‹ Sterne inédit Le Koran traduitChapitre 87 sur 157 · PARTIE II · texte numérisé non relu

PARTIE II

57. — Je frémis a la pensée de tout le mal que peut commettre un homme qui a pris la résolution de s’en tenir a celui qu’il peut faire.

58. — Il y aurait, ce me semble, un grand progrès a accomplir dans la tactique. Il consisterait a former un corps de réserve composé d’hommes trèslaids et très-mal bâtis, et un corps à’amazo7ie.H de la même trempe qu’on dresserait a la guerre pour y faire le service à' enfants perdus.

Des individus de cette espèce seraient plus prodigues que d’autres de leur vie, — et leur perte s<*rait de moindre valeur pour la communauté. — Le Feri faciem gagna Pharsale parce que les soldats du pauvre Pompée étaient malheureusement de beaux garçons. — Mais, si ses légions avaient été formées ou déformées a l’instar des corps précités. César eût eu peut-être quelque raison de rc'gretter d’avoir passé le Rubicon.

La laideur d’un ennemi a quelque chose d’effrayant. — On attend moins d’humanité, de pitié, de quartier, de la part de pareilles physionomies. Novitate- aspectûs milites perculsi, dit Tacite. — Tue ou sois tué, tel est en ce cas le seul mot d'ordre du combat.

C’est de l'a qu’on a donné 'a de tels individus le surnom de terribles, — c’est-'a-dire propres à effrayer les autres. Le roi de Prusse semble avoir ap-

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pliqué une pensée philosophique analogue, en for- ' niant, dans la dernière guerre, un régiment de la mort.

59. — Nos docteurs assurent que les morts ressusciteront avec leur corps. — Cette opinion me parait un article de foi plus conforme a la doctrine d’un prêtre mahométan qu’a celle d’un chrétien.

11 serait antiphilosophique de supposer que la chair et le sang perdront leurs propriétés après la résurrection. — Je dois même rendre cette justice aux prêtres chrétiens de déclarer qu’ils ne prétendent rien de pareil. — Mais alors je réponds que le paradis des Turcs seràh pratique, quand bien même la métaphysique des chrétiens serait la foi.

GO. — Les médecins ne devraient jamais boire.

— Toutes les fois qu’une maladie les aiïecte euxmêmes, ils ont recours aux lumières d’un confrère,

— dans la pensée, fort juste, que le plus léger désordre peut affaiblir le jugement. 11 me semble pourtant qu’un homme est bien plus capable de conserver la rectitude de son esprit pendant les premières atteintes de la lièvre qu’après une bouteille de vin.

G1 . — Les prédicateurs d’outre-mer emploient tant de gestes et mettent tant d’action dans leur

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