‹ Sterne inédit Le Koran traduitChapitre 70 sur 157 · PARTIE I · texte numérisé non relu

PARTIE I

d’êlre roi. Je brûlai ma (iste de promotions, et je m’écriai : Nolo coronari! — La royauté ne suffisait pas pour assouvir ma soif de pouvoir et de domination. Elle ne s’étendait (pie sur le bonheur temporel du genre humain et se trouvait limitée a cette partie intime des mortels comprise dans les bornes étroites de mon propre royaume. — Elle n’offrait en outre quelque garantie de bonheur à mes sujets que pendant le cours de ma vie.

Je préfère Socrate ’a Solon, et j’aimerais mieux diriger le gouvernement moral que le gouvernement politique de l’humanité. — La seule et véritable ambition consiste a s’attribuer dans la vie une mission qui s’étende également ii toutes les nations, a tous les siècles, et atteigne même jusqu’à l’éternité.

Je suis peut-être un des premiers philosophes du monde entier. — - Les hommes de sens admirent en moi, les fous l’envient, cette prétendue supériorité de talent. — Ils croient que je l’ai acquise à force d’étude, de travail, de résolution, et grâce aux avantages naturels d’une capacité innée et d’une grande force d’esprit.

Je ne veux pas qu’ils gardent cette croyance, — d’abord parce qu’elle est fausse, — et, en second lieu, parce qu’elle pourrait empêcher plusieurs d’entre eux de tenter d’arriver à une perfection de caractère aussi heureuse mais en même temps aussi

Page 1