christianisme, de l'obstination même d'une race entière à 1 1 nier encore aujourd’hui. 11 appelle les juifs un miracle permanent, parce qu’ils ont conservé le caractère que leur assigne lu malédiction prophétique. (Note de Sterne.)

LE KORA>

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CIIÂNTUK XXV

K.VJOl.E.HE.NT.

C'(;sl celte conception vraie de la religion qui a rendu ma vie aussi enjouée qn’elic l'a été, — au grand scandale de vos fanatiques. Cependant, je vous le demande, les prêtres doivent-ils donc toujours être graves? Est-cc donc une si triste chose que d’être ecclesiastique!

Ressemblez à un de ceux-ci (l), a dit le Seigneur,

— c’est-a-dire soyez aussi gais que les petits enfants.

— Le Sehjneur aime celui qui donne (jaiement (2),

— pourquoi n’en serait-il pas de même de celui qui reçoit? Les trente-neuf articles de foi restent incomplets, si on n’y ajoute pas un quarantième précepte qui ordonne l’enjouement. — Ou bien, si vous les laissez subsister tels qu’ils existent ’a présent, effa-

(1] Saint Malliiou, Évangile, cil. XVIII, vers, 3. (Ao/edu Trad.)

(2) Saint Paul, Épitre ii aux Corinthiens, Ch. ix, vers. 7. (Note du Trad.)

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