‹ Sterne inédit Le Koran traduitChapitre 92 sur 157 · PARTIE II · texte numérisé non relu

PARTIE II

d’abord commencer par les dépouiller complètement à nu de toute charité, de toute bienveillance et de toute vertu; puis, après les avoir laissés quelque temps refroidir dans cet état, les mettre a l’école chez quelque clerc de paroisse pour y refaire a nouveau leur éducâtion.

Après ce qui précède, j’espère que les très-révérends Pères de l’Église me jugeront k présent assez orthodoxe pour avoir droit au moins k un décaiiat.

74. — Socrate, dans le Phédon, établit une grande différence entre la vertu et Vhabitude, relativement aux destinées de la vie future. 11 affirme qu’un individu qui se conduit bien en vertu d’un principe moral aura droit a une récompense plus élevée que celui qui n’a rempli ses devoirs que par habitude.

C’est une belle pensée pour un païen. — Les prêtres chrétiens vont beaucoup plus loin en accordant a la religion sur la morale l’avantage que Socrate donne k la morale sur l’habitude.

75. — Les différentes espèces d’animaux qui ne possèdent pas un caractère complètement distinctif, tels que l’âne, la mule, vis-k-vis du cheval; — le singe, le babouin, vis-a-vis de l’homme, — choquent nos regards et nous inspirent du dégoût.

Dans l’espèce humaine, la différence des sexes doit pareillement être aussi marquée que possible.

Un homme efféminé ou une femme mâle sont encore plus révoltants que les animaux dont je viens de parler, — parce qu’ils blessent en outre le sentiment moral. Hic millier hæc t’ir sont des concordances contre nature.

76. — Je soutiens que les erreurs et les absurdités des dogmes et doctrines des catholiques romains sont sorties de ce fait. — Aussitôt que la religion chrétienne eut fait son chemin dans le monde, se fut établie en gouvernement et se trouva dotée de terres, de bénéfices, de juridictions et autres avantages temporels, certains déistes ou moralistes païens commencèrent à attaquer VÉijlise comme une pure institution politique destinée a renverser les états et les royaumes, — en alKirmant qu’une révélation, qui n’avait apporté à l’humanité rien de nouveau ou qu’elle ne connût déjà par les simples lumières de la nature et de la philosophie, ne pôssi;dait aucun caractère de nécessité.

C’est ainsi que fut invoquée contre la religion la preuve la plus évidente de sa divine origine, — a savoir qu’elle n’est qu’un système de métaphysique plus rationnel et plus pur, présenté avec humilité, conseillé avec douceur et pratiqué avec mortification et abnégation; — qu’elle ne s’appuie aucunement sur les puissances du monde, et qu’elle n’attaque aucune loi naturelle, morale ou politique.

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rAiiriK 11. is:,

Les Conseils des prêtres, tremblant alors pour leurs états, leur pouvoir et leur domination teni|)orels, s’assemblèrent, au nom du Diable, et étendirent sur le chevalet chaque texte de rÉcriture [)Oiir lui faire confesser des articles de foi et de prati(]ue extraordinaires. Jamais, en effet, la raison n’aurait pu concevoir, ni la lopique admettre — l’infaillibilité, la transsubstantiation, la surérogation, l’absolution, les indulgences, le pouvoir de délier des serments de fidélité, la juridiction temporelle, l’inquisition, les châtiments corporels et la propagation de l’Évangile de paix et de miséricorde par le feu et par l’épée. — En vertu de quoi les infidèles furent condamnés par défaut.

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