LE DERNIER JOUR
Les colonnes du Ormament sont jioarries, et les fondements de la terre bAtis sur du fumier.
Milto.i.
La Nuit, Êrèbe et Chaos ressaisirent alors leur ^empire. — Toute la nature fut bouleversée. — La panthère, le lion, le léopard, sortirent effrayés de leurs tanières, et, apprivoisés par la terreur, se réconcilièrent avec l’homme. — Le monde devint une arche, et les animaux ennemis, oubliant leurs querelles, recherchèrent l’appui mutuel de leur férocité. — Le loup hurleur se mit îi bêler comme l'agneau. — Le faucon, le vautour et l’aigle n’eurent plus que des foies de pigeon et manquèrent de fiel. — Les oiseaux de rapine abandonnèrent leur proie et tremblèrent pour eux-mêmes. — Le requin, le dauphin et la baleine s’élancèrent de la mer bouillante pour se réfugier sur le rivage incandes-
cent. — Les éléments eux-mêmes se modifièrent dans ce cataclysme de la nature. — Les fleuves furent mis a sec, et les métaux liquides remplirent leurs lits brûlants. — Les nuées prirent feu et lanc.èrent leurs météores a travers l’espace étonné. — L’air s’enflamma et le souffle s’arrêta, — Le firmament se fondit et répandit son soufre sur le globe abattu. — La terre trembla jusque dans ses fondements. — La charité elle-même devint muette, — et c'est à peine si la vertu garda son intrépidité,
FTSKS
AJUSDI.