PARTIE I
liywn de Duncan Forbes (1). Il lut ce livre attentivement, et me le rendit avec cette réflexion écrite au bas de la dernière page : « Tu m'as presque rendu chrétien. » •
Je lui donnai ensuite les Pensées de Pascal sur le même sujet (2). Il me les remit peu de temps après avec cette inscription sur la couverture : « Je pense , non pas presque, mais tout à fait comme toi, — sauf sur le dogme absurde et antiphilosophique de la transsubstantiation. »
Faites d'abord d'un individu un profond moraliste, et vous devrez vous en prendre a son indolence ou a son ignorance, plutôt qu'à son impiété ou a son incrédulité, si vous ne parvenez pas a le rendre chrétien. J'ai eu depuis la satisfaction de voir ce digne homme ajouter la foi aux bonnes œuvres et mener une vie orthodoxe et exemplaire au point de vue de la croyance et de la pratique.
Ce que nous devrions tous faire ^ etc.
(i) L'argument dont il se sert est celui-ci , que l'expiation par le sang et le sacrifice qui fait la base des rites juifs et païens étaient une idée si irrationnelle, qu'une révélation originelle du mode de rédemption qui devait plus tard se produire dans le système chrétien de la Providence, a pu seule en faire admettre la foi et la pratique. (No!e de Sterne.)
(2) Dans les Lettres provineialeSf Pascal tire une de ses preuves les plus fortes de la vérité du Christianisme, de Tobstinalion même d'une race entière à l:i nier encore aujourd'hui. Il appelle les juifs un mtracle permanentf parce qu'ils ont conservé le caractère que leur assigne h malédiction prophétique. (Note de Sterne.)