CHAPITRE XII
l'abigail
J'avais douze ans, je vous Tai déjà dit. lorsque mon père et ma mère revinrent en Angleterre et m'y amenèrent avec eux. Je fus alors placé dans une école ordinaire, — sur ma demande expresse, car j'avais menacé mes parents, en cas de refus, de m'enrôler parmi des bohémiens, afin d'acquérir la science à tout prix. — De l'école, je passai en temps utile k l'Université.
Je ne vous ennuierai pas ici de détails sur mon éducation, — dont les fruits apparaissent suffisamment dans mes écrits. — Prouvez ce que vous valez par vos œuvres et non par vos paroles, a dit quelqu'un, — sinon, je le dis moi-même. Ma vie, voila tout ce que le lecteur est en droit de réclamer de moi.
Mon introductrice dans le vaste champ de l'existence fut la femme de chambre de ma mère. La glissade ne fut pas mienne, — le faux pas vint d'elle. — Hélas! que j'eus d'esprit! — 11 est inutile
que je présente ici l'apologie de ce faux pas. — Les hommes doivent être initiés aux mystères d'iniquité, afln de suivre plus sûrement les sentiers de la vertu. —
Et si vous ne m'en croyez pas sur parole, parce que je suis un chrétien, écoulez ce que Térencc, un païen célèbre, a dit sur ce sujet :
Id vcro est, quod ego mîhi puto palmarium Me reperisse quomodo adolescentulus Meretricum ingénia et mores posset noscrc. Mature ut cuni cognorit, pcqietuo oderit.
{Eun.)
Je me mariai peu de temps après, et je lis pari de mon expérience à ma femme; — elle reçut sans réimgiunwe, etc.
11 serait, je pense, fort inconvenant a moi d Rajouter une ligne de plus a ce chapitre.