PARTIE I
liani ont si justement conseillé aux adeptes de la science.
Pour ma part, j’ai grandement a me plaindre de cette scandaleuse négligence des parents. — J’en ai souffert sévèrement moi-même, -r- quant a mon caractère et à mon avancement. — Car, bien que je sois un moraliste très-rigide dans mes principes, et a mille sept cent et je ne sais plus combien d’années près un chrétien primitif, — com|)létement ari^é sur tous les points cardinaux, — j’ignore cependant comment cela se fait, mais je ne me sens pas sufïisamment pourvu, contrôles femmes d’une chasteté ^ frayUe, de cette dureté vertueuse qu’il convient a la véritable piété moderne d’exprimer et d’appliquer.
Or, cette imbécillité naturelle, cette fragilité mo raie, ce relâchement de vertu chez moi, appelez cela comme vous voudrez, — j’avoue ma faiblesse et m’inquiète peu du nom qu’elle mérite, — je l’attribue très-philosophiquement et entièrement à 1a qualité du lait de ma nourrice, — qui, malheureusement pour moi, était la bonne du ministre de la paroisse — et s’appelait Dorothée.
Non, non, — l’influence de certains noms sur la destinée des enfants, a propos de laquelle mon pauvre père faisait tant de tapage, est un point, croyezmoi, qui n’a pas la moitié de l’importance de l’autre. — Si on m’avait baptisé du nom de Tristram, de
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Triijlyphou de Tria, cela, Ircs-probablcmenl, n’eùl en rien inllué sur le cours de mon e.xislence. — Non, — ce fut, bêlas! le lait de Dorothée qui posa des limites infranchissables a mon avancement.
Vous allez apprendre comment.
PARTIK I.
CHAPITRK XXXIV.
UN OBSTACI.F. A I.’aVANCEMF.NT.
L’indulgence de mes expressions à l’égard de toute syncope de ce genre; l’humanité, la charité et le pardon que je suis parvenu souvent ii inspirer aux autres, pour quelques-unes de ces infortunées, ont donné lieu, sur ma moralité, a des suppositions (|ui ont grandement nui ’a ma carrière cléricale.
Un certain évêque, qui ne permettait qu’au Christ de s’asseoir au milieu des publicains et Acs pécheurs, répondit a un de mes amis qui sollicitait pour moi un bénéfice : — « Il m’est impossible de songer jamais à accorder de l’avancement à Tristram, — non pas seulement ’a cause de la légèreté de ses écrits, mais surtout a cause de la licence de sa conduite. — MaisYorik, — Yorik, milord. — Eh bien, ’amon avis, le poste le plus élevé auquel Yorik aurait pu prétendre, et j’emploie le mot dans le sens de ses ouvrages, c’est celui d’aumônier A' un réyiment de dragons. »
Une certaine lady, ce que les Français appellent
un diseur de bons mots, à laquelle je demandais un jour un secours pour renvoyer dans sa famille une malheureuse jeune femme enlevée de Bath, quelques années auparavant, a l’aide d’une promesse de mariage et alors abandonnée à la charité publique, me refusa son aumône et m’appela, en faisant allusion a ma ligure de spectre et a mon ministère de pardon, le lugubre desservant des succursales de la paroisse de Covent-Garden (1).
C’est ainsi que ma charité excessive affaiblit celle des autres.
(1) Allusion aux nombreuses maisons de proslilution agglomcrées alors autour de Covenl-Gardcn. (A'o/« du Trad.) “