PARTIE IIÏ. 2r
135. — 11 est étrange qu'il puisse exister sur la surface de la terre des individus qui s'aiment assez peu pour se fôcher de tout, être constamment de mauvaise humeur et se mettre a dos tout le monde.
134. — Je ne m'étonne plus depuis longtemps des miracles de la nature, — un excepté. Prenez une semence d'arbre fruitier ou de fleur, coupez-la en morceaux ou écrasez-la dans un mortier, et vous n'y verrez qu'une couleur. Semez une autre graine de la même espèce, et elle produira des fleurs ou des fruits qui refléteront toutes les nuances de l'arcen-ciel.
Le philosophe k Tœil de lynx peut s'imaginer qu'il découvre la fleur ou l'arbre futurs dans la semence présente; — mais il ne me persuadera jamais qu'il y voit ou prévoit leurs couleurs futures.
Il est certain, je l'avoue, qu'il faut remonter plus haut qu'aux causes secondes pour expliquer un tel phénomène.
135. — J'ai lu, il y a quelque temps, dans un livre français, un jeu d'esprit stupide dont je vous donne ici un échantillon parce qu'il m'a paru neuf. Il consiste en un distique en vers français présenté de la manière suivante :
Autre en vers latin :
« Om---t--l m p--- u V---,
Autre en vers anglais :
Si VOUS n'avez rien de mieux a faire, tâchez de les deviner. Cela vaudra autant que de boire, dormir, ou vous désoler de n'avoir pas mille livres sterling de rentes.
136. — Voici une inscription copiée a Aldersgate. C'est une fantaisie du même genre, mais plus absurde encore, parce qu'elle est plus ingénieuse et plus difficile. Elle est en latin :
Qu an tris di c vul stra
os guis ti ro um nere vit.
H san Chris mi t mu la
Si vous avez le goût des énigmes, amusez-vous a chercher le sens de cette absurdité ardue, après avoir expédié les grimoires qui précèdent.
137. — J'ai connu un pauvre diable qui était né idiot. — C'était un excellent ouvrier, et, sauf accident, le meilleur messager verbal de l'endroit.
Quand on lui donnait une commission, il avait