ONC.I.K
.l’ai promis, jp crois, dans mon pnmiier cliapilro, do vous donner mon autorité en litteralnrc. La voici :
J’avais on oncle, ministre de l'Évangile, (pii faisait de la politique son (Uude principale. Il avait la louable ambition de s’i'dever aux pins bauli's dignités. La religion est, sans nul doute, une condition nécessaire pour atteindre ce but dans l’autre monde, — mais elle ne suffit pas pour nous pousser dans celui-ci.
11 prit donc soin d’apprendre par cœur les trenteneuf articles de foi (1), pour être ’a même de soutenir son examen, le jour de l’épreuve, — sans s(> préoccuper du bon vieux dicton : Vis et apprends, meurs et oublie. H avait au contraire pour maximes . Ne marche pas quand tu es arrêté; — vis tant que tu existes, car, lorsque sonne l'heure de la mort , à uu tel jour suffit sa peine.
(l) De l'Kglise anslicane. [\ot^ dn Traducteur.)
D’accord avec son plan d'existence, il écrivit et pnblia plusieurs pamphlets, sous le règne de Sir Robert Walpole, en faveur de son ministère ; — mais Mammon le laissa la pour reverdir. — Ces écrits ne lui procurèrent aucun avancement. — Ils étaient pauvres de style. — Généralement les ecclé- .siasti(|ues écrivent mal, même sur les sujets qui leur sont familiers.
Il eût pu s'occuper plus utilement en disant ses prières, — car, au service de Dieu , toute œuvre sincère est bien accueillie , malgré ses défauts d'exécution; mais ailleurs on n’accepte avec faveur que ce qui est bien exécuté, quelque mauvaise d’ailleurs qu’en soit Y intention. — Ce résultat morliiia notre saint homme.
Sur ces entrefaites, je revins dans le pays; je sortais du collège et je rapportais avec moi de l’université une petite réputation de talent et de science.
Mais j’entraîne trop vite mon lecteur. Mon capital est mince et exige de l’économie. Or, je pense en avoir écrit assez long pour. ce chapitre, — et, eu style de sermon, je vais vous laisser méditer sur ce que j’ai dit. et renvoyer la suite a une autre occasion.